Crédit : Joël Lemay / Agence QMI

Canadiens

«J'ai les capacités pour dominer» -Ryan Poehling

Publié | Mis à jour

C’était jour de rentrée pour les espoirs du Canadien. Ils sont 27 à s’être présentés, jeudi à Brossard, devant Joël Bouchard et ses adjoints pour le début du camp des recrues. En tête de liste, Ryan Poehling, le seul patineur du groupe à avoir déjà goûté à la LNH.

Évidemment, on parle d’une expérience minime. Après tout, l’Américain n’a disputé que le dernier match de la saison régulière du Tricolore.

On se rappellera que le produit de l’Université St. Cloud avait créé tout un émoi en inscrivant un tour du chapeau, un fait d’armes qu’il n’avait jamais réalisé dans les rangs universitaires, en plus de marquer le but décisif lors de la séance de tirs de barrage.

«Bien sûr, ce n’est pas le genre de performance que je vais offrir tous les soirs, mais ce match m’a beaucoup donné confiance. Ça m’a prouvé que je pouvais jouer dans cette ligue», a déclaré Poehling, à sa sortie de la patinoire.

Alors que certains seraient partis sur une balloune avec ce genre de performance, Poehling semble avoir déjà mis cet exploit derrière lui.

«C’est un jeune homme calme et intelligent. Il réalise ce qu’il doit faire», a indiqué Bouchard, au terme de cette première journée d’entraînement.

«Ce qui me réjouit le plus, c’est qu’il a marqué ses trois buts en jouant de la façon dont il doit jouer. Si vous m’aviez dit qu’il avait marqué trois buts à la suite de montées à l’emporte-pièce à la Guy Lafleur, j’aurais dit que ce n’était pas réaliste pour un jeune joueur, a ajouté l’entraîneur-chef du Rocket de Laval. Il a inscrit ces buts en allant au filet. Il était à la bonne place au bon moment. Il a décoché de bons tirs et pris de bonnes décisions. C’est positif.»

Capable de briller

En raison de ce match, Poehling sait qu’au cours des prochains jours, il sera le point de référence des autres jeunes de l’organisation, celui à qui ils voudront se comparer.

«Je vis bien avec ça, a assuré l’athlète de 20 ans. Dans un camp d’entraînement, tu veux toujours te mesurer aux autres. Je veux me mesurer à ceux qui sont devant moi et je sais que certains voudront se mesurer à moi.»

Mais le choix de premier tour du Canadien en 2017 ne perd pas de vue que le CH disputera la victoire, ce week-end à Belleville en Ontario, aux recrues des Sénateurs d’Ottawa et des Jets de Winnipeg. Il croit pouvoir briller lors de ces deux rencontres, mais là n’est pas son seul objectif.

«J’ai les capacités pour le faire [dominer]. Mais je dois également saisir cette occasion pour retrouver mon synchronisme», a-t-il d’abord lancé.

«Quand tu joues dans la LNH, tes coéquipiers sont également meilleurs. Dans un tournoi de recrues, tous les gars se battent pour une place. Quand ils commettent une erreur, ils s’en veulent vraiment. Je veux être un meneur et leur rappeler que les erreurs font partie du hockey», a-t-il poursuivi du même souffle.

Au centre, svp

Poehling ne devrait connaître son sort qu’à la fin du camp d’entraînement. Si le départ d’Andrew Shaw pourrait être favorable pour Nick Suzuki, ce ne sera pas nécessairement le cas pour Poehling.

«Il y a un poste de libre. Je ne sais pas quel impact ça aura sur moi puisqu’Andrew est un ailier. Je me vois jouer au centre, même si ce n’est pas avec le Canadien cette année», a-t-il analysé.

«Oui, je peux jouer à l’aile et je le ferai si on me le demande. Cependant, je crois que ce serait mieux pour moi et pour l’organisation que je joue au centre. C’est ce que j’ai toujours fait et c’est là que je connais le plus du succès.»

Quelques conseils pour Caufield 

Alors que le parcours universitaire de Ryan Poehling prend fin, un autre joyau de l’organisation du Canadien y amorcera son séjour. Choix de premier tour du Tricolore au dernier repêchage, Cole Caufield amorcera dans un mois sa première saison avec les Badgers de l’Université du Wisconsin.

À 20 ans, Poehling est à peine plus vieux que Caufield, de deux ans son cadet. Ce qui ne l’a pas empêché de lui offrir quelques conseils lors des nombreux échanges qu’ils ont eus via l’application Snapchat.

«L’une des erreurs que j’ai faites est peut-être d’avoir regardé trop loin. Je lui ai dit d’aborder les jours un à la fois et de savourer son temps à l’université. Tu ne réalises pas à quel point les années collégiales sont magnifiques. Tu te fais tellement de bons amis», a-t-il indiqué.

«Il arrive un moment où l’on tient tout pour acquis. On se demande pourquoi on doit faire certaines choses. À quoi cela va-t-il nous servir dans quelques années ? La réalité, c’est qu’on ne sait pas où l’on sera dans quelques années. Fais ce qu’on te demande au lieu de te demander pourquoi on te le demande. C’est ce que j’ai compris, il y a deux ou trois ans. Ça rend la vie plus simple.»

Poehling ne cache pas qu’il avait hâte d’en avoir terminé avec ses études. Pourtant, lors de ce qui aurait dû être sa dernière rentrée des classes, il y a quelques semaines, il a ressenti un vide étrange.

Un coup du destin

«C’est bizarre, parce que là, je pense à l’école. Pas nécessairement au volet académique, mais à l’esprit de camaraderie. Au moins, lorsque je discute par Facetime avec mes frères et mes amis, ça m’aide un peu.»

D’ailleurs, au cours de la dernière campagne, il était indécis quant à son avenir. Allait-il disputer une quatrième saison à St. Cloud ou allait-il faire le saut chez les professionnels ?

Au moment de la visite du «Journal de Montréal» dans les installations des Huskies, en décembre dernier, le jeune homme n’avait qu’une idée en tête: il rêvait de clore son parcours universitaire en menant son équipe au Championnat national.

Or, le plan a vite déraillé puisque les Huskies se sont inclinés dès le premier tour.

«Disons que ça ne s’est pas terminé comme je l’aurais souhaité. Par contre, si ça avait été le cas, je n’aurais jamais disputé ce premier match dans la LNH», a-t-il souligné.

Comme quoi le destin fait parfois étrangement les choses.