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Coupe Rogers 2020

«Il n'y a pas de limite avec son potentiel» - Sylvain Bruneau

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Bianca Andreescu n’avait pas joué un seul match depuis le tournoi de Roland-Garros à la fin du mois de mai. À son retour sur le court, la Canadienne de 19 ans a gagné un deuxième tournoi d’importance depuis le début de l’année en ajoutant le titre de la Coupe Rogers après celui d’Indian Wells.

Sylvain Bruneau, l’entraîneur d’Andreescu, a interrompu ses festivités à Toronto pour parler de son athlète d’exception.

«Honnêtement, c’est un peu surprenant, a dit Bruneau en entrevue téléphonique au "Journal de Montréal". Je dirais même que c’est phénoménal quand tu regardes sa progression. Elle a déjà remporté deux gros tournois même si elle a fait face à des blessures cette année.»

«Elle s’est absentée pendant de longues semaines. Elle est revenue au jeu et elle gagne à la Coupe Rogers malgré très peu de préparation. Il y avait aussi beaucoup de pression de jouer à la maison. Ça peut parfois être un avantage, mais aussi un désavantage. C’est remarquable ce qu’elle vient d’accomplir.»

Des émotions mitigées

En finale, Andreescu n’a pas eu à jouer un match marathon comme elle l’avait fait lors des tours précédents. Après seulement 19 minutes, Serena Williams a abandonné en raison de spasmes au dos.

«Bianca avait des émotions mitigées après le match, a reconnu Bruneau. Elle me disait avant le match qu’elle avait eu des sensations incroyables en finale à Indian Wells. Elle avait battu Angelique Kerber après une bataille de trois manches. Mais elle s’attendait à des sensations encore plus grandes puisqu’elle jouait à la maison à Toronto contre Serena.»

«Elle s’était battue pendant plus de deux heures contre Kerber et elle avait gagné la troisième manche 6 à 4. Contre Serena, c’était bien différent. Elle n’a joué que quelques jeux (quatre). Le sentiment n’est pas le même quand ta rivale abandonne. Même moi, j’étais déçu quand j’ai vu que Serena s’assoyait à 3-1 en première manche. J’espérais qu’elle demande la présence du physiothérapeute. Je trouvais ça bizarre que ça survienne avant un changement de côté.»

«Je sentais que Bianca était prête à jouer un vrai match et je croyais en ses chances de gagner contre Serena. Je suis heureux de la victoire, mais j’aurais voulu la voir jouer un match au complet.»

Un potentiel illimité

À pareille date l’an dernier, Andreescu figurait au 208e rang mondial. Après sa victoire à la Coupe Rogers, une première pour une Canadienne depuis 1969 avec Faye Urban, l’Ontarienne grimpera au 14e échelon. Parmi les 20 premières raquettes mondiales, elle est la plus jeune du groupe à 19 ans et des poussières.

Aux yeux de son entraîneur, il ne s’agit que du début.

«Il n’y a pas de limite avec son potentiel et pour son classement, a répondu Bruneau. Bianca pourrait être top dix, top cinq et même première au monde. Ce sont des objectifs qui sont réalisables. À condition qu’elle reste en santé et qu’elle s’investisse à fond dans sa carrière.»

«Elle a un jeu complet, elle peut faire un paquet de choses sur le terrain. Ce qui la différencie des autres joueuses sur le circuit, c’est qu’elle a un tennis très créatif et très physique. Nous devrons faire très attention avec sa programmation et faire de bons choix. Nous avons eu l’avantage en début de saison de jouer plusieurs matchs et de construire une confiance. Mais après plusieurs matchs, il y a eu plusieurs blessures.»