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Paul Fenton : les incidents qui ont mené au congédiement

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Sous Paul Fenton, l’environnement était devenu toxique chez le Wild du Minnesota. À un point tel que le propriétaire Craig Leipold a décidé de congédier son directeur général, mardi.

Dans un article du journaliste Michael Russo, du site The Athletic, des sources oeuvrant dans le milieu de la LNH ont relaté plusieurs épisodes à faire sourciller dans le giron, survenus dans les 14 mois pendant lesquels le DG déchu a été en poste.

Absentéisme fréquent, lacunes criantes en ce qui a trait au recrutement et décisions fréquemment remises en question par les hautes instances, il était évident que le Wild ne pouvait continuer sous le régime de Fenton.

Parmi les exemples cités, le dirigeant n’aurait pas fait ses devoirs avant d’échanger l’attaquant Nino Neiderreiter aux Hurricanes de la Caroline en retour de Victor Rask, qui n’a récolté que trois points en 23 matchs au Minnesota.

«Les Canes avaient prévu de racheter Rask à l’été et ils ont épié Niederreiter 10 fois au cours des semaines qui ont précédé la transaction, écrit le journaliste. Selon des sources, pas un seul éclaireur du Wild n’a été envoyé pour observer Rask en personne.»

Manipulé par les «Preds»

Autre transaction ne faisant pas l’unanimité au département du recrutement, c’est le transfert de Mikael Granlund vers les Predators de Nashville en retour de Kevin Fiala, qui «obsédait» Fenton. Il connaissait l’attaquant suisse, puisqu’il était au service de la formation du Tennessee avant sa nomination chez le Wild.

«(Le DG) David Poile savait qu'il l'avait dans sa poche et il a joué dans sa tête jusqu'à la date limite», a déclaré une source à Russo.

 «Fenton était fier de son coup un contre un, mais très rarement dans la LNH voit-on un talent comparable à celui de Granlund être échangé pour un joueur n’ayant rien prouvé et sans obtenir un autre actif en retour.»

Absentéisme

Les nombreuses absences de l’homme de 59 ans ont aussi fait jaser : il aurait séjourné pendant trois semaines à sa résidence de la Floride au mois de mars, il s’est rendu au défilé du Super Bowl à Boston pour célébrer la conquête des Patriots (il envoyait des vidéos des festivités aux employés, irrités), puis il est retourné dans le Massachusetts le lendemain de l’ouverture du marché des joueurs autonomes.

Par ailleurs, Fenton devenait quasi colérique lorsque des informations de l’interne se rendaient dans les médias. Le DG aurait été hors de lui dans l’avion de l’équipe lorsque The Athletic a avancé l’échange de Charlie Coyle aux Bruins de Boston. Il tenait fréquemment des rencontres avec son entourage afin d’identifier un coupable.

Il aurait aussi ordonné à ses joueurs de ne pas porter d’accessoires, comme des prothèses, pour laisser croire qu’ils étaient blessés devant les journalistes.

«À la fin, Leipold a décidé qu'il était temps de changer les choses. Le moment était peut-être étrange et tardif, mais beaucoup d’employés ont senti un poids de moins, mardi, avant que la situation ne s’aggrave», conclut Russo.