Coupe Rogers 2020

Ce n'est qu'un au revoir pour Auger-Aliassime

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Les festivités entourant le 19e anniversaire de Félix Auger-Aliassime battaient leur plein sur le central. Toutefois, un des invités n’était pas enclin à participer à la fête: Karen Khachanov.

Jeudi après-midi, le Russe a mis fin aux espoirs des nombreux amateurs en l’emportant 6-7 (7), 7-5 et 6-3 contre Auger-Aliassime au troisième tour de la Coupe Rogers. Une belle bataille qui a été marquée par les difficultés au service du Québécois.

Mercredi, Auger-Aliassime avait mentionné que ça serait un duel compliqué contre Khachanov. Il avait vu juste. Le Russe a été un client très coriace. Il a prouvé que sa huitième place au classement de l’ATP n’est pas le fruit du hasard. Ses frappes sont lourdes, puissantes et précises.

Du gros tennis

«La défaite est décevante, a indiqué Félix Auger-Aliassime. J’ai fait face à des difficultés et je suis parvenu à en surmonter certaines.»

«Il y a eu des hauts et des bas. Je retire du positif de ces trois matchs et je vais continuer de construire sur ce que je dois améliorer. Le chemin doit continuer.»

Le Québécois a reconnu que son premier passage en sol montréalais n’avait pas été de tout repos.

«La pression était quand même énorme, a mentionné Auger-Aliassime. Je ne peux pas le cacher. Tout le monde en parle. C’est un gros tournoi pour moi.»

«À la fin, je veux bien jouer pour les amateurs et je ne veux pas les décevoir. Je veux bien faire. J’ai beaucoup grandi cette semaine. J’ai appris à me connaître un peu mieux encore. Ce fut une semaine enrichissante.»

Le festival du bris

La fin de sa première manche a été spectaculaire. Tirant de l’arrière 5-3, Auger-Aliassime est revenu de l’arrière avant d’avoir le dernier mot au bris d’égalité. Durant cette séquence, il a livré du tennis de très haut niveau.

Le Québécois s’est cependant tiré dans le pied trop souvent dans ce duel pour espérer l’emporter. Il a concédé sept bris de service à Khachanov et commis un total de 12 doubles fautes. C’est un aspect sur lequel il va continuer de travailler.

Il a eu de la difficulté à expliquer ce qui s’est passé lors de la deuxième manche où le match a basculé en faveur du Russe.

«Cette semaine, j’ai gagné la première manche à chacun de mes matchs, a analysé Auger-Aliassime. Lors des deuxièmes manches, j’ai eu des moments de doute. Je jouais bien, mais je n’étais pas en contrôle du duel.»

«Aujourd’hui, je n’arrive pas à analyser si c’est lui qui a bien joué ou si c’est moi qui a un peu baissé ma garde. J’ai connu des moments difficiles chaque fois que je menais. À la troisième manche, il a mieux joué que moi et j’ai eu de la difficulté à me remettre des événements de la deuxième manche.»

Auger-Aliassime prendra maintenant part au tournoi de Cincinnati. Il sera intéressant de voir s’il connaîtra une baisse de régime liée à toutes les émotions qu’il a vécues dans les derniers jours.

Une foule déchaînée

Lors de la première manche, la foule a été très bruyante et engagée. Tellement qu’elle a été réprimandée par l’arbitre du match, car certaines personnes criaient sur certaines balles frappées par le joueur local.

«Respectez les joueurs svp !», a lancé Mohamed Lahyani sur un ton qui n’entendait pas à rire. Il n’avait pas tort. L’ambiance était tellement endiablée qu’on se serait cru à une rencontre de la Coupe Davis.

«Je n’ai jamais entendu un stade crier comme ça, un son comme ça, une ambiance comme ça. C’était absolument incroyable. À 6-6 en première manche, j’ai serré le poing et la sensation s’est rendue jusque dans mes jambes. C’était la première fois que ça m’arrivait.»

Avant de quitter le terrain, Auger-Aliassime s’est fait chanter «bonne fête» par les amateurs du central. De plus, lors d’une vidéo diffusée sur les écrans géants, l’athlète de 19 ans a aussi reçu les voeux d’anniversaire de plusieurs joueurs de l’ATP.

Comme quoi, la vie continue et le tennis peut devenir secondaire pendant quelques minutes de la vie du jeune prodige.