Lutte

Hommage à Harley Race, le «roi de la lutte»

Hommage à Harley Race, le «roi de la lutte»

Patric Laprade

Publié 02 août
Mis à jour 02 août

Harley Race était le prototype idéal d’un lutteur des années 1960 et 1970. À 6 pieds 1 pouce, 250 livres, il n’avait pas des abdos développés, mais il était fort et authentique. Un vrai bagarreur de rue, il n’avait peur de personne. Au contraire, les autres le craignaient. Tu ne voulais pas te ramasser dans une bagarre avec Race.

Malheureusement, comme bien d’autres de ses contemporains, Race a perdu sa dernière bagarre, alors qu’il est décédé hier, le 1er août, vers les 12 :50, à l’âge de 76 ans. Il était atteint d’un cancer du poumon.

Une carrière qui a failli ne pas en être une

Le plus incroyable avec Race, c’est qu’il a failli ne pas avoir de carrière du tout. Il était devenu fort en travaillant à la ferme. Mais pas n’importe laquelle : celle de l’ancien lutteur Stanislaus Zbyszko, qui fut l’un des grands lutteurs des années 1910 et 1920 – qui a d’ailleurs souvent lutté à Montréal. C’est donc dans cette ferme du Missouri, d’où vient Race, que ce dernier a aussi appris les rudiments de la lutte professionnelle.

En 1961, à l’âge de 18 ans, il a fait ses débuts, mais ce furent des débuts de très courte durée. En effet, Race et sa femme étaient en Iowa le soir de Noël lorsqu’ils ont eu un accident de voiture dans la nuit du 25 au 26 décembre 1961. Sa femme, enceinte de ce qui aurait été leur premier enfant, est décédée sur le coup, un mois jour pour jour après leur mariage. Race, de son côté, a presque perdu sa jambe droite, alors que les médecins songeaient à lui amputer. Il n'a fait un retour dans l’arène qu’en 1964, à Amarillo, Texas, pour la famille Funk.

C’est l’année suivante qu’il a vraiment fait une percée dans le milieu, alors qu’il a commencé à faire équipe avec Larry Hennig (père de Curt, grand-père de Curtis Axel) pour l’AWA de Verne Gagne. Ils étaient deux heels, qui ne tarissaient pas d’éloges pour eux-mêmes, se donnant les sobriquets de «Handsome» Harley Race et «Pretty Boy» Larry Hennig. Ce fut un fort succès. Mais au début des années 70, Race a finalement quitté la promotion du Midwest pour faire carrière en simple dans la NWA.

Champion de la NWA à 8 reprises

En 1973, la chicane était prise dans l’administration de la NWA. Dory Funk Jr. était le champion et devait perdre son titre face à Jack Brisco. Mais juste avant la date choisie, Funk se serait blessé, quelque chose qui sera toujours remis en doute par les historiens et lutteurs de l’époque. Semble-t-il que le paternel, Dory Sr., ne voulait pas que son fils perde face à Brisco. Toujours est-il que lorsque Funk fut prêt à revenir dans l’arène, les bonzes de la NWA ont décidé de l’opposer à Race, le 24 mai 1973, tout près de chez lui à Kansas City, Kansas. Race devait servir de champion de transition pour ensuite perdre le titre à Brisco. Peu importe la politicaillerie derrière, ce fut néanmoins le premier de huit règnes pour Race, à l’époque où le championnat poids lourd de la NWA était le titre le plus prestigieux dans le monde de la lutte. Le match avait même été voté le meilleur de l’année par le magazine spécialisé Pro Wrestling Illustrated.

Deux mois plus tard, il perdait le titre, tel que prévu, face à Brisco. Il a fallu attendre presque quatre autres années avant de revoir le titre autour de la taille de Race, alors qu’il a battu le frère de Dory Jr., Terry Funk, en février 1977 à Toronto, dans ce qui fut son plus long règne ininterrompu. Le 21 août 1979, Race perdait le titre contre Dusty Rhodes dans ce qui fut un autre match de l’année.

Race avait eu le temps de se bâtir une forte réputation dans le milieu. S’il y avait un problème, Harley était souvent appelé à la rescousse. À une époque où on aimait encore que le champion soit quelqu’un qui pouvait se défendre lui-même, afin de prévenir une situation où son adversaire voudrait lui en passer une vite et se battre pour vrai, Race était le modèle idéal.

Hulk Hogan c. Harley Race pour le titre unifié?

