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Tennis

«Elle sera no 1 bientôt»

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Le réputé entraîneur de Serena Williams, Patrick Mouratoglou, n’est pas surpris que Bianca Andreescu soit la dernière rivale que sa protégée ait à battre dans sa quête pour égaler le record pour le plus de titres du Grand chelem en carrière avec 24. «Je m’attendais à la voir en finale. Elle sera numéro un au monde bientôt», a-t-il même reconnu vendredi.

L’entraîneur l’a lancé sans broncher. Il le croit vraiment.

Il n’est peut-être pas le premier à y aller de prédictions enviables sur la carrière qu’aura Andreescu, mais quand ça provient d’un entraîneur qui a dirigé certains des plus grands athlètes de ce sport et qui a aidé Serena Williams à remporter dix de ses 23 titres du Grand chelem en carrière, disons que ça résonne un peu plus.

Une compétitrice

«J’ai beaucoup de respect pour elle, a-t-il ajouté. Elle possède plusieurs outils dans son coffre qui en font une joueuse très complète. Elle a tout pour réussir : le physique, les qualités athlétiques et la force mentale. Elle semble extrêmement confiante et on sent qu’elle sait qu’elle mérite ce qui lui arrive.»

L’entraîneur a par la suite accepté de préciser sa pensée, en français, au terme de son point de presse officiel. Il assure qu’il n’y irait jamais d’un commentaire comme celui-ci s’il ne le pensait pas à 100 %.

«Après un certain nombre de matchs, après avoir analysé les comportements, on peut constater qu’il y a des joueurs et des joueuses qui ont des choses nécessaires pour réussir que les autres n’ont pas. Pour moi, c’est une évidence qu’elle a ce qu’il faut. Je n’ai pas beaucoup de doutes qu’elle sera numéro un. Après, je ne sais pas quand ça arrivera. Je ne dis pas que ça se fera rapidement, mais un jour, elle sera au premier rang mondial», a-t-il martelé.

Pour le Gréco-Français, qui a aussi dirigé Marcos Baghdatis et avec qui Stefanos Tsitsipas s’entraîne, l’attitude et la confiance que dégage déjà la Canadienne, et ce, à seulement 19 ans, sont l’un des principaux indices pour appuyer son propos.

N’allons toutefois pas trop loin en la comparant déjà à Serena, toutefois !

«Les meilleurs joueurs au monde sont tous de grands compétiteurs. Si elle est à ce niveau à 19 ans et déjà en finale d’un Grand chelem, c’est parce qu’elle l’est elle aussi. Par contre, de comparer quelqu’un à Serena en ce moment, c’est difficile. On verra ce qu’elle fera dans sa carrière, mais quand on regarde sa fiche contre les joueuses du top 10 (elle n’a jamais perdu en sept occasions), ça démontre la confiance qu’elle a en elle. Elle n’a pas besoin de se faire rassurer sur le fait qu’elle est capable de réussir pour ensuite le faire. Elle le fait, directement.»

Serena en mission

S’il n’a que de bons mots pour celle qui affrontera Serena Williams dès 16 h samedi en grande finale des Internationaux des États-Unis, il prévient d’une chose : même si elle a atteint la finale lors de trois des cinq derniers tournois du Grand chelem, il ne l’a pas vue aussi en santé, autant physiquement que mentalement, depuis longtemps.

«Je la sens vraiment plus confiante en ce moment parce qu’elle sait qu’elle est prête. C’est difficile pour nous de réaliser parce qu’elle a quand même participé à trois finales du Grand chelem. Mais elle a atteint ces trois finales parce qu’elle est la plus grande compétitrice de tous les temps, pas parce qu’elle était prête.»

Sans vouloir s’avancer sur ce que seront les clés du succès pour Serena face à Andreescu, l’entraîneur a assuré une chose : la défaite n’est pas dans les options envisagées.

«La défaite fait partie du jeu, mais ce n’est pas le scénario qu’on a imaginé ni avec cet état d’esprit qu’elle va rentrer sur le court. Elle va rentrer avec le but de gagner et y croire à 100 %», a-t-il assuré.

Un match qui marquera l'histoire du tennis peu importe la gagnante

Serena Williams domine son sport depuis 20 ans. Elle compte 23 titres en tournois du Grand Chelem en carrière et son prochain sacre lui permettra d’égaler le record de tous les temps établi par Margaret Court en 1973. De son côté, Bianca Andreescu incarne la nouvelle garde du tennis et participera à sa première finale d’un tournoi majeur. D’une manière ou d’une autre, la finale du volet féminin des Internationaux des États-Unis marquera l’histoire.

Andreescu n’était même pas née lorsque Williams a remporté son premier titre du Grand Chelem, ici même à Flushing Meadows, en 1999.

«Je me souviens que je regardais ses matchs quand j’avais quelque chose comme 10 ans. Je l’ai vue remporter plusieurs de ses titres du Grand Chelem et elle se battra pour son 24e samedi. C’est évident qu’elle va se présenter sous son meilleur jour, alors je devrai faire de même. J’espère ensuite que la meilleure joueuse l’emportera», a exprimé Andreescu.

Une foule toute Serena

Avouons-le, une finale Williams-Andreescu aux Internationaux des États-Unis, c’est le scénario rêvé. Ce sera non seulement un duel entre la légende et celle qui espère, un jour, s’en rapprocher. Mais ce sera aussi le premier vrai duel entre les deux joueuses, après la finale de la Coupe Rogers qui avait dû se conclure après quatre jeux en raison de malaises au dos de Serena.

«Elle a une façon de varier ses coups et de les exécuter de plusieurs façons différentes. Mais, d’abord et avant tout, je l’aime en tant que personne. Elle est exceptionnelle», l’a complimentée Williams.

Andreescu a vécu une situation similaire au troisième tour face à Taylor Townsend, mais il ne fait aucun doute que l’hostilité de la foule new-yorkaise atteindra un autre niveau ce soir en finale du US Open. Serena Williams est la plus grande championne de tennis de l’histoire du pays et les Américains seront derrière elle dans sa quête pour l’histoire.

«C’est sûr que ça va être fou, a reconnu l’entraîneur Sylvain Bruneau. La foule va être complètement du côté de Serena, il faut s’entendre. Je pense que le fait qu’elle ait joué contre une Américaine, en soirée, avec une foule hostile et acquise envers la cause de son adversaire, ça lui a permis de goûter à la sauce, de voir ce que c’est. Je suis content qu’elle l’ait vécu.»