Crédit : JOEL LEMAY/AGENCE QMI

LHJMQ

Une 51e saison historique?

Une 51e saison historique?

Mikaël Lalancette

Publié 13 septembre
Mis à jour 13 septembre

La Ligue de hockey junior majeur du Québec a soufflé ses 50 chandelles l'an dernier.

Avec un peu de recul, le commissaire Gilles Courteau peut qualifier de succès la campagne célébrant le demi-siècle de son circuit. Que peut-on demander de mieux qu'une conquête de la coupe Memorial pour conclure cette saison à saveur historique?

À lui seul, le sacre de Guy Lafleur comme meilleur joueur de tous les temps a été un moment marquant de la saison!

Il fallait savourer le moment au Capitole de Québec pour réaliser à quel point la meilleure ligue de hockey junior au Québec a fait du chemin en 50 ans.

Lafleur était flanqué du Magnifique, Mario Lemieux, et du jeune espoir québécois Alexis Lafrenière, qui sera sans doute le premier joueur sélectionné lors du prochain repêchage de la Ligue nationale de hockey.

Une soirée dont on se souviendra encore dans 20 ans!

Revenons au hockey : les Huskies de Rouyn-Noranda ont dominé cette saison de A à Z. Une grande équipe, menée de main de maître par Mario Pouliot, tant dans ses fonctions de directeur général que d'entraîneur-chef.

Ce n'est pas anecdotique si deux joueurs des Huskies ont été repêchés dans la LNH à 19 ans. Les prouesses de Rafaël Harvey-Pinard et de Félix Bibeau leur ont permis d'enfiler un chandail de la meilleure ligue au monde après deux tentatives infructueuses. C'est un succès individuel et d'organisation. Impressionnant !

Si la dernière saison a été fertile en émotions (positives) pour la LHJMQ, la prochaine ne s'annonce pas trop mal non plus.

D'abord, une belle parité règne aux quatre coins de la LHJMQ. Qui remportera le dernier match de la saison? Difficile de se prononcer là-dessus. Qui ne fera pas les séries? Encore là, c'est complexe de cibler sans hésitater les deux équipes exclues du hockey printanier.

Une chose est sûre et certaine: le prochain repêchage de la Ligue nationale de hockey débarque à Montréal au bon moment.

Au moins huit joueurs peuvent aspirer se retrouver parmi les 31 premiers joueurs réclamés.

Je vous rappelle que le record de tous les temps pour le nombre de joueurs de la LHJMQ choisis au premier tour d'un repêchage de la LNH, c'est sept, lors de l'encan de 1998.

C'est l'année où Vincent Lecavalier (1er), Alex Tanguay (12e), Mathieu (15e) et Éric Chouinard (16e), Mathieu Biron (21e), Simon Gagné (22e) et Jiri Fischer (25e) avaient été sélectionnés au premier tour à Buffalo.

Le club des 8

Revenons aux huit joueurs du circuit Courteau.

Alexis Lafrenière, de l'Océanic de Rimouski, est le plus connu d'entre tous. Auteur de saisons de 80 et 105 points à ses deux premiers tours de piste dans la LHJMQ, Lafrenière a la pression d'être étiqueté numéro un. Certains recruteurs semblent parfois plus durs envers des joueurs de troisième année, qu'on appelle «late» dans le jargon du hockey. J'espère qu'ils ne tomberont pas dans le piège avec lui. Son talent et le sérieux qu'il met pour réussir ne font aucun doute.

Hendrix Lapierre, des Saguenéens de Chicoutimi, est en véritable ascension depuis quelques mois. Bien des recruteurs sont tombés en amour avec son jeu lors du dernier tournoi Hlinka-Gretkzy. Le joueur de centre des Sags est un vrai de vrai : il est d'une efficacité désarmante partout sur la glace. Lapierre est plus gros et plus fort cette saison, à 6 pieds et 180 livres. Il y a trois ans, il était retranché du bantam AAA. Il frappe maintenant à la porte de la LNH!

Justin Barron, des Mooseheads de Halifax, a montré bien des choses depuis le début de son stage junior. Même l'an dernier à 17 ans, il était un morceau important de la brigade défensive des hôtes du tournoi de la Coupe Memorial, qui se sont finalement inclinés en grande finale contre les Huskies. Ce n'est pas pour rien qu'on le compare parfois à Noah Dobson. Il héritera de grandes responsabilités à Halifax cette saison.

