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NFL

La grande éclosion de Mitchell Trubisky?

Publié | Mis à jour

La saison dernière, les Bears de Chicago ébranlaient la planète NFL avec une récolte de 12 victoires et un titre de division, menés par une féroce défensive. À l’aube du botté d’envoi d’une nouvelle campagne, cette défensive tient toujours le fort, mais si l’équipe souhaite poursuivre son ascension à compter de jeudi soir, la route passe forcément par la progression de son jeune quart-arrière, Mitchell Trubisky.

Le retour en force des Bears est dû en majeure partie à une défensive redoutable qui a dominé la ligue au chapitre des points accordés (17,9 par match) et des revirements provoqués (36), en plus de terminer au troisième rang pour les sacs du quart (50).

Offensivement toutefois, malgré la réputation enviable de l’entraîneur-chef Matt Nagy, les Bears n’ont guère fait mieux que le 21e rang au chapitre aérien.

Trubisky, à sa deuxième saison (sa première dans le système de Nagy), a montré des signes encourageants avec 24 passes de touchés.

Dans plusieurs matchs, cependant, l’attaque par la passe s’est effacée. À huit reprises en incluant les séries, le pivot n’a pas lancé plus d’une passe de touché.

Six fois, il n’a pas franchi la barre des 200 verges. Autant il a parfois justifié tous les espoirs fondés en lui avec des passes époustouflantes, autant il lui est arrivé de prendre des décisions douteuses.

Plus confortable

C’est le cheminement logique pour la vaste majorité des jeunes quarts-arrière, surtout que Trubisky ne montrait pas une longue feuille de route au préalable à l’Université North Carolina.

Puisqu’il n’a plus à s’adapter à un nouveau schéma offensif cette saison, les Bears croient qu’il se rapprochera de son plein potentiel et que la ligue découvrira un quart-arrière à des années-lumière de ce qu’il a montré jusqu’ici.

«On sent qu’il opère plus rapidement», s’est réjoui le directeur général Ryan Pace en conférence de presse, lundi.

«Je pense que cela vient de son degré de confort dans le système offensif, que ce soit par rapport au schéma ou aux joueurs qui l’entourent. On voulait constater durant l’entre-saison une amélioration progressive dans son développement et il a bien répondu.

«Nous sommes très heureux de l’étape où il se trouve en ce moment et de la trajectoire qu’il emprunte. On sent davantage sa connaissance profonde de l’offensive, sa propension à voir tout le terrain et son leadership dans le caucus. C’est ce à quoi on s’attendait de sa part», a-t-il continué.

Coéquipiers confiants

Difficile de dire, à la lumière des matchs présaison, si Trubisky a réellement élevé son jeu. Le jeune quart n’a pris part qu’à trois jeux des siens, trois remises dans le champ-arrière.

Si les dirigeants ont aveuglément foi en lui, c’est la même chose pour ses coéquipiers à l’attaque, que l’on a vus évoluer à l’entraînement.

«Sa confiance semble très élevée en ce moment. Il voit maintenant beaucoup mieux le terrain à sa deuxième année dans le système», a mentionné le garde Cody Whitehair, plus riche d’un contrat de 52,5 millions pour 5 ans, depuis dimanche.

Le petit mais explosif porteur de ballon Tarik Cohen comprend pour sa part qu’une part de doute continue de planer sur l’offensive menée par Trubisky, mais pense que les détracteurs seront dans l’erreur.

«La défensive nous a souvent sortis d’embarras la saison dernière et il faut en faire plus. Mitchell a confiance en nous autant que nous avons confiance en lui», a-t-il signalé.

Dans l’alignement actuel des Bears, pas moins de 48 des 53 joueurs ont été greffés à l’équipe sous la gouverne de Ryan Pace, depuis 2015. Mais aucun ne sera plus responsable de la sécurité d’emploi du directeur général que Trubisky.

En symbiose avec le patron

L’entraîneur-chef des Bears Matt Nagy criant ses directives pendant le match préparatoire face aux Titans du Tennessee le 29 août.

Le taux de réussite de toute entreprise risque d’être plus élevé quand les employés sont sur la même longueur d’onde que les patrons. Le constat est le même sur un terrain de football et les Bears semblent donc sur la voie rapide du succès à en juger par la relation de symbiose qui lie Mitchell Trubisky et l’entraîneur-chef Matt Nagy.

