SPO-GALA EXPOS FEST

Crédit : TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

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Une équipe entre Tampa et Montréal: «Ça me semble improbable»

Publié | Mis à jour

GRANBY – De passage au Québec pour la première fois depuis son départ des Expos en 1997, David Segui a retrouvé son coeur d’enfant en côtoyant Bill Lee dans la présente tournée de balle-molle organisée par Expos Fest qui se conclura dimanche après-midi, à Montréal, avec un match au parc Jarry.

Aujourd’hui âgé de 72 ans, Lee évoluait avec le paternel Diego Segui, en 1974 et 1975, chez les Red Sox de Boston.

«Il était mon joueur préféré quand j’étais petit, probablement parce que c’était un lanceur gaucher», a indiqué David Segui, dont les derniers souvenirs aux côtés de Lee remontent à la Série mondiale de 1975 lorsque les Red Sox se sont inclinés en sept matchs face à Pete Rose et aux Reds de Cincinnati.

Concernant Lee, aussi connu sous le sobriquet de «Spaceman», il se rappelle très bien d’avoir croisé le petit David, à différentes reprises, au Fenway Park. Son propre fils Michael a aussi joué beaucoup avec lui au camp d’entraînement de l’équipe, à Winter Haven, en Floride.

«David était un petit gaucher maigrichon et il voulait devenir lanceur. C’était fantastique quand j’ai appris qu’il serait de cette tournée», a réagi Lee, qui entretient toujours une amitié avec Diego.

Lanceur droitier d’origine cubaine ayant évolué pendant 15 saisons dans le baseball majeur, Diego Segui a surtout marqué Lee avec son impressionnante balle courbe et sa force physique.

«C’est probablement l’homme le plus fort que j’ai connu dans le baseball majeur, a-t-il noté. Quand tu rencontres Diego Segui, tu dois t’assurer de prendre ta main au complet pour lui serrer la pince. Sinon, il va te fracturer des doigts.»

Souvenirs des Expos

David Segui, 53 ans, vit maintenant à Phoenix, en Arizona, mais il conserve aussi un pied-à-terre à Kansas City, où demeure d’ailleurs son père Diego. L’ancien joueur de premier but des Expos, de 1995 à 1997, se souvient avec joie de son passage avec le club montréalais.

«En 1997, j’ai dépassé le plateau des 20 circuits pour la seule fois de ma carrière [21] et étrangement, c’était dans le plus grand stade où j’ai joué [à domicile], a noté celui qui a évolué pour sept clubs différents sur une période de 15 ans. Felipe Alou m’avait convié dans son bureau pour parler de certains ajustements à faire au bâton et il me demandait d’être plus agressif pour frapper, quitte à obtenir davantage de retraits au bâton.»

Segui ressasse par ailleurs quelques souvenirs reliés aux Expos remontant avant son séjour à Montréal.

«En 1994, je jouais pour les Mets [de New York] et les Expos, cette année-là, ne faisaient pas que gagner: ils détruisaient les autres équipes, a-t-il affirmé. Ce n’était pas plaisant de jouer contre eux. Je n’ai aucun doute qu’ils auraient gagné la Série mondiale s’il n’y avait pas eu la grève.»

Un retour à Montréal?

Comme la plupart des anciens Expos, Segui souhaite évidemment un retour du baseball majeur à Montréal.

«J’espère que ça va se faire, mais je ne suis pas dans le secret des décideurs», a-t-il lancé, offrant au passage son appréciation des amateurs de baseball à Montréal.

En visitant Québec, Granby et Gatineau au cours des derniers jours, Segui a constaté que la mémoire des Expos demeure également vivante à l’extérieur de la métropole québécoise.

Un partage avec Tampa

À propos d’un retour éventuel d’une équipe, Curtis Pride, également impliqué dans la présente tournée de balle-molle, pense le tout possible, mais ne croit pas au projet d’une formation partagée entre Montréal et Tampa.

«Cette option me semble improbable», a dit l’ancien voltigeur qui demeure à West Palm Beach, en Floride, rejoignant ainsi l’opinion de plusieurs anciens des Expos.

«Je ne crois pas au projet des villes-soeurs, mais je souhaite que ça arrive», a pour sa part affirmé Lee, offrant une position bien à lui.

Stéroïdes: David Segui assume son passé

David Segui aborde le sujet avec une aisance surprenante. Il n’est ni fier, ni repentant. L’ancien joueur des Expos assume tout simplement le choix qu’il a fait de consommer des stéroïdes dans le but de prolonger sa carrière dans le baseball majeur, laquelle s’est étalée de 1990 à 2004.

«Quand j’étais dans les mineures, je n’ai jamais rien pris et j’ai joué dans le baseball majeur sans utiliser de stéroïdes au départ. Toutefois, à un certain point de ma carrière, j’allais perdre mon emploi si je ne faisais pas ça. Je voulais garder mon travail et j’ai fait ce choix.»

«J’assume les conséquences et je n’ai jamais menti à propos de ma consommation de stéroïdes. Il y a des gars qui ne l’ont pas fait et qui ont perdu leur poste. Je ne voulais pas que ça m’arrive.»

Respecter la limite

Segui ne cherche aucune excuse et parle librement du passé qu’il a choisi. Il convient néanmoins que tout s’est déroulé à l’ère des stéroïdes quand les Mark McGwire, Sammy Sosa et ensuite Barry Bonds frappaient des circuits à profusion.

«C’est comme si tu faisais une course sur l’autoroute et qu’il y a des voitures qui dépassent la limite de vitesse et de ton côté, tu respectes la limite. C’est certain que tu gagneras pas la course», a-t-il illustré.

«Je peux aussi comparer ça à un artiste ayant le choix de prendre une pilule ou des substances qui lui permettent d’être plus créatifs et d’être encore mieux payé pour ses chansons ou pour ses livres, a-t-il ajouté. Dans une telle situation, je ferais probablement la même chose et je prendrais une pilule.»