Crédit : Le Journal de Montreal

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Expos : Kevin Malone toujours hanté par la grève 25 ans plus tard

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La grève de 1994 dans le baseball majeur n’est pas seulement un épisode noir pour les anciens partisans des Expos de Montréal, mais aussi pour le directeur général de l’époque, Kevin Malone.

«Quand j’y repense, je ressens encore un pincement à l’estomac, un sentiment de vide, comme si j’allais être malade», a raconté Malone au quotidien «Los Angeles Times» dimanche, dans le cadre du 25e anniversaire du fameux arrêt de travail qui a possiblement coûté un titre de la Série mondiale aux Expos.

«Ce n’est pas aussi intense qu’il y a 25 ans, a poursuivi Malone, mais c’est encore présent. C’est un peu comme une cicatrice qui refuse de disparaître. En la touchant, je me souviens de certaines choses de cette saison.»

Les équipes du baseball majeur ont disputé leurs derniers matchs de la campagne de 1994 le 11 août. À ce moment-là, les Expos affichaient un rendement de 74-40, la meilleure fiche dans tout le baseball majeur.

Équipe complète

Si rien n’est garanti en séries, la troupe montréalaise, menée par des joueurs comme Larry Walker, Moises Alou, Marquis Grissom, Ken Hill et un jeune Pedro Martinez, semblait se diriger à tout le moins vers un beau parcours éliminatoire.

«Nous pouvions frapper des circuits et compter des points, s’est souvenu Malone. Nous étions athlétiques, solides défensivement et nous avions de bons lanceurs. Nous avions beaucoup d’armes différentes et nous pouvions gagner de plusieurs manières.»

«Nous étions sur une bonne séquence, a-t-il ajouté. Nous avons gagné plusieurs parties et nous nous sentions parfois invincibles. De plus, nous jouions comme si nous avions quelque chose à prouver, car les joueurs n’avaient pas de gros salaires et nous venions d’un petit marché au Canada.»

La déception

Après le dernier match de la saison, une défaite de 4 à 0 contre les Pirates, à Pittsburgh, Malone est allé rencontrer ses joueurs dans le vestiaire.

«Je suis allé leur dire que tout indiquait que les joueurs allaient déclencher la grève, a raconté l’ancien DG. Dans leur visage, on pouvait voir qu’ils se disaient "Oh non, ce n’est pas sérieux". Je me sentais comme si on m’avait frappé dans le ventre. Toutefois, je pensais qu’une entente serait conclue et que la grève ne durerait que quelques semaines.»

Ce n’est malheureusement pas ce qui est arrivé et le reste de la campagne a été annulé.

Incapables de payer leurs joueurs vedettes, les Expos ont ensuite laissé partir Walker, Hill, Grissom et John Wetteland.

«J’ai dit à Claude [Brochu, le propriétaire majoritaire de l’époque], "essayons de dépenser 12 millions $ pour garder deux de ces gars et continuer sur notre lancée", a dit Malone. La réponse a été négative. Nous n’avions pas assez de revenus. C’est à ce moment que j’ai réalisé que c’était le début de la fin pour l’organisation et pour mon passage à Montréal.»

Malone a remis sa démission après la saison 2015.

«Nous générions tellement d’intérêt en 1994. Le nombre de commanditaires et les ventes de billets de saison étaient en hausse, a affirmé Malone. Nous aurions peut-être eu un nouveau contrat de télévision et de nouveaux revenus qui nous auraient permis de garder deux ou trois joueurs.»

«Je crois que la grève a sonné le glas du baseball à Montréal. J’aurais aimé finir ce que nous avions commencé.»