Coupe Rogers 2019

Shapovalov et Raonic au 2e tour

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Denis Shapovalov a fait plaisir à la foule présente lundi soir au Stade IGA en remportant son match de premier tour de la Coupe Rogers en deux manches de 6-3 et 7-5 contre le Français Pierre-Hugues Herbert.

C’est à la Coupe Rogers de 2017 que Shapovalov avait lancé sa carrière avec une participation en demi-finales après des victoires contre Rafael Nadal et Juan Martin del Potro en cours de route.

Deux ans plus tard, l’Ontarien de 20 ans débarquait dans l’enceinte des anciens Expos avec le moral dans les talons. Il avait subi l’élimination dès le premier tour à ses quatre derniers tournois: Wimbledon, Londres, Stuttgart et Roland-Garros.

On craignait une confiance fragilisée pour son affrontement contre le Français Pierre-Hugues Herbert, 40e raquette mondiale. Il s’est toutefois nourri de l’énergie de la foule pour redevenir lui-même. Il a passé son test au premier tour en défaisant Herbert en deux manches de 6 à 3 et 7 à 5. Il a ainsi remporté un premier match depuis le tournoi de Lyon en France au mois de mai.

Dans l’univers du tennis, ça faisait donc une éternité qu’il n’avait pas connu ce sentiment de réjouissance.

«J’avais besoin d’un nouveau départ, je revenais d’une pause de deux semaines et j’étais dans un bon état d’esprit, a dit Shapovalov. J’ai tellement eu de plaisir. Je réalise toujours un rêve quand je joue sur le court central à Montréal. J’avais hâte à ce tournoi, j’aime cette foule. Ça me rappelle de beaux moments. C’est pour vivre un tel moment que j’ai choisi de prendre une raquette dans mes mains comme enfant.»

Son revers des beaux jours

Sans connaître une rencontre parfaite, Shapovalov s’est servi de son puissant revers à une main pour battre de vitesse Herbert à plusieurs reprises. Dès le troisième jeu de la première manche, il a brisé le service de son rival en peinturant la ligne blanche avec un revers en croisé. C’était un signe annonciateur d’une bonne soirée.

Efficace en retour de service, le gaucher a réussi quatre bris de service au total, dont un sur le dernier jeu du match. Herbert, quant à lui, a brisé une seule fois la jeune sensation canadienne. Il l’a fait dès le premier jeu de la deuxième manche, mais il a flanché à son retour au service pour revenir à égalité 1 à 1.

Au deuxième tour, Shapovalov n’aura pas la vie facile avec une confrontation contre l’Autrichien Dominic Thiem, quatrième au monde et deuxième tête de série à la Coupe Rogers. Thiem, qui a gagné trois tournois cette année dont celui d’Indian Wells, n’a jamais encore remporté un match au Canada (0-5).

Thiem se présentera toutefois sur le terrain sur une bonne lancée lui qui a signé une victoire la semaine dernière au tournoi de Kitzbühel en Autriche. Il s’agissait cependant d’une épreuve de deuxième ordre sur terre battue.

En français

À la fin de son match contre Herbert, Shapovalov a glissé quelques mots en français au grand bonheur de la foule. En conférence de presse, le jeune homme de 20 ans a réitéré son désir d’apprendre la langue de Molière.

«C’est une façon de redonner aux partisans, a-t-il expliqué en anglais. Le français est une langue magnifique. J’étais pratiquement bilingue dans ma jeunesse, j’ai fait des cours d’immersion française. Je faisais aussi plusieurs voyages et je me retrouvais souvent avec des Québécois. Ils parlaient en français, alors c’était bien pour moi.»

«Mais avec les années, j’ai perdu mon français. Quand tu vis à Toronto, tu n’as pas souvent la chance de parler en français. C’est dommage puisque j’aime vraiment cette belle langue. Après tout, je suis canadien et le Canada est un pays bilingue. Pour moi, nous devrions tous parler français et anglais. Ça fait partie de mes prochaines missions. Je veux me pratiquer pour redevenir capable de m’exprimer convenablement en français. J’ai le sentiment de recommencer à zéro. Les gens à Montréal sont tellement gentils avec moi, c’est une façon facile pour moi de montrer ma reconnaissance en conversant dans leur langue.»

Raonic a rendez-vous avec un autre Canadien

Milos Raonic a utilisé son arme de prédilection pour se débarrasser facilement de Lucas Pouille à son match de premier tour à la Coupe Rogers. Impérial avec son service, Raonic l’a emporté en deux manches identiques de 6 à 4, lundi.

Pouille n’avait pourtant rien d’un client facile. Classé au 30e rang mondial, le Français avait battu l’Ontarien lors de leur dernière confrontation, soit en quarts de finale aux Internationaux d’Australie en janvier dernier.

