Ski et planche

Retour aux sources pour Alex Harvey

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L’occasion était trop belle pour Alex Harvey. L’instant d’une journée, vendredi, la fierté de Saint-Ferréol-les-Neiges renouera avec ses anciennes amours en étant le point de mire des Championnats du monde des maîtres de vélo de montagne au mont Sainte-Anne.

Le fondeur canadien le plus prolifique de l’histoire s’est laissé convaincre par Patrice Drouin, l’ancien grand patron de la firme Gestev, qui organise ce rendez-vous de l’Union cycliste internationale tenu en marge des Mondiaux élites.

Pour Harvey, qui a mis un point d’exclamation à sa carrière de brillante manière sur les plaines d’Abraham, en mars dernier, il s’agira en quelque sorte d’un retour aux sources, puisqu’il excellait dans la discipline de cross-country avant de se consacrer pleinement à sa carrière en ski de fond. Et le scénario ne pouvait mieux s’écrire avec la présentation de cet événement dans sa cour arrière.

«Jusqu’à l’âge de 17-18 ans, je menais deux carrières en parallèle. Ça faisait partie intégrale de mon entraînement durant l’été. Je faisais du ski à roulettes le matin, mais souvent, l’après-midi, si j’avais la permission, je faisais du vélo de montagne ou du vélo de route. J’amenais le vélo en camp d’entraînement. J’ai eu beaucoup de plaisir à faire du vélo, a souligné Harvey, mardi, au pied des pentes.

«J’y pensais, mais je me suis inscrit en début de semaine passée après avoir parlé à Patrice Drouin. Je l’avais vu à une compétition de vélo de montagne au mont Sainte-Anne et il commençait à me titiller avec ça. J’étais allé en vélo le matin et je me disais que j’avais de bonnes jambes, alors je me suis dit que ça pourrait être bien de participer aux Mondiaux.»

Avec son père

Ce retour en selle sera spécial, puisque son père Pierre, un adepte de longue date du sport, fera partie des engagés dans la catégorie des 60-64 ans, vendredi après-midi. Quant à l’ancien champion du monde de ski de fond, il prendra le départ à 8h30.

«On a roulé un peu ensemble et ça va être drôle de pouvoir être sur le parcours ensemble, même si on dans des catégories d’âge différentes. Je pense que je suis encore plus rapide que lui et je prends peut-être plus de risques que lui dans les descentes», a lancé fiston en souriant.

Qu’à cela ne tienne, Harvey ne s’est fixé aucun objectif chez les 30-34 ans. Venant d’un athlète qui a carburé aux succès sur la neige, on le croit à peine. «Je commence à avoir des papillons dans le ventre, mais je le fais vraiment pour le plaisir. Si ma blonde et ma mère sont là, je vais être content», a badiné celui qui terminera son baccalauréat en droit en décembre prochain.

«Belle surprise»

La présence d’Harvey a éveillé une anecdote chez le vétéran Raphaël Gagné qui vivra ses 14es Championnats du monde la semaine prochaine parmi l’élite mondiale. Les deux sportifs ont roulé ensemble aux Mondiaux juniors en 2005 et en 2006, en Italie et en Nouvelle-Zélande.

«C’est drôle parce que tout au long de sa carrière, je le voyais retourner en Nouvelle-Zélande s’entraîner sur les glaciers ou en altitude en Italie», a dit Gagné.

«J’ai suivi ma carrière, il a suivi la mienne. On était à Livigno en Italie en 2005 et ça avait été un super beau championnat. C’était plaisant. Ça fait spécial de compétitionner pour le pays ici. Par contre, je serai l’entrée et il sera le plat principal», a prévenu Harvey.