Cyclisme

Les cyclistes arrivent à Québec

Jean-François Racine / Le Journal de Québec

Publié | Mis à jour

Après un Tour de France 2019 qui marquera sa vie et sa carrière, le numéro un mondial Julian Alaphilippe s’est présenté à Québec, mardi, comme un candidat à la victoire finale sur Grande Allée ce vendredi, lui qui domine vraiment sur tous les terrains cette saison.

Modeste malgré son nouveau statut de grande vedette, le cycliste français de 27 ans s’amène au Canada pour préparer le Championnat du monde, même si personne ne doute de ses capacités sur les Grands Prix cyclistes.

Après trois superbes victoires au printemps sur Strade Bianche, Milan-San Remo et la Flèche wallonne, le leader de la formation Deceuninck-Quick Step a remporté deux étapes du Tour de France en juillet, en plus de porter le maillot jaune pendant 14 jours. Peut-il encore gagner cet automne ?

Un repos salutaire

«J’ai pris une petite coupure plus que nécessaire. C’est une saison exceptionnelle. Le Tour a beaucoup marqué les esprits, mais le corps aussi ! J’ai fait une pause et j’ai repris l’entraînement et les courses au Tour d’Allemagne. Ça s’est plutôt bien passé», a expliqué le champion.

Absent depuis quelques années, Alaphilippe pourra notamment compter sur le soutien de la jeune sensation belge de 19 ans, Remco Evenepoel, gagnant de la Classique de Saint-Sébastien devant Greg Van Avermaet, le 3 août dernier, en Espagne. Le duo ne vient pas jouer les touristes en Amérique.

«J’espère me faire plaisir sur les classiques canadiennes et je suis très content d’être de retour. Je vais réaliser tout ce que j’ai fait cet hiver, je crois. Ce sont des moments exceptionnels et un tournant dans ma carrière avec des souvenirs que je ne vais jamais oublier. On fait du vélo pour vivre des moments comme ça», a ajouté l’athlète, conscient de sa popularité grandissante, mais aussi des attentes du public.

À l’Aéroport Jean-Lesage, mardi, l’Italien Vincenzo Nibali et le Gallois Geraint Thomas, respectivement vainqueur du Tour de France 2014 et 2018, ont été plus discrets sur leurs ambitions.

«Je vais voir les sensations et aider les gars de l’équipe», a simplement mentionné Thomas.

Une victoire importante

Pour sa part, l’organisateur Serge Arsenault était fier d’accueillir le peloton le plus relevé de l’histoire pour cette 10e édition.

«Le profil des championnats du monde a amené plusieurs des grands à se présenter à Québec et Montréal. Gagner ici est très important pour le palmarès de ces coureurs. Avec deux tours de plus à Montréal, nous avons une distance digne des monuments et c’est ce que les cyclistes veulent.»

En 2010, lors de la 1re édition, le patron de l’événement ne croyait pas atteindre un tel niveau si rapidement.

«Ici, c’est le couteau entre les dents pour eux ! Et j’espère que les spectateurs seront présents une fois de plus. C’est le carburant pour les athlètes», a ajouté M. Arsenault.

Dans l’avenir, le promoteur aimerait aussi soutenir davantage les espoirs canadiens.

«J’aimerais identifier les 5-6 athlètes les plus prometteurs et réussir par une fiducie ou quelque chose d’autre à amasser des fonds pour les placer dans les grandes équipes européennes.»

Guillaume Boivin affiche de grandes ambitions

Meilleur Canadien l’an dernier malgré une grave blessure subie quelques semaines auparavant, Guillaume Boivin arrive cette année en pleine possession de ses moyens après une saison sans trop de malchance.

Le cycliste a réalisé mardi la plus grande échappée de sa carrière en se présentant plus de 20 minutes avant le reste du peloton, tous retenus dans la zone sécurisée.

«J’étais en classe affaires ! Le seul Québécois à bord du vol, je pense que j’ai eu une petite faveur. Je suis très content d’être à la maison», a commenté l’athlète professionnel désormais âgé de 30 ans.

En 2019, après une belle 2e place au Tour de Castille-et-León, Boivin a bien complété son 2e Tour d’Italie au mois de mai malgré une douleur à la cheville. Plus récemment, après le Tour de l’Utah et le Grand Prix de Plouay, il a couru en Belgique et en Allemagne.

Aux Mondiaux

Écarté de la sélection canadienne des Championnats du monde de cyclisme sur route en 2018, le cycliste ne veut pas rater cet ultime rendez-vous une autre fois. Il entend bien être au départ dans deux semaines au Royaume-Uni.

«À Montréal, ce sera 40 minutes de souffrance de plus. Ça va peser dans les jambes. Après 200 kilomètres, tu le sens. L’an dernier, je ne m’attendais à rien et j’ai fait mes deux meilleures courses. Cette année, ça fait longtemps que j’y pense et je me suis bien préparé avec l’altitude et l’Europe. Je veux me dépasser. Je veux retourner au championnat du monde et être dans l’équipe. Il y a plusieurs places pour le Canada après la 3e position de Mike Woods», a expliqué Boivin.

Contrat

Heureux avec la formation Israel Cycling Academy, ce dernier devrait normalement signer une entente pour deux autres saisons.

L’équipe attend toujours une réponse pour grimper au niveau World Tour.

À voir dans la vidéo ci-dessus.