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Crédit : AFP

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Le Target Field, l'exemple à suivre à Montréal?

Publié | Mis à jour

Le groupe d’investisseurs mené par Stephen Bronfman voudrait faire construire un stade sans un toit rétractable, selon les différentes informations obtenues au cours des derniers mois. Est-ce que c’est réaliste avec les conditions climatiques du Québec ?

On s’est penchés sur la question. La vision de Bronfman et de ses acolytes est basée sur l’avis de plusieurs spécialistes en la matière. Il ne faut pas en douter. Lorsqu’on fait le tour du baseball majeur, il y a un stade qui pourrait inspirer les investisseurs montréalais : le Target Field, le domicile des Twins du Minnesota.

Inauguré en 2010 au coût de 555 millions $, le Target Field est un stade conçu pour accueillir 39 000 spectateurs. Le grand manitou du projet et actuel président des Twins est très fier de cette réalisation qui a reçu le titre de «meilleure expérience tous sports confondus» par ESPN en 2011.

«Tout a commencé en 1995 et l’on jouait nos matchs au Metrodome, a expliqué Dave St. Peter lors d’une entrevue exclusive avec Le Journal de Montréal. Toutefois, cet endroit était surtout conçu pour présenter des matchs de football. Pour nous, ça représentait plusieurs défis.»

À compter de ce moment, les Twins ont amorcé un long chemin de croix pour obtenir les approbations politiques, l’emplacement et le financement pour leur nouveau stade. C’est un certain Mike Opat, commissaire de Hennepin County, qui a dénoué l’impasse en 2005.

«Il avait une vision d’un stade ouvert dans le centre-ville de Minneapolis, a précisé St. Peter. Opat nous a offert de payer les deux tiers de la facture et on n’avait besoin d’aucun montant de l’État du Minnesota. Une offre qu’on ne pouvait pas refuser.»

Compromis important

En raison des conditions météorologiques qui sont semblables à celles du Québec, les propriétaires des Twins souhaitaient un toit pour le nouveau domicile de leur équipe.

«Avec l’offre d’Opat, on s’est retrouvé devant un dilemme assez important, a raconté St. Peter. Soit on tenait mordicus à notre stade avec un toit ou on risquait de voir notre équipe de baseball disparaître. On a décidé d’assurer l’avenir de notre concession au Minnesota, en plus d’épargner une somme de 150 à 200 millions $ pour la construction du Target Field. Une autre génération d’amateurs a pu voir le jour.»

Avec un stade ouvert, les risques d’avoir des matchs suspendus ou remis sont plus importants.

«On a vu des tempêtes de neige dans le passé. Il fait encore froid en avril. Ça représente toujours un défi pour nous. C’est un coup de dés chaque année», a ajouté le président des Twins.

«Ça affecte nos assistances en début de saison, mais on est en mesure de les rattraper dans les mois d’été. Ce fut le cas cette année en raison du rendement de l’équipe sur le terrain.»

Des bancs chauffants

Pour adapter leur bijou à la météo qui peut être capricieuse, les Twins ont pensé à tout. Ils ont quelques milliers de bancs chauffants dans les sections situées près du terrain. «On a également plusieurs endroits où les gens peuvent voir l’action de l’intérieur, a précisé St. Peter. Toutes ces petites choses nous permettent d’agrémenter les soirées clémentes pour le baseball.»

Les propriétaires des Twins ont eu besoin d’une dizaine d’années de négociations pour finaliser ce dossier. Le groupe de Stephen Bronfman a déjà le terrain. Il suffit maintenant d’attacher le financement.

Pour le moment, on en sait peu sur le modèle économique des investisseurs. On peut penser qu’ils sont beaucoup plus avancés qu’ils ne le laissent croire sur la place publique. Un dossier à suivre...

LE TARGET FIELD EN CHIFFRES

* Coût: 555 millions $ US

* Capacité assise (2019): 38 544 sièges

* Débuts des travaux: 30 août 2007

* Fin des travaux: 2 avril 2010

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«Une idée créative» - Dave St. Peter

À la fin des années 90, les partisans des Twins du Minnesota ont vécu le même climat d’incertitude que ceux des Expos. À l’époque, le commissaire du baseball majeur Bud Selig avait évoqué l’idée d’abolir les deux formations.

Les Twins s’en étaient sauvés avec la construction d’un nouveau stade, alors que les Expos ont déménagé à Washington après la saison 2004. Le même scénario est en train de se reproduire avec les Rays de Tampa Bay.

Les négociations entre le propriétaire de l’équipe, Stuart Sternberg, et la ville de St.Petersburg sont au point mort. La rencontre entre les deux parties qui a eu lieu cet été n’a pas donné de solutions qui sont viables à long terme.

«J’ai de l’empathie pour ce qui arrive aux Rays, a souligné le président des Twins, Dave St. Peter. Ils ont fait de bonnes choses depuis le début de leur concession.»

«Pour ce qui est d’un partage entre Tampa et Montréal dans quelques années, c’est une idée créative. C’est un projet sur lequel on va se pencher.»

Ces propos ressemblent étrangement à ceux de tous les autres intervenants du baseball majeur depuis l’annonce du 25 juin dernier. Par la suite, St.Peter a tenu des propos intéressants sur le possible retour des Expos.
«On a parlé d’une expansion, mais ça pourrait être aussi un déménagement, a-t-il indiqué. Tout le monde est intrigué par ce qui se passe à Montréal. Je n’ai aucun doute que cette ville a l’économie nécessaire pour faire fonctionner une équipe de baseball. Il y a un bel intérêt même si le projet est encore au stade exploratoire.»

Superbe saison

Dans un autre ordre d’idées, les Twins sont engagés dans une lutte impitoyable avec les Indians de Cleveland pour le championnat de la section Centrale de la Ligue américaine. Au moment d’écrire ces lignes, les Twins avaient un demi-match d’avance sur leurs rivaux.

«Lorsque tu te retrouves dans une telle course et que tu vois les succès de ta formation, c’est sûr que tu te mets à rêver à une possible participation à la Série mondiale», a mentionné St. Peter. Par contre, comme on le sait, une saison de baseball est un long marathon.

«Il faut garder les deux pieds bien ancrés au sol, et on y va un match à la fois. C’est un long processus.»

* Avec une population de 5,6 millions d’habitants, l’état du Minnesota est en mesure de faire vivre des équipes du baseball majeur, de la NBA, de la NFL et de la LNH. Dans leurs promotions, ces organisations n’hésitent pas à s’entraider. Un beau modèle. « C’est sûr qu’il existe une certaine compétition entre nos organisations. Toutefois, on est toutes condamnées à gagner pour avoir du succès aux guichets », a précisé St. Peter.