Kevin Dubé

Crédit : Kevin Dubé

Tennis

L'arme secrète de Denis Shapovalov

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Denis Shapovalov connaît de bons moments, ses meilleurs, selon ses dires, depuis le tournoi de Miami en mars. Il a atteint la demi-finale à Winston-Salem la semaine dernière et a été dominant jusqu’à maintenant lors de ses deux premiers matchs aux Internationaux des États-Unis.

Cette résurgence, après une période plus creuse, pourrait ne pas être étrangère à l’arrivée d’un nouvel entraîneur dans son coin: le Russe Mikhail Youzhny.

Jusqu’à présent, du moins, le nouvel entraîneur de Shapovalov semble avoir un impact positif sur le jeune prodige.

Arrivé en pleine confiance à New York après sa belle prestation à Winston-Salem, Shapovalov a été sans pitié face à Félix Auger-Aliassime au premier tour, puis il a de nouveau gagné en trois manches, jeudi, contre Henri Laaksonen.

Déjà, en coulisses, on dit que «l’effet Youzhny» se fait sentir. Ce dernier a été embauché pour une période d’essai avant Winston-Salem. Il n’est toujours pas, officiellement, l’entraîneur de Shapo.

Et même si ça va bien pour son protégé, Youzhny refuse de prendre tout le crédit.

«Je ne crois pas avoir eu d’effet sur Denis encore. Les bons résultats reviennent au joueur. Les gens aiment croire que ses résultats sont directement liés à mon arrivée, mais c’est à lui que le crédit revient. Il a joué du tennis de très haut niveau avant que j’arrive aussi», a mentionné le retraité de 37 ans lors d’un entretien avec Le Journal, jeudi soir après la victoire de Shapovalov en trois manches face à Henri Laaksonen.

Personnalité forte

Youzhny est le troisième entraîneur de la 33e raquette mondiale cette saison seulement. Il avait débuté l’année avec le Canadien Rob Steckley et c’était sous sa garde que Shapo avait atteint la demi-finale au tournoi de Miami en mars. Il s’était toutefois tourné, quelques semaines plus tard, vers Adriano Fuorivia.

À ce moment, plusieurs ont commencé à parler de Shapovalov comme d’un jeune difficile à diriger.
«Il a une personnalité forte, a admis Youzhny. Sa mère Tessa m’aide beaucoup en me donnant les outils pour le comprendre de la meilleure façon possible. C’est impossible pour moi de bien connaître quelqu’un en deux semaines ou un mois.»

Au début des Internationaux des États-Unis, Shapovalov avait expliqué être à la recherche d’un ancien joueur qui pouvait réellement comprendre ce qu’il vivait, ce que faisait bien Youzhny.

«J’ai mon opinion sur ce qu’il doit améliorer et je lui parle beaucoup. Dans nos discussions, il est souvent en accord avec moi, ce qui est positif, car on se dirige dans la même direction. Pour moi, c’est la chose la plus importante. Il faut que l’entraîneur croie en son joueur, mais aussi que ce dernier croie en son entraîneur. Si tu as cette chimie, tu peux accomplir de grandes choses», explique celui qui a travaillé durant presque toute sa carrière avec le même entraîneur, le Russe Boris Sobkin.

Revers gaucher

Parmi les autres critères de Shapovalov, et non sans importance : il cherchait un ancien joueur qui effectuait ses coups de revers à une main, comme lui. Une autre case que pouvait cocher Youzhny.

Mais au-delà de ça, le Russe de 37 ans croit avoir un avantage non négligeable sur plusieurs autres entraîneurs de l’ATP.

«Je peux encore jouer ! Je peux pratiquer comme un joueur de haut niveau. Je pense que je pourrai encore offrir du tennis de haut niveau pendant trois à cinq ans.»

Retraité depuis à peine un an, Youzhny connaît aussi encore les joueurs sur le circuit. Un autre point en sa faveur. En carrière, celui qui était surnommé le «Colonel» a remporté trois de ses quatre matchs contre le prochain adversaire de Shapovalov, Gaël Monfils.

«Il sera de bon conseil pour Denis, a reconnu Monfils. Contre Misha, c’était toujours compliqué. Toutefois, ce sont deux joueurs différents.»