Alex Harvey

Photo : Alex Harvey Crédit : DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC

Cyclisme

Alex Harvey près du podium... en vélo de montagne!

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Alex Harvey était aux anges. Même si un bris mécanique a ruiné ses chances de podium au volet des maîtres des Championnats du monde de vélo de montagne au Mont-Sainte-Anne, Harvey s’est amusé comme un gamin dans les pistes, à deux pas de chez lui, vendredi.

À sa première sortie du genre en plus d’une douzaine d’années alors qu’il s’activait chez les juniors, le fondeur canadien le plus prolifique de l’histoire n’avait pas trop perdu la touche sur son vélo.

Sixième au final chez les 30-34 ans, la fierté de Saint-Ferréol-les-Neiges s’est retrouvée dans le peloton de tête des quatre meneurs lors des deux premiers tours avant qu’un problème avec sa chaîne l’empêche de poursuivre sa chasse. Ça ne l’a pas empêché de vivre pleinement cette expérience d’une journée.

«C’était trippant, c’était vraiment le fun ! À la mi-course, j’ai cassé ma chaîne, et après le gars qui était meneur a subi une crevaison, ce qui m’aurait positionné quasiment pour le podium [...] Quand tu arrives dans la zone de ravitaillement, tu fais un 180 degrés. Il faut décélérer puis accélérer, et j’étais sur un trop haut braquet. C’est mon erreur. J’ai changé de vitesse en pédalant et la chaîne a tordu à cause de la tension.»

«Mais je suis arrivé ici sans aucune attente. Certes, j’ai fait beaucoup de vélo cet été, mais je n’ai fait aucune course et aucun entraînement intense», a lâché l’ancien champion du monde de ski de fond qui s’est retiré de la compétition à l’issue de la dernière saison.

Quelle était la plus grande différence de se retrouver en selle plutôt que sur les skis ?

«C’était tough. En ski, ma force était le haut du corps techniquement, mais là, en vélo, le haut du corps, ça ne donne pas grand-chose. C’était tough pour les petites jambes, mais c’était vraiment cool», a renchéri l’olympien.

Des cris d’encouragement

Habitué à recevoir une dose d’amour de la part des amateurs lors des grands rendez-vous internationaux sur les plaines d’Abraham, Harvey a eu droit au même traitement le long du tracé de 4,6 km. Même son agent Denis Villeneuve, vêtu pour la circonstance, avait enfourché sa monture pour l’encourager.

«Je voulais juste avoir du fun. Tout le monde criait mon nom le long du parcours. C’est vraiment chez nous, et c’est vraiment spécial. Le vélo de montagne, c’est vraiment différent du ski de fond. Il faut que tu sois très concentré sur ton pilotage dans les descentes, c’est vraiment intense», a-t-il exposé, le visage en sueur.

En après-midi, Alex a épaulé son légendaire père Pierre, qui faisait partie des engagés dans la catégorie des 60-64 ans, où il a pris le neuvième rang. Ancien membre de l’équipe canadienne olympique de cyclisme sur route aux Jeux de Montréal (1976) et de Los Angeles (1984), Harvey s’adonne désormais davantage au cross-country lorsqu’il enfourche son vélo.

Sur son vélo à 74 ans

À 74 ans, André Leblanc, lui, ne voulait rater pour rien au monde ce rendez-vous après avoir participé aux maîtres au tournant des années 2000 à Bromont. Cette fois, il n’a pas hésité à se taper plus de sept heures de voiture depuis New Richmond, en Gaspésie, pour renouer avec de vieux copains.

«J’ai toujours adoré la gang avec les Pierre Harvey et Pierre Éthier. On revoit tous les gars. C’était vraiment important pour moi de participer après tant d’années. C’était un parcours très technique. Je n’ai pas de misère, mais c’est surtout dur dans les montées, avec l’âge.