Raonic a toutefois joué un match intelligent avec des échanges de courtes durées et des bombes au service qui ont frustré son rival. Deux statistiques résument bien cette rencontre: 16 as et aucune balle de bris concédée.

En conférence de presse, Pouille a offert une analyse des plus lucides après son revers.

«Il n’y a pas plusieurs aspects à discuter de ce match puisqu’il n’y avait pratiquement pas d’échanges, a noté le Français de 25 ans. Ça manquait de rythme, les échanges se terminaient en deux ou trois coups seulement. Dans ce type de match, ça se joue sur le service et les retours. Ça devient très difficile quand il sert aussi bien. Il a gagné près de 70 % de ses points (69 %) sur ses premières balles. Je ne parvenais pas à bien le lire sur son service. En servant aussi bien, il avait moins de pression en retour de service.»

Raonic, 19e joueur au monde et 17e tête de série à ce tournoi, avait le sentiment du devoir accompli à sa sortie du court central.

«Le plus important restera toujours de gagner et de trouver des façons pour y arriver, a résumé le géant de 6 pi 5 po. Quand je peux bien jouer en plus, ça devient un bonus. Dans l’ensemble, je suis très heureux de mon premier match. J’ai dicté le rythme.»

Une première depuis 2013...

Depuis sa défaite en finale en 2013 à Montréal, Raonic avait fait de très courts passages au parc Jarry avec des éliminations d’entrée de jeu en 2015 et 2017. Ivo Karlovic et Adrian Mannarino lui avaient indiqué la porte de sortie dès le deuxième tour (il profitait d’un laissez-passer au premier tour).

«Ça ne me tracassait pas, a dit Raonic au sujet de sa première victoire en sol montréalais depuis 2013. Mais je connaissais cette statistique. J’ai une bonne mémoire pour mes rencontres. Je n’avais donc pas miraculeusement oublié ce fait avant de me présenter ici. Je suis heureux de mon match, j’avais un bon défi au premier tour contre Lucas. J’ai réussi à démarrer la machine pour ce tournoi.»

Un duel canadien

Au deuxième tour, Raonic affrontera assurément un compatriote. Il croisera sur son chemin le gagnant du duel entre Félix Auger-Aliassime et Vasek Pospisil.

Questionné à savoir s’il aurait préféré un coup du sort différent, l’ancien finaliste à Wimbledon en 2016 a offert une réponse intelligente.

«À mes débuts sur le circuit, c’était rare de voir des confrontations contre un autre joueur originaire du Canada, a-t-il répliqué. En 2013, j’avais affronté Vasek en demi-finale à Montréal. Avec six Canadiens dans le tableau principal en simple, ça devait arriver. Il y a plus de probabilités que dans le passé.»

Brayden Schnur tombe...

Le Canadien Brayden Schnur a subi l’élimination au premier tour de la Coupe Rogers, lundi à Montréal, s’inclinant en deux manches de 6-1 et 6-2 devant l’Américain Tommy Paul.

Face à la 128e raquette mondiale, Schnur a éprouvé des ennuis au service et particulièrement en deuxième balle. Il n’a remporté que 39 % des échanges en pareille situation.

Par ailleurs, il a fait face à huit balles de bris, ne résistant qu’à trois d’entre elles. Le dernier bris réalisé par Paul a d’ailleurs mis fin au match, après 65 minutes de jeu.

Paul affrontera au tour suivant l’Italien Fabio Fognini, septième tête de série, qui a obtenu un laissez-passer en première ronde. Les deux hommes ne se sont jamais affrontés auparavant.

Polansky aussi

Peter Polansky est quant à lui passé bien près de causer la surprise en fin de soirée, mais il s’est tout de même incliné en trois manches de 6-7 (4), 6-3 et 6-3 devant la 16e tête de série, le Français Gaël Monfils.

«Je m’étais déjà entraîné avec lui et je savais qu’il jouait très bien, a dit Monfils à propos de Polansky, après le match. À la maison, c’est toujours mieux. Il a fait des coups incroyables et il y avait une belle ambiance, ce qui l’a aidé.»

Auger-Aliassime et Pospisil s'inclinent en double

Félix Auger-Aliassime et son coéquipier Vasek Pospisil se sont inclinés en deux manches de 7-6 (7) et 7-5 face au duo français de Jérémy Chardy et Fabrice Martin, lundi après-midi, à la Coupe Rogers.

Pospisil est 439e en double au monde, tandis qu’Auger-Aliassime n’est pas classé. Les deux Canadiens s’affronteront au premier tour du tournoi en simple mardi.

Martin et Chardy sont respectivement 30e et 32e au classement de l’ATP et affronteront au deuxième tour le tandem composé d’Andy Murray et de son coéquipier Feliciano Lopez ou celui de Lukasz Kubot et Marcelo Melo. Les duos ont rendez-vous mardi.