Tennis

Andreescu a deux autres objectifs audacieux pour 2019

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L’image était frappante. En marchant dans les rues de Manhattan, dimanche matin, on pouvait voir les nombreux exemplaires du New York Times, le plus grand quotidien au monde, avec, comme photo de couverture, Bianca Andreescu étendue sur le court Arthur-Ashe peu de temps après sa victoire aux Internationaux des États-Unis, prenant conscience de l’accomplissement qu’elle venait de réaliser.

La vie d’Andreescu a changé lorsqu’elle a défait Serena Williams pour devenir la première canadienne à remporter un tournoi du Grand Chelem.

La nouvelle a rapidement fait le tour du monde et a rapidement créé une vague de fierté au Canada. Les commentaires ont ensuite fusé de partout sur les médias sociaux dans la soirée de samedi ainsi que dans la journée de dimanche. Plusieurs personnalités, autant du monde du sport que d’autres sphères, ont pris le temps de féliciter la nouvelle reine de Flushing Meadows.

Pour certains, il s’agit du plus grand accomplissement d’un athlète canadien dans l’histoire.

«Je n’ai jamais vraiment pensé au fait d’être populaire, a-t-elle répondu en lien avec la vague d’amour qu’elle reçoit. Mon but a toujours été de remporter le plus de tournois du Grand Chelem possible et de devenir la numéro un mondiale. Par contre, cette notion de popularité ne m’a jamais vraiment traversé l’esprit. Ceci était dit, je ne m’en plaindrai pas! Cette année en aura été une complètement folle. Je n’aurai assurément pas de problème à m’habituer à ce sentiment», a ajouté celle qui s’est prêtée à une séance de photo du haut du Top of the Rock au centre-ville de Manhattan, dimanche midi.

Une expérience de recrues

Les exemples sont nombreux de joueurs qui sont montés rapidement dans l’échiquier du tennis, mais qui n’ont pas été en mesure de vivre avec la pression qui vient avec le fait d’être au sommet et de devoir y rester.

«Je ne veux pas changer en tant que personne, assure-t-elle. J’ai une équipe qui me soutient et je demeure un être humain comme tout le monde. J’ai aussi des parents extraordinaires et des amis qui m’aident à demeurer les deux pieds sur terre.»

Ce n’est pas seulement la vie de la jeune athlète qui a changé samedi, c’est celle de tout son entourage également. Son entraîneur Sylvain Bruneau vit ce genre de situation pour la première fois, tout comme Tennis Canada en entier. Même chose pour son agent Jonathan Dasnières de Veigy, qui n’a jamais représenté des athlètes de la trempe d’Andreescu ni vécu ce genre de situation dans sa carrière de joueur professionnel sur le circuit de l’ATP.

«Je ne peux pas être ici et vous dire que je sais exactement comment il faut faire parce que je ne l’ai jamais vécu, a reconnu Bruneau. Elle apprend des choses et moi aussi. J’ai quand même un sentiment à l’intérieur de moi de comment ça doit se passer et elle aussi. Il va falloir faire ça comme il faut et on va vous démontrer qu’on est capables de le faire.»

En confiance

La championne du US Open est d’ailleurs loin d’être inquiète pour la suite des choses, malgré l’expérience limitée de son entraîneur en pareille circonstance.

«Tu n’as pas besoin d’avoir un entraîneur qui a vécu ce genre de situation. Après tout, ces entraîneurs ont aussi commencé quelque part, tout comme Sylvain. J’espère qu’on va continuer sur notre lancée. La chose la plus importante entre nous deux est d’avoir une bonne chimie sur et en dehors du terrain et de s’assurer d’avoir le moins de divergences d’opinions possible. D’ailleurs, on ne s’est toujours jamais chicanés !»

Pour la famille

Quand on parle de l’entourage de Bianca, on ne parle pas seulement des professionnels qui travaillent à la rendre meilleure. Ses parents aussi vivront un changement complet. Et Bianca sait qu’elle pourra compter sur eux afin de profiter de l’ivresse de ce que ses exploits tennistiques lui apporteront.

«Ma mère m’a répété de me souvenir de qui je suis, et ce, avant chacun des matchs. Je pense que ça veut dire beaucoup parce que si tu crois en toi, tu peux accomplir de belles choses.»

Comme remporter le US Open à 19 ans.

De grandes ambitions

Bianca Andreescu voulait percer le top 100 en début de saison. Pas besoin de dire qu’elle devra inévitablement revoir ses objectifs à la hausse !

La Canadienne a d’ailleurs accepté de partager ses nouveaux objectifs avec les membres des médias, dimanche.

«Je veux être dans le top 3 mondial d’ici la fin de l’année et remporter la finale de la WTA», a-t-elle assuré.

Parce qu’il ne faut pas croire que maintenant que le premier majeur est dans la poche et qu’elle fait partie des cinq meilleures joueuses sur la planète, qu’elle a l’intention de lever le pied.

«J’ai toujours dit que tu dois rêver grand pour accomplir de grandes choses. Je suis comme ça depuis que je suis une enfant. C’est ce que ma mère m’a enseigné, et je dois la remercier pour ça. Elle a toujours été mon modèle. Je veux continuer de rêver parce que c’est ce qui m’a aidée à me rendre jusqu’ici.»

Un peu de repos

Avant de reprendre l’action toutefois, la Canadienne désire prendre du recul.

Les dernières heures ont été un feu roulant d’émotions pour Bianca Andreescu, laquelle prendra les prochains jours pour reprendre ses esprits quelque peu et tenter de réaliser ce qui vient de se produire.

Samedi soir, après sa victoire, elle avait mentionné que le prochain arrêt à son calendrier était l’Omnium Toray Pan Pacific à Osaka au Japon. Dimanche toutefois, c’était beaucoup moins clair. C’est que ce tournoi débute lundi prochain, mais la jeune Canadienne estime avoir besoin de se reposer un peu avant de reprendre la compétition.

«Je vais prendre quelques jours de congé complet. Je ne sais pas encore quand je vais recommencer à m’entraîner. Je veux prendre du temps pour bien assimiler ce qui s’est passé. Je veux retourner au Canada et vivre l’ambiance qui y règne. J’ai pu la vivre un peu sur les médias sociaux, mais la vivre en vrai, ce sera spécial», a-t-elle mentionné.

Avant de rentrer chez elle, elle se promettait toutefois une petite virée dans les boutiques new-yorkaises de la 5e Avenue. Après tout, avec un chèque de 3,85 M$ US, elle peut bien se permettre un peu de folie !

Et pas seulement pour elle.

«Je vais offrir à Coco (son chien) un beau collier Coco Chanel. Oh oui!», a-t-elle rigolé.