Jean Pascal

Photo : Jean Pascal Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Boxe

«Je ne pensais pas qu’il allait gagner»

«Je ne pensais pas qu’il allait gagner»

Nancy Audet

Publié 08 août
Mis à jour 08 août

Samedi soir, Marc Ramsay s’est installé pour regarder le duel opposant Jean Pascal à Marcus Browne. C’est rare qu’il regarde les combats de son ancien protégé. Il ne le cache pas, il «aime moins ça. Il y a une certaine inquiétude». Comme bien des gens qui gravitent dans le milieu de la boxe, il a peur que Pascal se blesse. Il a peur que toutes les guerres qu’il a disputées finissent par le rattraper.

Mais il était surtout devant la télé pour regarder Browne. Deux de ses boxeurs sont dans la même catégorie et ils pourraient un jour devoir lui faire face. Je parle bien sûr d’Artur Beterbiev et d’Eleider Alvarez. Ramsay faisait donc ses devoirs. «Mais c’est certain que regarder Jean, ce n’est pas comme regarder un autre combat», avoue-t-il.

Il a été très surpris qu’il mette la main sur la victoire. «Je ne pensais pas qu’il allait le faire. Il a une fois de plus montré qu’il a des couilles et une persévérance qui le rend dangereux. Techniquement, il n’est pas à point, mais il a un menton pour passer à travers ce genre de guerre.»

Ramsay est heureux pour son ancien protégé. Après tout, ils ont travaillé ensemble durant plus de 15 ans. C’est avec lui que Pascal est devenu champion du monde pour la première fois en 2009. Ils ont accompli de grandes choses ensemble. L’entraîneur pourrait écrire un livre tellement il a d’anecdotes à raconter sur leur parcours ensemble autant chez les amateurs que chez les professionnels. «J’ai fait un long bout avec lui. Si je suis entraîneur, c’est un peu grâce à lui. Il a été le premier à me faire confiance.»

Visiblement, Pascal en a encore dans le réservoir. Il a fait mentir beaucoup de monde en remportant ce duel contre Browne. Son entraîneur, Stéphan Larouche, ne pourrait pas être plus fier. «Qu’il ait été négligé à 23 contre 1 et à 15 contre 1 sur d’autres sites... il a presque réussi l’impossible. C’est dans les tops de ma carrière. »

Mais comment a-t-il réussi à faire taire les sceptiques? Larouche a insisté beaucoup sur le fait qu’il vit maintenant une vie d’athlète et que son style de vie des derniers temps a été bon.

Pascal s’est-il assagi? Lui-même avoue qu’il n’a presque pas célébré sa victoire. «Je me fais vieux!», dit-il en rigolant. Après sa cuisante défaite face à Dmitry Bivol en novembre, il a vite retrouvé le chemin du gymnase et il ne l’a pas quitté. Son camp d’entraînement de six semaines loin de tout a été payant. Il lui a donné la confiance nécessaire pour réussir l’impossible. Battre un boxeur plus jeune, invaincu et plus talentueux que lui.

Qu’est-ce qui l’attend maintenant? Le nouveau champion intérimaire WBA des mi-lourds espère défendre son titre avant Noël. Sur sa liste, une revanche contre Browne, un duel contre Badou Jack ou encore une revanche contre Ahmed Elbiali.

Mon petit doigt me dit qu’il va se diriger vers le Suédois de 35 ans. Ce combat fait une tonne de sens. Je suis certaine que PBC et Al Haymon aimeraient organiser ce duel. Browne n’aura qu’à affronter le gagnant. Encore une fois, Pascal ne sera pas le favori. Jack possède un style compliqué. Une petite version de Bernard Hopkins. «Le défi sera plus technique que physique», me dit Marc Ramsay.

Dossier Oscar Rivas

Par ailleurs, le dossier Oscar Rivas ne sent pas bon. On se rappelle que son dernier adversaire, Dillian Whyte, a échoué à un test antidopage. C’est l’agence antidopage UKAD qui a obtenu les échantillons en question le 17 juin dernier.

Le problème est que l’agence n’a jusqu’à ce jour jamais confirmé cette information publiée dans plusieurs médias. Le clan Rivas n’a rien reçu. Pas plus de nouvelle de l’échantillon B.

De son côté, l’agence VADA mandatée par les deux boxeurs pour effectuer les contrôles antidopage durant le camp d’entraînement a laissé entendre que tous les contrôles étaient négatifs.

Rivas et son équipe ont engagé des avocats et ils n’écartent pas la possibilité de poursuivre Whyte, son promoteur et l’UKAD. Pour l’instant, le poids lourd se trouve en vacances en Colombie et il n’a aucune idée de ce que l’avenir lui réserve.