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Tennis

«Je n’ai jamais été aussi confiante» - Bianca Andreescu

Publié | Mis à jour

NEW YORK - Sa victoire à la coupe Rogers de Toronto l’avait automatiquement propulsée au rang des favorites pour remporter les Internationaux des États-Unis. Maintenant en quarts de finale, Bianca Andreescu préfère ne pas voir trop loin devant. Toutefois, elle l’assure : elle ne s’est jamais sentie autant en confiance de toute sa carrière.

Ça se voit et ça se sent, sur le terrain. Jamais véritablement embêtée lors des trois premiers tours, elle a été confrontée à de l’adversité lundi soir dernier en quatrième ronde contre Taylor Townsend.

Après avoir échappé la deuxième manche, ce qui nivelait les chances dans le match, la jeune Canadienne a fait preuve d’un sang-froid impressionnant en revenant de façon convaincante lors de la manche ultime, la remportant 6-2.

«J’ai vraiment amené la dynamique de la coupe Rogers avec moi, ici. Cette année a été la plus belle de ma vie jusqu’à présent et je n’ai jamais été aussi confiante dans un tournoi», a assuré la jeune prodige de 19 ans, qui se mesurera à Elise Mertens en quarts de finale à Flushing Meadows, mercredi.

Il était 1 h du matin dans la nuit de lundi à mardi lorsque la jeune Andreescu s’est présentée sur le podium pour répondre aux questions des journalistes toujours présents sur le site.

Sa première fois

Souriante, certes, elle demeurait tout de même très terre à terre face au fait qu’elle venait d’atteindre les quarts de finale d’un tournoi du Grand Chelem pour la première fois de sa carrière.

«Je suis contente, mais le tournoi n’est pas terminé. J’ai l’impression que je peux faire encore mieux qu’une place en quarts de finale dans ce tournoi, cette année», a-t-elle mentionné sur un ton calme.

Croit-elle pouvoir gagner le tournoi, lui a demandé un confrère ?

«Je veux gagner chaque tournoi auquel je participe. J’ai des attentes très élevées envers moi-même, donc, pour répondre à votre question, oui, je pense pouvoir gagner. Par contre, je vais prendre chaque match un à la fois puisque je sais que je devrai affronter de très bonnes joueuses pour me rendre en finale.»

L’objet d’une discussion

Cette éventualité, celle de terminer samedi prochain en soulevant le trophée de championne des Internationaux des États-Unis à bout de bras, a été évoquée dans les discussions d’avant tournoi entre Andreescu et son entraîneur Sylvain Bruneau.

«On a mis les pendules à l’heure à ce sujet, a raconté l’entraîneur. Depuis, j’hésite à me diriger vers ça et je ne pense qu’au match suivant. Ceci dit, j’ai très confiance en elle sur plein de plans et elle a très confiance elle aussi. Évidemment, n’importe qui, rendu en quarts de finale, croit être en bonne position pour gagner. Toutefois, il reste trois gros matchs, dont le prochain, qui ne sera pas facile.»

Le défi Mertens

Ce prochain match, il sera contre Mertens. La Belge, 26e joueuse au monde, n’a connu que très peu de ratés depuis le début de la compétition. Elle n’a échappé aucune manche et a perdu seulement 16 jeux en quatre matchs.

«C’est une joueuse qui aime le rythme et qui a une très grosse frappe de balle. Elle frappe très lourd et très profond. C’est une joueuse calme qui offre un défi différent de Taylor Townsend ou de Caroline Wozniacki. C’est dans des matchs comme ça que Bianca excelle, car elle peut varier le jeu et essayer de dérégler son adversaire, ce qui sera très important», d’ajouter Bruneau.

Quant à Mertens, elle s’attend également à un défi de taille.

«C’est une joueuse complète. Elle est en feu quand elle est sur le terrain. Ce sera un match très difficile.»

La rencontre débutera sur les coups de 19 h mercredi soir, au stade Arthur Ashe.

L’importance de faire les bons choix

Bianca Andreescu est sur la bonne voie pour connaître une belle carrière sur le circuit de la WTA. Avec les succès viennent également les demandes de plus en plus nombreuses, médiatiques comme commerciales. C’est pourquoi un plan clair a été établi par sa garde rapprochée, afin de s’assurer qu’elle ne soit pas avalée tout rond par cette tempête qui ne fait que commencer.

C’est le Français Jonathan Dasnières de Veigy qui gère la carrière de la jeune raquette canadienne.

Ancien joueur de tennis professionnel et retraité depuis 2012, c’est par lui que passe la majorité des sollicitations concernant sa cliente.

Il le reconnaît, d’ailleurs, les demandes ont explosé après la victoire d’Andreescu à Indian Wells en mars, et un autre boom a été ressenti récemment après son gain à la Coupe Rogers chez elle, à Toronto.

«La prochaine étape serait assurément de gagner un tournoi du Grand Chelem. Elle s’en rapproche. Si c’est ici, tant mieux. De notre côté, c’est super. On fait ce métier pour être occupé et on est très content pour elle. On pense sincèrement que ce n’est que le début et on veut qu’elle s’installe au sommet du tennis féminin pendant longtemps», a mentionné l’agent, hier, lors d’un entretien avec Le Journal sur le site des Internationaux des États-Unis.

Apprendre D’Eugenie ?

L’agent qui œuvre pour la firme Octagon raconte que le plus important en ce moment dans le cas de Bianca Andreescu est de faire les bons choix.

«Elle vient tout juste d’avoir 19 ans, c’est encore une très jeune joueuse. Il faut la protéger un peu, ne pas l’exposer ou la brûler pour que tout ça ne lui monte finalement pas à la tête. Elle ne doit pas perdre de vue sa priorité qui est d’être une joueuse de tennis professionnelle. Tout le reste ne sera qu’une conséquence de ce qu’elle produit sur le court.»

Dasnières de Veigy sourit, ensuite, lorsqu’on lui demande s’il y a des leçons à tirer de la façon dont a été gérée la carrière d’une autre joueuse canadienne, Eugenie Bouchard.

«Peut-être, répond-il tout d’abord. Chaque joueuse a un parcours différent et je ne me permettrais jamais de juger les choix ou les parcours des autres. Eugenie a la carrière qu’elle a et elle fait les choix qu’elle fait. Cela dit, sur le plan sportif, on espère que Bianca va avoir une carrière au top niveau plus longue. C’est à nous de la guider pour qu’elle fasse les bons choix le plus possible», ajoute celui qui gère aussi les intérêts d’Anett Kontaveit et du junior français Corentin Moutet.

Gagner À Flushing Meadows

L’agent de joueurs a été témoin des commentaires de sa protégée lundi soir, lorsqu’elle mentionnait croire en ses chances de gagner les Internationaux des États-Unis. De sa perspective, rien ne permet de croire que ce ne soit pas réalisable.

«Elle l’a prouvé depuis le début de la saison, elle ne craint personne. C’est une championne en devenir. La route est longue toutefois et elle a un quart de finale contre une joueuse très solide. Elle a toutefois battu de très bonnes joueuses, alors il n’y a pas de raison qu’elle ne continue pas comme ça.»