SPO-Entrevue avec Félix Auger-Aliassime á la Coupe Rogers

Coupe Rogers 2019

Mission accomplie pour Félix Auger-Aliassime

Publié | Mis à jour

MONTRÉAL - Même s’il affichait une belle confiance à l’aube du tournoi, Félix Auger-Aliassime appréhendait sa première présence au tournoi montréalais de la Coupe Rogers. Ce ne sont pas tous les athlètes qui sont capables de gérer une telle pression sur leurs épaules. Même s’il n’a pas eu le dénouement qu’il souhaitait, il peut dire mission accomplie.

À compter du moment où il a mis le pied à Montréal, les projecteurs ont été braqués sur lui. Avec les absences de Novak Djokovic et de Roger Federer, c’était encore plus prévisible.

Auger-Aliassime possède des nerfs d’acier malgré ses 19 ans. C’est rare qu’il laisse transparaître ses émotions sur le terrain. Bien sûr, elles sortent à l’occasion lorsqu’il connaît un passage à vide durant un match. On l’a constaté pendant la deuxième manche de sa rencontre contre Karen Khachanov.

Ça fait partie du bagage d’expérience qu’il est en train d’acquérir pour devenir l’un des prochains joueurs du top 3 mondial. Bientôt, on ne verra plus les gestes de frustration auxquels on a assisté jeudi.

Des hauts et des bas

Comme tous les joueurs de son âge, l’athlète québécois est à la recherche de cette constance qui trace la ligne entre les joueurs de l’élite et les autres. Auger-Aliassime a connu plusieurs séquences où l’on a vu son immense potentiel.

Puis, dans d’autres, ce fut plus ardu. Son service fait partie des aspects de son jeu qu’il doit peaufiner. Il en est bien conscient. Lorsqu’il a rencontré les médias après son revers contre Khachanov, il ne s’est pas caché la tête dans le sable. C’est l’une des qualités des grands athlètes.

Jeudi, il a commis 12 doubles fautes où le vent a tourbillonné sur le central durant la rencontre. Son comportement a été impressionnant. Malgré ses difficultés au service, il n’a jamais perdu sa concentration.

«Je suis demeuré calme devant ma situation [les doubles fautes et le vent]. Je me disais que si c’était difficile pour moi, c’était la même chose pour lui, a expliqué Auger-Aliassime. Dans les moments-clés, j’ai été capable de bien servir. Ça m’a donné une chance de gagner.»

«Par contre, je connais des difficultés avec ma deuxième balle. C’est sûr que je dois corriger le tir. Je vais continuer de travailler là-dessus et faire mieux la prochaine fois.»

Il est tout de même parvenu à batailler jusqu’à la fin malgré ses embûches au service. Ça en dit long sur la qualité de son jeu lors des échanges. Auger-Aliassime a raison de dire qu’il y a beaucoup de positif à retirer de ses quatre matchs à Montréal.

La fameuse pression

En faisant le bilan de son tournoi, Auger-Aliassime a reconnu que la pression avait été un facteur important durant la semaine. Il voulait bien jouer et, en même temps, donner un bon spectacle aux milliers d’amateurs qui voulaient le voir en action sur le central.

«J’ai appris à mieux me connaître. J’ai beaucoup appris», a mentionné le Québécois.

On ne peut pas comparer la pression d’un tournoi du Grand Chelem à celui de Montréal. Toutefois, on peut penser que c’est la première fois que le jeune prodige ressentait autant de pression du début à la fin d’un tournoi.

C’est une leçon importante qu’il a apprise cette semaine. Ça va lui servir jusqu’à la fin de sa carrière. Ses propos illustrent bien le cheminement qu’il doit parcourir jusqu’au sommet.

Félix Auger-Aliassime veut devenir le meilleur joueur sur la planète un jour. Il s’entraîne, joue et pense en fonction de cet objectif. Les ingrédients sont là. Il faut simplement que les pièces du casse-tête tombent en place.