Crédit : Joël Lemay / Agence QMI

Canadiens

Harvey-Pinard veut causer la surprise

Publié | Mis à jour

Joël Bouchard a réuni Ryan Poehling et Nick Suzuki au sein du même trio avant le départ de l’équipe pour le tournoi des recrues. À l’aile gauche, il y avait l’ancien capitaine des Huskies de Rouyn-Noranda, Rafaël Harvey-Pinard.

Au premier jour d’un camp, Claude Julien répète toujours qu’il ne faut pas trop s’attarder sur la composition des trios. C’est encore plus le cas pour un tournoi des recrues.

Mais pour Harvey-Pinard, il s’agissait d’une autre belle surprise. Une de plus ajoutée à une année formidable.

«J’ai encore de la difficulté à réaliser ce que j’ai vécu au cours des derniers mois, a raconté l’ailier de 19 ans après le premier entraînement au camp des recrues. C’était une année parfaite. J’ai gagné la coupe du Président, j’ai gagné la coupe Memorial et je me suis fait repêcher par l’équipe de mon enfance, le Canadien.»

«C’était spécial pour moi. Mais je suis maintenant redescendu de mon nuage et je suis prêt à travailler pour montrer ma valeur.»

Le 201e choix

Au mois de juin dernier, Harvey-Pinard n’avait pas fait le voyage en direction de Vancouver pour le repêchage de la LNH. Il a suivi ça dans le calme de sa résidence familiale à Arvida.

«J’écoutais ça surtout pour mes coéquipiers, Alex Beaucage et Félix Bibeau, a-t-il dit. Je savais qu’ils étaient pour sortir. Pour ma part, j’espérais sans trop avoir d’attentes.»

Beaucage a connu son sort au troisième tour en devenant le choix de l’Avalanche du Colorado, alors que Bibeau a enfilé la casquette des Islanders de New York lors du 6e tour avec le 178e choix au total.

Harvey-Pinard, quant à lui, a vu défiler 200 noms avant de finalement voir le sien. Au 7e tour, le CH a misé sur le petit ailier de 5 pi 9 po et 170 lb.

«Je ne parviens toujours pas à bien décrire le sentiment de me faire repêcher par le Canadien. J’avais des frissons qui me traversaient le corps. Toute la famille pleurait, c’était un beau moment.»

Dans une entrevue accordée au Journal de Montréal au mois de juin dernier, Mario Pouliot a raconté une anecdote intéressante au sujet de son capitaine avec les Huskies.

«J’étais dans les estrades à Vancouver, a rappelé l’entraîneur en chef des Huskies de Rouyn-Noranda. Je l’avais dit à mon entourage. Les Islanders avaient repêché Bibeau, je croyais que Rafaël était pour partir avec les Islanders aussi au 7e tour. Le CH a coupé l’herbe sous les pieds des Islanders de quelques rangs seulement.»

«C’est un jeune incroyable, a-t-il enchaîné. Il met de la vie dans un vestiaire. C’est le gars que j’ai coaché dans ma carrière avec la meilleure éthique de travail. Je l’avais identifié comme capitaine à Rouyn. Il représentait les bonnes valeurs d’un joueur des Huskies.»

Harvey-Pinard a renvoyé l’ascenseur à son ancien entraîneur.

«J’ai appris énormément de lui. Il est arrivé à Rouyn avec son expérience et il a fait de nous une équipe gagnante. Il me poussait tous les jours. Je suis devenu un meilleur meneur grâce à lui.»

Chicoutimi ou Laval

Passé des Huskies aux Saguenéens de Chicoutimi le mois de juin dernier, Harvey-Pinard devrait retourner pour une dernière saison «comme 20 ans» dans la LHJMQ. Il aimerait toutefois briser le plan en gagnant un poste avec le Rocket de Laval.

«Les Saguenéens m’ont dit avant de partir à ce camp que je devais tout donner, a-t-il expliqué. Comme joueur de hockey, tu veux toujours jouer au plus haut niveau possible. Pour moi, ce serait la Ligue américaine. Je veux montrer qui est Rafaël Harvey-Pinard. Ce qui me démarque des autres joueurs, ce sont mes habitudes de travail. Je donnerai mon 100 %, il n’y a pas de doute. Mais je n’aurais aucun problème à retourner à Chicoutimi, nous aurons une très belle équipe avec les Sags.»

De l’avis de Pouliot, Harvey-Pinard aurait plus intérêt à jouer pour les Saguenéens comme capitaine de l’équipe cette saison.

«Rafaël réussit toujours à force de détermination, il a le pied dans le fond. Je pense qu’il aura besoin de temps et il aura besoin de se renforcer physiquement. La Ligue américaine, c’est une ligue pour les hommes. Je peux prédire assez facilement que Joël (Bouchard) l’aimera puisqu’il tombe dans ses cordes en étant un grand travaillant.»