Théo Rochette, des Saguenéens de Chicoutimi, arrive lui aussi plus fort et plus confiant. Sa performance en séries éliminatoires contre l'Océanic est venue rappeler qu'il est un joueur de grand talent. La prochaine campagne risque de mettre en valeur le Canado-Suisse, un des meilleurs passeurs de la cuvée 2020.

Dawson Mercer, des Voltigeurs de Drummondville, a tout pour réussir. À lui seul, son lancer (30 buts à sa deuxième saison l'an dernier) a de quoi piquer la curiosité des recruteurs. Même si l'attaque des Voltigeurs ne sera plus celle de l'an dernier, Mercer sera assurément l'un des joueurs à surveiller dans le circuit. Sa maturité physique et sa rigueur déployée sur et à l'extérieur de la patinoire sont des atouts intéressants pour toute formation de la LNH.

Mavrik Bourque, des Cataractes de Shawinigan, n'a pas raté sa rentrée dans le circuit Courteau l'an dernier, marquant 25 buts et récoltant 54 points à 16 ans seulement. Il a hérité de lourdes responsabilités, mais il n'a pas déçu, dans une des plus jeunes équipes du circuit. Il a mis la barre élevée; on s'attendra donc à beaucoup de sa part mais Bourque est capable de faire face à la musique. On l'a vu dans la course aux séries à Shawinigan l'an dernier.

Vasily Ponomarev, un autre joueur des Cataractes, est encore méconnu par les amateurs de hockey junior au Québec mais les recruteurs en parlent de façon élogieuse. Le nouveau Russe des Cats a conduit sa formation à la médaille d'or lors de la dernière Coupe Hlinka-Gretzky. L'an dernier, il s'est retrouvé sur l'équipe d'étoiles du Mondial des moins de 17 ans. Le centre gaucher semble avoir tout pour se retrouver parmi les 31 premiers joueurs réclamés.

Jérémie Poirier, des Sea Dogs de Saint-Jean, n'est pas en reste lui non plus. Ses habiletés et son potentiel offensif ne font aucun doute. Bon patineur, Poirier aime se lancer en attaque et est créatif offensivement. Il sera l'un des piliers de la jeune brigade défensive des Sea Dogs, qui ont raté les séries lors des deux dernières années.

Bref, au moins quatre ou cinq joueurs québécois pourraient être sélectionnés en première ronde du prochain repêchage de la LNH.

Et je ne vous ai même pas parlé de Jérémie Biakabutuka (Foreurs de Val-d'Or), Lucas Mercuri (USHL), Charles Beaudoin (Cataractes de Shawinigan) et William Villeneuve (Sea Dogs de Saint-Jean), d’autres excellents espoirs québécois en vue du prochain encan de la LNH.

J’ai aussi omis de mentionner Jacob Perreault, le fils du Québécois Yanic Perreault, Thomas Bordeleau, le fils de Sébastien Bordeleau, et du Franco-Ontarien Jean-Luc Foudy.

Dans les Maritimes, on devra aussi surveiller Lukas Cormier, Charlie Desroches, Brady Burns et Joona Lehmus.

Une myriade d'espoirs

Bref, ce ne sont pas les bons espoirs qui manqueront cette saison dans la LHJMQ. Ils sont nombreux et ils sont de qualité.

Vous imaginez le scénario où deux Québécois étaient réclamés dans le top 5 ou le top 10 du prochain repêchage devant plus de 20 000 spectateurs entassés au Centre Bell à Montréal?

Ce serait hallucinant!

C'est arrivé seulement deux fois que trois joueurs issus de la LHJMQ se glissent parmi les 10 premiers d'un repêchage de la LNH : Robert Picard, Jere Gillis et Lucien Deblois en 1977 puis James Carson, Vincent Damphousse et Jocelyn Lemieux en 1986.

Jamais depuis la création de la LHJMQ en 1969 deux joueurs nés au Québec n'ont percé le top 5 du repêchage de la LNH.

La dernière fois que c'est arrivé?

En 1968 et en 1969, les deux années où les Canadiens de Montréal se sont vus octroyer les droit de repêcher les deux meilleurs joueurs canadiens-français du repêchage : Michel Plasse et Roger Belisle en 1968 puis Réjean Houle et Marc Tardif en 1969.

Ça pourrait très bien se produire cette année avec Alexis Lafrenière et Hendrix Lapierre.

Ce n'est donc pas exagéré de dire que la 51e saison de la LHJMQ pourrait elle aussi revendiquer un caractère historique!