Dans la NFL, il y a tout un monde entre une première année dans un système offensif et connaître ce système sur le bout de ses doigts avec un peu plus d’expérience.

C’est à ce stade que Trubisky en serait rendu, du moins si l’on se fie au discours ambiant chez les Bears.

Là où, l’an dernier, il apprenait à maîtriser les concepts et le langage associés au cahier de jeux de Nagy, cet automne, il pourrait tout réciter tel un chapelet!

Même façon de penser

«J’ai vraiment remarqué un changement récemment à l’entraînement. Au moment où je commence à décliner l’appellation d’un jeu, il me coupe la parole et me lance: Ça va, coach, je sais où je m’en vais.»

«Nos appels de jeux sont plutôt intéressants parce qu’ils sont longs et complexes, mais dès le début d’une phrase, Mitchell sait exactement où je m’en vais et comprend les formations. Donc, quand il me coupe, je peux dire que j’aime ça», a rigolé l’entraîneur-chef.

À force de travailler de concert, Nagy et Trubisky en sont venus à développer les mêmes réflexes.

«Nous pensons de la même manière, a affirmé Trubisky. Nous sommes très similaires dans notre philosophie. On veut tous les deux être agressifs et prendre des risques en profondeur, mais en prenant soin de protéger le ballon. Je vois maintenant le jeu via ses yeux et on utilise la même terminologie.»

Plus efficace

Pour le quart-arrière, cette familiarité avec le système et la proximité avec celui qui donne les ordres l’aideront à amener son jeu à un autre niveau.

«Ce sont des éléments qui donnent confiance comme joueur parce que quand tu sais où t’en aller avec le ballon, tu peux contrôler la défensive avec tes yeux et ton rythme. C’est ce qui permet de lancer avec anticipation vers mes receveurs plutôt que de simplement réagir à ce que je vois sur le terrain», a-t-il fait valoir.

À ce jour, il a connu de bons moments face à ses adversaires de jeudi soir, les Packers de Green Bay. Même s’il a subi la défaite dans deux des trois matchs contre l’ennemi juré, Trubisky a néanmoins lancé trois passes de touchés contre aucune interception, en plus de compléter 65,3 % de ses passes et d’ajouter un touché au sol.

Un tout nouveau Halas Hall

Les Bears viennent de terminer un projet majeur de rénovation de leur site d’entraînement. Le Halas Hall, nommé en l’honneur de leur fondateur, ex-propriétaire, joueur et entraîneur George Halas, est plus que jamais un palace à la fine pointe. C’est plus de 162 500 pieds carrés qui ont été ajoutés à la structure existante de 143 000 pieds carrés. Le projet qui a débuté en mars 2018 a notamment permis de présenter un vestiaire flambant neuf... qui inclut même un espace barbier! L’entrée des joueurs se fait désormais par un nouveau hall illuminé où les numéros des 14 membres du Temple de la renommée de la franchise sont en évidence. C’est sans parler d’un gigantesque lounge des joueurs et de 20 salles de conférence. Les entraîneurs ne sont pas en reste, eux dont les bureaux ont vu leur superficie augmentée de 50 %. Ah, la misère des riches!

Des Ours à l’aéroport

Le 100e anniversaire des Bears n’est pas juste souligné par l’équipe. À l’aéroport O’Hare de Chicago, dans le terminal de United Airlines, impossible de manquer le centenaire de l’équipe. Les numéros des portes B et C sont désormais calligraphiés avec les logos des Bears. Au milieu de la partie B, un énorme squelette de brachiosaure porte un chandail tout aussi énorme de l’équipe, orné du numéro 100. Il est aussi coiffé d’un casque des Bears. Que les voyageurs se le tiennent pour dit, l’équipe occupe toute la place en ville.

Place à Eddy Pinero

On vous en parlait lors de notre visite au camp d’entraînement, les Bears ont mis un effort démesuré pour dénicher leur botteur après le fiasco des dernières séries, qui a conduit au renvoi de Cody Parkey. Durant les camps printaniers, pas moins de neuf botteurs se sont présentés pour être évalués par les entraîneurs, mais aussi par un consultant spécialisé. L’emploi le plus scruté à Chicago est revenu à Eddy Pineiro. Jamais n’aura-t-on vu une telle meute journalistique autour d’un botteur, cette semaine, quand les Bears ont confirmé sa place! «Je suis content que les Bears fassent de moi leur homme. Je dois maintenant leur prouver qu’ils ont eu raison et les rendre heureux», a-t-il réagi.