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La grande scène n’effraie pas Andreescu

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NEW YORK – C’était une première présence au troisième tour d’un tournoi majeur et un premier match en carrière sur le court Arthur-Ashe, le plus grand stade de tennis au monde, samedi, pour Bianca Andreescu. Tout ça contre Caroline Wozniacki, une joueuse ayant atteint la finale aux Internationaux des États-Unis à deux reprises. Faisant fi de toutes ces distractions, la jeune Canadienne a obtenu son billet pour la quatrième ronde en l’emportant en deux manches de 6-4.

Andreescu a de nouveau fait la démonstration de toute l’étendue de son talent. Outre une petite frousse en deuxième manche, après avoir laissé Wozniacki revenir d’un retard de 0-3, la quinzième joueuse mondiale a de nouveau été solide, et ce, malgré toutes les distractions de l’externe.

Ces distractions avaient d’ailleurs été abordées avant la rencontre par l’entraîneur Sylvain Bruneau.

«Je voulais qu’elle soit préparée au bruit et à l’ambiance ainsi qu’à ce que c’est de jouer sur un gros terrain comme ça. On en a discuté, mais elle aime ça, elle n’est pas effrayée par ces moments-là. Je n’avais pas d’inquiétude qu’elle soit intimidée. Aussi, on a pu faire l’échauffement sur le terrain avant, ce qui était important», a ajouté celui qui a dressé un bilan positif du match de samedi, malgré le relâchement en deuxième manche.

Un rêve devenu réalité

Malgré la préparation, Andreescu n’a pas caché avoir été quelque peu impressionnée en marchant vers son banc lors de son entrée au stade, rempli environ au deux tiers de sa capacité de 23 771 spectateurs.

«Quand je suis entrée sur le terrain, je peinais à croire ce qui se passait. C’est un rêve devenu réalité. Je m’étais très bien préparée pour ce défi et je pense avoir bien géré mes émotions», a-t-elle reconnu.

Effectivement, elle a de nouveau démontré la maturité d’une joueuse d’expérience. Malgré son jeune âge, Andreescu a mis l’excitation de côté rapidement pour se concentrer sur son match. Dès le premier jeu du match, elle a frappé la balle avec puissance et assurance, brisant le service de sa rivale.

Elle a toutefois reconnu s’être légèrement écartée de son plan lors de cette séquence en deuxième manche lors de laquelle elle a redonné espoir à Wozniacki qui, quelques minutes auparavant, avait eu besoin de traitement en raison d’une blessure à un pied.

«Je me suis mise à relaxer un peu, a admis Andreescu. Par la suite, je me suis reprise en main et j’ai trouvé un moyen de terminer le match en force.»

Face à Townsend

Le prochain défi ne s’annonce pas de tout repos. Au quatrième tour, Andreescu croisera le fer avec l’Américaine Taylor Townsend qui, après avoir créé la surprise en montrant la porte de sortie à la quatrième joueuse mondiale Simona Halep, a vaincu une autre Roumaine, Sorana Cirstea, samedi.

Issue des qualifications, Townsend fait partie des belles histoires de ces Internationaux des États-Unis. Il ne fait aucun doute que la foule new-yorkaise se rangera derrière la favorite locale et 116e joueuse mondiale pour ce duel.

Pas de problème, assure Andreescu.

«J’aime ce genre de défi. Ça me donne une petite motivation additionnelle. Par contre, on a joué contre Taylor (Townsend) et Whitney (Osuigwe) en double, et j’ai senti la foule de notre côté un peu aussi.»

L’entraîneur l’assure toutefois, il s’agira d’un important test et il ne faudrait surtout pas se fier à son classement mondial.

«C’est tout un défi. Le classement n’importe plus quand on arrive à cette étape d’un Grand Chelem. C’est une Américaine qui joue très bien. Elle est ultra talentueuse, c’est incroyable. Je n’étais pas surpris qu’elle réussisse à sortir Halep au deuxième tour. Elle va avoir la foule de son côté et elle joue du gros tennis. Ce sera un gros contrat pour Bianca.»

Comme Clijsters

Caroline Wozniacki avait un nom bien précis en tête lorsqu’on lui a demandé ce qui rendait le jeu de Bianca Andreescu différent de celui des autres joueuses sur le circuit de la WTA.

«Je pense que la meilleure comparaison que je pourrais faire serait Kim Clijsters. Elle bouge bien sur le terrain, est en mesure d’aller chercher plusieurs balles, elle est agressive et elle varie bien ses angles de frappe. De plus, elle préfère le coup droit, tout comme Kim, et elle est aussi efficace sur son revers. Évidemment, tout le monde a son propre style, mais, en l’affrontant, ça m’a rappelé des souvenirs de l’époque où j’affrontais Kim Clijsters», a lancé la Danoise de 29 ans.

Une réponse qui a touché la jeune Canadienne.

«C’était une inspiration pour moi quand j’ai commencé à jouer au tennis. C’est donc très flatteur d’entendre cela d’une autre joueuse puisque je pense que mon jeu est effectivement similaire. Il n’est toutefois pas aussi bon, encore !» a-t-elle mentionné avec humilité.

L’entraîneur de Bianca Andreescu, Sylvain Bruneau, n’a pas été surpris du tout d’entendre les commentaires de Wozniacki à l’endroit de sa protégée.

«Ça me fait vraiment sourire parce qu’il y a trois ans, avant même que je travaille avec Bianca de façon individuelle, je me rappelle après un match de la Coupe Rogers, je lui avais dit qu’elle jouait comme Kim Clijsters et [qu’elle allait] être la prochaine Kim Clijsters.»

Disons que si Andreescu atteint le niveau de Clijsters, les amateurs de tennis canadiens auront une championne à suivre pendant de longues années. Au cours de sa carrière, la Belge a remporté 41 titres de la WTA. De ce nombre, quatre ont été acquis lors de tournois du Grand Chelem, dont trois aux Internationaux des États-Unis.

Sa marque est faite

Il s’agissait d’un deuxième match cette saison entre les deux joueuses. En janvier, à Auckland, Andreescu était également sortie victorieuse alors qu’à ce moment, elle figurait au 152e rang mondial.

«Je ne la connaissais pas en janvier. Elle a connu toute une année, et maintenant tout le monde sait qui elle est. Elle a fait sa marque en gagnant deux gros tournois. Elle joue très bien, et je suis persuadée qu’elle va continuer de le faire tant qu’elle demeurera en santé», a ajouté Wozniacki.