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Un emploi de rêve pour Jean-Philippe Côté

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La réputation du Lightning de Tampa Bay de piger allègrement dans le bassin de talents québécois n’est plus à faire, tant sur la glace que pour son personnel hockey.

La filière vient de s’agrandir avec l’embauche de l’ancien défenseur Jean-Philippe Côté au poste de directeur du développement des joueurs, sa «job de rêve» dans le hockey.

TVA Sports l’a rencontré. Voyez le reportage de Stéphane Turcot dans la vidéo ci-dessus.

Les choses se bousculent rapidement pour celui qui a disputé 27 matchs dans la Ligue nationale de hockey (LNH) avec le Canadien de Montréal et le Lightning.

L’an dernier, grâce aux efforts de Jimmy Bonneau dans l’organisation des Sharks de San Jose, dans laquelle il avait passé les deux saisons précédentes comme recruteur professionnel, Côté s’était retrouvé à épier les jeunes espoirs du hockey junior québécois pour la formation californienne.

Aidé par le vénérable recruteur Gilles Côté, il a appris les rudiments du métier avant que les Sharks fassent appel à ses services pour leur département professionnel en milieu de campagne.

Du prestige

Un an plus tard, avec l’appui du directeur général Julien BriseBois, le Québécois de 37 ans prend les commandes d’un poste enviable dans une franchise de sport professionnel. Dans le cas du Lightning, cela sonne encore plus vrai considérant ses performances saisonnières de l’an dernier qui lui ont valu le trophée des Présidents grâce à 62 victoires, un record égalé, et 128 points. De tous les joueurs ayant endossé l’uniforme lors de cette saison magique, six provenaient de la Belle Province.

«Quand j’ai su que le poste était ouvert, je me disais qu’ils allaient peut-être me considérer. Il reste qu’il y a une marge entre être considéré et avoir la job. Je suis très heureux», a confié Côté lors d’une généreuse entrevue avec Le Journal dans les gradins du PEPS de l’Université Laval.

«Ça va vite, mais je me sens quand même super à l’aise dans cette position. C’est un poste de direction. Il faut que je l’assume et que j’agisse en tant que tel. Il faut que j’aie la prestance de quelqu’un qui sait où il s’en va.»

Côté estime que la dernière saison à se promener dans les arénas de la LHJMQ et de la LNH lui a servi de tremplin pour son nouvel emploi.

«Je suis convaincu que je n’aurais pas eu cette job-là sans avoir passé l’année à apprendre comment recruter et les détails de la job. Au-delà de ça, de travailler pour une organisation de la LNH, tu apprends beaucoup.»

Vieilles connaissances

À entendre ce natif de Charlesbourg et fils de l’ancien joueur des Nordiques Alain Côté, un tel emploi était construit sur mesure pour lui. Il s’est toujours plu à jouer un rôle de mentor auprès de ses coéquipiers du temps qu’il évoluait dans la Ligue américaine, les guidant pour atteindre l’étape supérieure.

Côté connaît d’ailleurs bien BriseBois puisque ce dernier travaillait avec le Canadien aux opérations hockey à ses débuts professionnels à Hamilton. Quelques années plus tard, en 2011-2012, le grand patron du Lightning lui avait offert un contrat avec le club-école de Norfolk lorsqu’il était adjoint au directeur général Steve Yzerman, ce qui a permis à Côté de retourner dans la grande ligue le temps de 19 rencontres la saison suivante.

«Je suis à l’aise et je suis instinctif à ce niveau, explique-t-il à propos de son nouveau chapeau. Je me suis préparé pendant 20 ans. Il y a des gars qui montaient dans la LNH et j’étais content pour eux au lieu d’être un peu fâché. J’ai toujours été un genre de point d’ancrage pour mes coéquipiers.

«Je n’étais pas le plus talentueux, mais j’ai peut-être eu une carrière aussi longue parce que j’aidais les autres gars à performer et à créer une meilleure ambiance dans la chambre, surtout en dehors de la glace. Je sais que Julien a vu ça de moi pendant que je jouais.»

Après les deux championnats éliminatoires de Côté dans les filiales dirigées par BriseBois, en 2007 et en 2012, la Coupe Stanley s’invite sur leur liste de priorités.

Des espoirs de qualité

Même si la dernière campagne a tourné au fiasco en séries pour le Lightning, son système de développement a fait ses preuves et Jean-Philippe Côté entend prôner la stabilité à ce niveau.

Il travaillera notamment en étroite collaboration avec les joueurs du Crunch de Syracuse dans la Ligue américaine et son trio d’entraîneurs québécois piloté par Benoît Groulx. Officiellement, Côté aura des comptes à rendre à l’adjoint du directeur général, Stacy Roest, son prédécesseur.

«Je sais à quoi m’attendre parce que j’ai fait partie de la famille pendant quatre ans et j’ai eu mon mot à dire un moment donné, ce qui avait été clairement apprécié [...] Julien voit clairement des opportunités de travailler avec des Québécois qui peuvent aider l’organisation, une formule qui a marché jusqu’à maintenant.»

Le directeur du développement des joueurs surveillera attentivement le jeu d’Alex Barré-Boulet qui a fini au sommet des buteurs (34) de l’antichambre de la LNH à sa première saison professionnelle, l’an passé.

«Je sais qu’à Tampa Bay, ça y va au mérite. Si tu le mérites, tu vas avoir ta chance. Alex a fait exactement ce qu’il avait à faire l’année passée. Je suis allé à Montréal et il a l’air de s’entraîner très fort. Les décisions me ne reviennent pas, mais il doit continuer à faire des pas en avant», a souligné Côté au sujet du patineur de Montmagny.

Si le développement de l’athlète lui a toujours tenu à cœur pendant sa carrière, il s’en est d’ailleurs inspiré pour créer le projet Fast Hockey, qui conçoit des exercices uniques pour aider les joueurs d’élite avec leur explosion et leur coordination.