Coupe Rogers 2020

Medvedev bat son grand ami

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Ils ont grandi à Moscou en Russie. Ils ont tous les deux 23 ans. Ils mesurent tous les deux 6 pi 6 po. Ils se suivent au classement de l’ATP avec les 8e et 9e rangs.

Mais il y a beaucoup plus que des chiffres. Daniil Medvedev et Karen Khachanov sont amis depuis l’âge de 12 ans. Ils ont voyagé un peu partout avec des raquettes dans leurs valises.

Le temps d’une journée, les deux Russes devaient placer leur amitié sur la glace avec une confrontation en demi-finales à la Coupe Rogers. Medvedev a gagné le duel contre Khachanov en deux manches de 6 à 1 et 7 à 6 (6). En 83 minutes, il a obtenu son billet pour la finale.

Dans un français toujours impeccable, Medvedev a expliqué qu’il a bloqué ses souvenirs d’enfance en rentrant sur le court central.

«Non, je n’ai pas pensé à quand nous étions jeunes, a-t-il dit en souriant. Mais c’était un match unique pour nous deux. Après le match, j’ai compris qu’il y avait le premier rang à l’enjeu en Russie. C’était un gros match avec des enjeux importants.»

Une vieille rivalité

Avec sa victoire à Montréal, Medvedev est maintenant assuré de s’installer au 8e rang mondial, un échelon devant Khachanov. Depuis des années, les deux amis se battent pour savoir qui est le meilleur des deux.

«Jusqu’à 14 ans, j’étais meilleur que Karen, a expliqué Medvedev. Je n’étais pas le meilleur joueur en Russie, mais Karen était un peu plus mauvais que moi. J’étais 2e ou 3e et il devait être 6e ou 7e de notre pays. Après nos 14 ans, plus vers 15 et 16 ans, Karen a commencé à vraiment bien jouer. Il est devenu le premier joueur en Russie avec Andrey Rublev (70e au monde aujourd’hui). Moi, j’étais un peu après eux. Maintenant, je vous laisse décider qui est le meilleur joueur entre nous.»

Des styles différents

À la veille de ce choc entre deux représentants de la Russie, Khachanov avait dit qu’il redoutait ce match.

«Ce n’est jamais facile de jouer contre un ami, mais encore plus un joueur qui provient du même pays, avait souligné le tombeur de Félix Auger-Aliassime au troisième tour. Nous avons grandi ensemble. Nous jouons des tournois depuis l’âge de 12 ou 14 ans. Nous nous connaissons très bien.»

«Honnêtement, ce qui est drôle c’est que nous ne nous exerçons pratiquement jamais ensemble, avait poursuivi Khachanov. J’ai un style complètement différent de celui de Daniil. Cette année, nous ne nous sommes réellement pas entraînés ensemble. Une fois à Sofia en Bulgarie, mais aussi à Washington la semaine dernière. Nous étions arrivés au tournoi en même temps et c’était un entraînement très léger. La plupart du temps, je m’entraîne avec Rublev.»

Avec Medvedev et Khachanov, la Russie a deux joueurs au sein du top-10 mondial, une première depuis Mikhail Youzhny et Nikolay Davydenko au mois d’octobre 2010. «C’est bien comme réalisation, mais c’est déjà arrivé, a rappelé Khachanov. Il y a toujours de grandes attentes en Russie. Quand tu obtiens du succès, les gens s’attendent à de longs parcours lors des tournois du Grand Chelem.»

Dans quelques mois ou quelques années, le tennis canadien aimerait bien voir deux ou même trois de ses joueurs dans le top 10. Auger-Aliassime, Denis Shapovalov et Milos Raonic pourraient y parvenir.