Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Tennis

Coupe Rogers 2020: un bras de fer financier à prévoir?

Publié | Mis à jour

La cuvée 2019 de la Coupe Rogers prendra fin dans les prochaines heures. Pour Eugène Lapierre, il est déjà temps de penser à l’édition 2020 de son tournoi. Et ça inclut un possible bras de fer avec ses partenaires des Masters 1000 avec l’association des joueurs de l’ATP dans les prochaines semaines.

Encore une fois, le nerf de cette guerre, qui se dessine entre le comité des tournois de l’ATP et celui des joueurs, est l’argent.

D’un côté, les joueurs aimeraient empocher des bourses plus importantes au cours des prochaines années. Et de l’autre, les directeurs de tournois Masters 1000, dont fait partie la Coupe Rogers, ne sont pas prêts à accorder des augmentations qui mettraient leurs événements dans une position inconfortable.

Les deux clans vont faire des recommandations au conseil d’administration de l’ATP qui tranchera dans les prochaines semaines. Il y a eu des réunions à Wimbledon où tous les bonzes et les joueurs de l’ATP étaient réunis. Il y en a d’autres qui sont prévues à New York à l’occasion des Internationaux des États-Unis.

«Je ne suis pas vraiment inquiet face à ces négociations, a indiqué Eugène Lapierre lors d’une entrevue avec le Journal de Montréal dans son bureau de Tennis Canada. Au cours des quatre dernières années, on devait augmenter le montant de nos bourses de 14 % à chaque édition.»

«J’aimerais beaucoup qu’on s’entende pour une formule similaire à celle de la WTA. On envoie nos chiffres. S’il y a de la croissance, on augmente nos bourses. Toutefois, les joueurs veulent seulement se fier à nos revenus sans regarder nos dépenses.»

L’ATP n’a pas voulu commenter la situation. Elle pourrait le faire seulement après le prochain tournoi du Grand Chelem.

Une menace

Les directeurs des Masters 1000 vont déposer une offre globale. Les promoteurs se croisent les doigts pour qu’elle soit suffisante pour satisfaire les athlètes. Ça serait surprenant qu’elle le soit selon Lapierre.

«Qui est capable de supporter des hausses annuelles de 14 % ? Novak Djokovic a déjà dit que si on n’était pas capables d’assumer ces hausses, il connaissait des endroits où ils pourraient le faire.»

Le premier joueur mondial fait référence aux pays du Moyen-Orient et de l’Asie. À ces endroits du globe, plusieurs personnes très fortunées ne lésinent pas sur les moyens pour attirer des événements majeurs dans leurs pays.

Par exemple, on a appris dans les derniers jours qu’un homme d’affaires de l’Arabie saoudite avait payé 40 millions $ au promoteur de boxe Eddie Hearn afin qu’il présente le combat revanche entre Anthony Joshua et Andy Ruiz fils à Diriyah.

On peut penser qu’il serait prêt à offrir un pont d’or aux joueurs de l’ATP afin d’organiser un deuxième tournoi dans cette région avec celui de Dubai.

Les programmes pourraient écoper

Les tournois engrangent des profits assez intéressants. Pour la Coupe Rogers, c’est environ 16 millions $ par année. Cette somme est investie dans les programmes de développement de Tennis Canada.

Quelles seraient les conséquences d’une augmentation similaire à celle des dernières années pour les tournois de Montréal et de Toronto ?

«On est capables de suivre la parade, mais ça va coûter cher aux jeunes, a expliqué Eugène Lapierre. Nos profits sont remis aux programmes dans les écoles et à ceux du Centre national.»

«C’est le développement du sport au Québec et au Canada qui en souffrirait.»

Le débat du toit est relancé

La pluie a encore compliqué la vie des organisateurs de la Coupe Rogers au point de remettre un match quart de finale à samedi après-midi. Une situation qui a eu un impact direct sur l’annulation de la demi-finale en soirée. Est-ce que la présence d’un toit aurait permis d’éviter cette déception aux amateurs qui s’étaient déplacés pour assister aux prouesses de Rafael Nadal ?

«Si Gaël Monfils avait pu jouer son match de quarts hier soir (vendredi), il n’aurait pas eu à faire un marathon aujourd’hui, a mentionné le directeur de la Coupe Rogers, Eugène Lapierre, lors d’un point de presse. Ça arrive pratiquement chaque année.»

«On peut tirer les conclusions naturelles par rapport à la présence d’un toit.»

Depuis le début du tournoi, la Coupe Rogers avait été relativement épargnée par le mauvais temps. Toutefois, vendredi soir, les orages ont forcé les organisateurs à repousser le duel de quart de finale jusqu’à 15 heures à la suite de quelques averses importantes.

La présence d’un toit aurait pu permettre aux matchs importants de se dérouler comme prévu et aux organisateurs d’épargner plusieurs centaines de milliers de dollars.

Et ça, Lapierre en est conscient pour l’avenir de son tournoi. On ne sait pas quand, mais il est possible que la présence d’un toit rétractable devienne la norme pour les tournois Masters 1000. Pour le moment, ceux de Madrid et de Shanghai sont les seuls des neuf événements de ce calibre à en posséder un.

Avec les changements climatiques, il ne faudrait pas se surprendre que les autres villes emboîtent le pas dans un avenir plus ou moins rapproché. Les directeurs du tournoi savent qu’ils doivent garantir le spectacle avec les nombreuses plateformes de diffusion.

Shapo perd en double

Denis Shapovalov et son partenaire Rohan Bopanna ont vu leur beau parcours à la Coupe Rogers prendre fin, samedi. Ils se sont inclinés 7-6 (7) et 7-6 (3) devant les Néerlandais Robin Haase et Wesley Koolhof.

La paire indo-canadienne s’est bien battue, mais ses adversaires ont été plus opportunistes dans les moments-clés. Malgré tout, les nombreux amateurs qui étaient présents dans les gradins du court Banque Nationale ont eu droit à plusieurs échanges excitants.

Fait à noter, il a été impossible de recueillir les commentaires de Shapovalov après sa défaite en double. Les responsables de l’ATP ont décidé de décliner notre demande d’entrevue. Assez particulier qu’un joueur canadien ne soit pas disponible pour une entrevue alors qu’il dispute un match important dans son propre pays.