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Impact

Impact: une défaite qui fait mal

Publié | Mis à jour

L’Impact de Montréal est retourné sur le terrain du Centre Nutrilait pour la première fois lundi matin, à la suite de la débâcle de 6 à 3 contre les Rapids du Colorado, samedi.

Rémi Garde a réuni ses hommes juste assez loin de la tribune des médias pour qu’on ne puisse pas entendre ce qu’il avait à leur dire, mais il leur a parlé pendant une bonne dizaine de minutes avant la séance de jogging.

Après l’entraînement, Garde n’a pas voulu revenir sur ce qu’il avait dit à ses hommes, se contentant de dire que c’était entre lui et eux.

«On a des droits quand on est joueur ou entraîneur, mais on a surtout des obligations, et là, on a l’obligation de réagir et de se comporter en professionnel, et pas uniquement cinq minutes dans un match, mais dans la vie de tous les jours, 24 heures sur 24», a-t-il vaguement expliqué.

Près de 48 heures après l’échec, Garde avait encore du mal à s’expliquer comment son équipe a pu battre l’Union de Philadelphie 4 à 0 une semaine plus tôt pour ensuite subir une correction contre la pire équipe de la Major League Soccer (MLS).

Déroutant

«C’est déroutant. On n’a pas su refaire le même match mentalement et individuellement. Il y a eu quelques défaillances, on n’a pas répondu présent comme on aurait dû.»

«J’en prends pour preuve notre défaillance sur les coups de pied arrêtés, c’est le baromètre de l’intensité que l’équipe veut mettre dans son jeu.»

Quatre des six buts des Rapids – cinq, si l’on inclut celui marqué sur un tir de pénalité de Kei Kamara – ont été inscrits sur des phases arrêtées.

Garde est aussi agacé par cette inconstance qui hante sa formation depuis plusieurs mois.

«C’est frustrant parce que ça veut dire que quand on commence un match, on ne sait pas ce qu’on va faire.»

Épuisant

De son côté, Daniel Lovitz admet que ce yoyo constant a de quoi épuiser tout le monde.

«C’est très difficile de vivre en montagnes russes comme ça, ça suce toute notre énergie. On a l’impression de se sortir d’un trou pour ensuite s’en creuser un qui semble encore plus profond.»

En contrôle

L’Impact n’a plus que neuf matchs à disputer cette saison et il occupe toujours le sixième rang de l’Association de l’Est avec 33 points. Le Revolution de la Nouvelle-Angleterre (33 points), le Toronto FC (32 points) et l’Orlando City SC (29 points) risquent toutefois de batailler jusqu’à la fin.

Les poursuivants du Bleu-Blanc-Noir ont toutefois un match de plus à disputer et l’on commence donc à entendre un discours qu’on a un peu trop souvent entendu depuis deux ans et surtout l’an dernier.

«Nous sommes encore dans le siège du conducteur et il reste une tonne de soccer à jouer, ça devrait nous donner de l’énergie», a insisté Daniel Lovitz, ajoutant qu’il ne faut pas chercher d’excuses.

«On peut parler beaucoup, mais il faut qu’on fasse le travail quand arrive le match et nous ne l’avons pas fait le week-end dernier.»

Séquence importante

L’Impact va disputer quatre matchs en onze jours entre mercredi soir et le samedi 17 août. On peut dire que c’est une séquence qui, sans être cruciale, est drôlement importante.

«Ce sont des occasions de plus d’obtenir des points, a résumé Daniel Lovitz. Il y a un changement de rythme avec le championnat canadien, mais c’est un mois important.»

«Je ne dis pas que c’est le mois où tout va se passer, mais nous allons avoir beaucoup de points à notre disposition.»

Une fois cette série de matchs terminée, le Bleu-Blanc-Noir jouera encore trois fois avant la fin du mois d’août.

Explications

Pour revenir au match de samedi au Colorado, de nombreux partisans ont eu du mal à comprendre pourquoi, à un certain moment, Rémi Garde a choisi de remplacer Nacho Piatti par Ken Krolicki, alors que l’équipe tirait de l’arrière 4 à 2 avec une vingtaine de minutes à jouer, laissant du même coup Anthony Jackson-Hamel sur le banc.

Garde a jugé, sans doute avec raison, qu’il valait mieux solidifier le milieu de terrain qui prenait drôlement l’eau, histoire d’éviter un naufrage encore plus grand.

«Quand je sors Nacho, le score est de 4 à 2 et je pense que l’équipe est plus près de sombrer et d’en prendre cinq, six ou sept, vu la configuration du match.»

«Sur le banc de touche, je voyais exactement ce qui se passait et j’avais l’impression qu’on était beaucoup plus près de sombrer que de revenir dans le match.»

Pas de conflit

Par ailleurs, Garde assure qu’il n’y a pas de conflit entre ses joueurs et lui et qu’il cherche même à éviter les confrontations, même si on a parfois l’impression qu’il boude certains joueurs, notamment Jackson-Hamel.

«Ce n’est pas du tout dans mon caractère de vouloir sanctionner quelqu’un sur des critères autres que sportifs.»

«Je travaille dans l’intérêt du club et je ne prends aucun plaisir à travailler dans le conflit et à me dire que je vais me payer la tête de quelqu’un simplement parce que j’ai envie de le faire, ce n’est pas du tout ma philosophie.»

Notons que des rumeurs circulent quant à un intérêt des Whitecaps de Vancouver pour l’attaquant de Québec qui a inscrit trois buts cette saison.