Crédit : Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

LHJMQ

«Ce serait cruel de ne pas le faire jouer» -Patrick Roy

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Louangé par Patrick Roy depuis le début du camp d’entraînement des Remparts, le défenseur Charle Truchon n’a pas hésité à déserter le nid familial en plein été pour peaufiner sa préparation à Québec, la ville où il veut faire sa marque au cours des prochaines années.

Truchon n’a que 16 ans, mais sa maturité détonne par rapport à certains hockeyeurs de son âge.

Repêché en deuxième ronde lors du dernier encan midget de la LHJMQ (20e au total), le Matanais a tourné le dos à la tranquillité de la petite municipalité située sur les berges du fleuve Saint-Laurent dans les semaines suivantes pour le brouhaha de la grosse ville, déménageant dans une famille de pension. Il voulait se donner les meilleures chances de percer l’alignement québécois, et à la lumière de ses performances sur la glace jusqu’à maintenant, il avait vu juste.

«Il y a plus d’offres ici et l’entraînement était plus spécifique. Je pense que ça me prenait ça dans mon été d’entraînement pour pouvoir faire le saut. Ça fait une grosse différence», avoue Truchon, qui s’est exercé en compagnie de vétérans du club sous la supervision du préparateur physique David Rodrigue.

Week-end déterminant

Encore jeudi, à l’issue de l’entraînement au Pavillon de la Jeunesse, le grand patron des Remparts a fait les éloges du produit des Albatros du Collège Notre-Dame. Si le personnel d’entraîneurs déterminera son effectif à la suite des rencontres du week-end à Baie-Comeau, il semble de plus en plus évident que Truchon obtiendra la bénédiction de Roy pour le début des activités saisonnières.

«Ce serait cruel de ne pas le faire jouer tous les soirs. On aura des choix à faire», a réagi l’ancien instructeur de l’Avalanche du Colorado au sujet des jeunes loups qui se démarquent à l’exercice estival.

Truchon, qui se décrit comme un arrière fiable dans sa zone, capable de fournir une touche offensive, entend conserver la même recette qui a fait son succès pendant cette fin de semaine déterminante. Sa sélection pourrait forcer Roy et ses adjoints à revoir leurs plans initiaux par rapport aux patrouilleurs à la ligne bleue.

«Je ne ressens pas vraiment de nervosité. Je sais ce dont je suis capable et il faut que je joue mon match. Il ne faut pas que j’aie de regrets à la fin du match, peu importe si je suis pris ou non. Je ne dois pas me casser la tête. Je dois jouer au hockey comme j’ai toujours joué», a souligné le jeune homme.

À Québec ou RDL ?

S’il ne parvient pas à convaincre les entraîneurs qu’il mérite un casier dans le vestiaire du Centre Vidéotron, Truchon retournera faire ses devoirs à Rivière-du-Loup dans les rangs midget AAA. Il vise aussi une participation au Défi mondial des moins de 17 ans en novembre après avoir été invité au camp de développement de Hockey Canada, plus tôt cet été.

Par ailleurs, les Remparts ont acquis Tommy Luneau des Tigres de Victoriaville en retour d’un choix de 10e ronde en 2020 (BAT). Ils ont aussi cédé l’attaquant Brandon Frattaroli au Drakkar contre un choix de 5e tour en 2021 (DRU).

Chaude lutte chez les gardiens 

Emerick Despatie et Thomas Boucher se livrent une saine lutte devant le filet pour décrocher le poste d’auxiliaire.

Des six gardiens qui ont amorcé le camp, le 15 août dernier, ils ne sont plus que trois, dont deux de 16 ans qui aspirent à épauler Carmine-Anthony Pagliarulo pendant le calendrier régulier. Ils subiront leur évaluation finale en étant envoyés successivement dans la mêlée, samedi et dimanche, à Baie-Comeau.

«Je m’entends super bien avec Emerick. Je ne voulais pas qu’il y ait une grosse guerre avec lui, je n’aime pas me battre avec les autres gardiens. Je suis sûr qu’on va finir par goaler ensemble. Je voulais qu’on ait une bonne chimie », a raconté Boucher, un choix de sixième ronde en 2018. « Je ne m’attendais pas à me rendre où je suis rendu en ce moment», a poursuivi bien candidement le jeune Despatie.

Année profitable

Boucher, qui aura 17 ans en décembre, a travaillé d’arrache-pied d’un bout à l’autre de la saison dernière dans l’uniforme des Élites de Jonquière en vue du camp d’entraînement du club junior majeur. Retranché par les Chevaliers de Lévis, l’équipe de son patelin, il voulait faire taire ses détracteurs.

«Je me suis entraîné fort cet été pour ça. J’ai connu une bonne année à Jonquière avec l’aide de mon entraîneur des gardiens, Nicolas Gauthier. J’ai vu de la rondelle pas mal et je me suis beaucoup amélioré», a souligné l’adolescent qui a maintenu un pourcentage d’efficacité de ,911 à Jonquière.

Pour sa part, Despatie a vécu une situation de rédemption semblable après avoir été écarté de l’alignement de l’Intrépide de Gatineau, l’obligeant à faire ses classes au rang midget espoir. Sélectionné au deuxième tour en juin, il a ensuite pris part au camp de développement réservé aux meilleurs joueurs de moins de 17 ans au pays, à Calgary.

«La vitesse de jeu et les lancers sont beaucoup plus rapides ici. Il a fallu que je m’adapte, mais je commence à m’habituer au niveau de jeu. Je me serais moins démarqué dans le midget AAA.»

Solide mardi contre Rimouski, le jeune homme respire la confiance à l’aube de son prochain départ. «Je m’en vais là [à Baie-Comeau] pour faire une grosse performance.»