Rogers Cup Montreal - Day 6

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Tennis

Le français plus vivant que jamais chez les joueurs de l’ATP

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Daniil Medvedev fait répéter une question. Il n’a pas compris un mot. Un responsable francophone de l’ATP lui explique que «foule» est un synonyme de public.

La conférence de presse se déroule entièrement en français. Et c’est avec un joueur né à Moscou en Russie. Cette scène n’a rien de surréaliste dans l’univers du tennis.

Après son match de premier tour, Denis Shapovalov répétait son intention de s’améliorer en français dans l’espoir d’offrir des entrevues dans les deux langues officielles de son pays.

À Roland-Garros, l’Espagnol Rafael Nadal et le Serbe Novak Djokovic s’expriment également en français au public parisien. Le rayonnement de la langue de Molière passe aussi par le Suisse Roger Federer, l’autre membre des trois ténors.

De tous les pays, la France est la mieux représentée avec 11 joueurs parmi le top 100.

Bref, la langue de chez nous, comme écrivait Yves Duteil, est bien vivante dans les cercles de l’ATP.

On revient maintenant à Medvedev. Il a appris le français à 17 ans quand il a choisi de déménager en France pour s’entraîner avec Gilles Cervara. Aujourd’hui âgé de 23 ans, il réside maintenant à Monte-Carlo. Un bon choix pour la langue, mais aussi pour la fiscalité...

Le neuvième joueur au monde est donc trilingue parlant russe, français et anglais.

«Au départ, c’était l’influence de mes parents pour apprendre le français, a-t-il expliqué. Ils m’ont dit : ‘‘tu y vas et tu apprends le français’’. Je cherchais à avoir la base. Je connaissais de petites choses comme ‘‘je suis’’ et ‘‘tu es’’, mais c’était très peu.»

«À mon arrivée en France, je pouvais déjà comprendre un peu. J’avais une base. J’ai ensuite accéléré mon apprentissage en parlant avec mon entraîneur et des coéquipiers sur le circuit qui me parlaient uniquement en français. Maintenant, je parle français.»

Une présence en quarts

À la Coupe Rogers, le Russe de 23 ans a atteint les quarts de finale où il affrontera l’Autrichien Dominic Thiem, deuxième tête de série et quatrième joueur au monde.

Finaliste la semaine dernière à Washington, Medvedev a battu le Britannique Kyle Edmund et le Chilien Cristian Garin depuis le début du tournoi à Montréal. Même s’il n’a toujours pas foulé le court central, Medvedev a charmé le public montréalais.

«Après mes matchs, les partisans sont heureux de m’entendre parler en français, a-t-il mentionné. Ça me rapproche d’eux. C’est comme si j’étais un des leurs. Je trouve ça marrant.»

Nadal a souvent répété son amour pour Montréal. C’est la même chose pour plusieurs joueurs de tennis. En début de semaine, Edmund (33e au monde) avait confié au Journal que le tournoi de la Coupe Rogers à Montréal se rapprochait de l’ambiance d’un tournoi majeur.

Digne d’un Grand Chelem

Medvedev a corroboré les dires d’Edmund.

«L’ambiance est vraiment magnifique, a noté le Russe. Quand on parle des partisans, c’est vrai que ça ressemble à un tournoi du Grand Chelem. Nous avons notre voiturette pour nos entraînements ou nos matchs et nous ne pouvons pratiquement pas passer en raison des nombreux partisans. J’étais surpris de voir ça dès les premiers jours du tournoi.»

«Le lundi et le mardi, les gens travaillent et il y a généralement moins de monde, a-t-il poursuivi. Mais c’était déjà rempli ici à Montréal. C’est encore mieux le soir. Je trouve ça génial. Pour mes deux matchs, il y avait aussi beaucoup de gens dans les gradins même si je ne jouais pas sur le central. J’ai aussi aimé le respect des partisans, ils encourageaient les deux joueurs.»

♦ Jeudi, Daniil Medvedev a vaincu Cristian Garin, 36e mondial, en deux manches identiques de 6-3 sur le court Banque Nationale.