Le 10 juin 1983, Race remporte le titre pour une avant-dernière fois face à Ric Flair, à St. Louis, où Race était roi et maître. C’est pendant ce règne que Vince McMahon a décidé de faire une offre au champion. Sur le point d’agrandir son territoire, il voulait que Race quitte la NWA alors qu’il était encore champion pour ensuite, au début de l’année 1984, faire un match entre lui et Hulk Hogan afin de déterminer un champion unifié, quelque chose qui aurait eu une véritable valeur dans les années 80.

Race a poliment refusé. Il a préféré faire les frais de la finale du plus gros événement dans l’histoire de la lutte jusqu’à ce moment, le tour premier Starrcade, le 24 novembre 1983, alors que Ric Flair a défait Race pour regagner le titre dans un match de cage. L’événement présenté à Greensboro en Caroline du Nord est devenu légendaire. Il a attiré 15 447 amateurs sur place et 40 308 autres en circuit fermé. L’événement fut voté match de l’année, tant par le PWI que par le Wrestling Observer Newsletter.

Mais comme beaucoup d’autres lutteurs de l’époque, les chemins de McMahon et Race allaient se recroiser. En 1986, réalisant que la NWA perdait de la vapeur face à sa compétition, Race quitta l’organisation qui l’avait mis sur la mappe pour s’en aller avec la WWF.

Le roi de la lutte

La WWF a toujours eu une tendance à faire mal paraître les anciens champions de la NWA qu’elle embauchait. On n’a qu’à penser à Dusty Rhodes ou Ronnie Garvin. Pour Harley Race, on a voulu se moquer de lui en lui donnant le personnage du «king», le roi Harley Race, avec tout l’accoutrement nécessaire. Mais pour Race, c’était un compliment, lui qui se considérait comme le roi de la lutte, le meilleur lutteur à marcher sur terre. En anglais, il s’autoproclamait «the best wrestler on God’s green earth!», rien de moins. Mais âgé de 43 ans, il n’était plus le lutteur qu’il avait déjà été. Si vous n’avez connu que ces années-là, vous n’avez pas vu Race à son meilleur.

L’aventure avec la WWF fut de courte durée alors qu’en 1989, il quittait la compagnie et en 1990, il faisait un retour dans le giron de la NWA, maintenant sous la bannière de la WCW. Mais les blessures ont commencé à le ralentir et sa carrière active prit fin officiellement en 1993. Il a par la suite été utilisé comme gérant, entre autres de Vader, avant d’ouvrir sa propre promotion de lutte, la World League Wrestling, au Missouri, qui se voulait surtout un centre d’entraînement et de perfectionnement. Ce n’était pas la première fois que Race devenait promoteur, alors qu’il était le promoteur local au Missouri pour le compte de la NWA de 1973 à 1986.

Avec la WLW, il avait un partenariat avec la promotion japonaise NOAH et a entraîné plusieurs lutteurs, dont Trevor Murdoch et l’ancien champion NXT, Tommaso Ciampa. Ce dernier est d’ailleurs très reconnaissant de l’aide que Race lui a apportée à un moment où sa jeune carrière n’allait nulle part. Bien qu’il avait de la difficulté à se déplacer et qu’il était la plupart du temps en fauteuil roulant, il continuait à s’occuper de sa promotion.

J’ai eu la chance de le rencontrer à quelques reprises, soit à des événements de la ROH lorsque celle-ci avait un partenariat avec NOAH, ou bien au Cauliflower Alley Club, la plus grosse réunion d’anciens lutteurs au monde, qui a lieu à Las Vegas chaque année. Il n’était pas toujours le plus jasant, mais très respectueux et, par le fait même, respecté de tous et toutes.

Il fut intronisé au Temple de la renommée du Wrestling Observer Newsletter à sa première année d’existence en 1996, dans celui de la WWE en 2004 et en 2013, avait été voté 20e  meilleur lutteur au monde par un panel de journalistes et d’historiens. À défaut d’avoir réellement été le meilleur lutteur que Dieu ait vu, il sera reconnu, à juste titre, comme l’un des plus grands de tous les temps. Il laisse dans le deuil un garçon et une fille, ainsi que cinq petits-enfants.

Matchs de la semaine

  1. Pete Dunne c. Roderick Strong
  2. Kevin Owens c. Drew McIntyre
  3. Seth Rollins c. Dolph Ziggler

Vidéo de la semaine

On a de nouveaux champions par équipe!

Résultats rapides

Little Rock, Arkansas

  • R-Truth et Carmella ont battu Drake Maverick et Renee Michelle
  • Mike Kanellis a défait R-Truth pour remporter le titre 24/7
  • Maria Kanellis a battu Mike Kanellis pour remporter le titre 24/7
  • Ricochet a remporté un match de type gauntlet pour devenir l’aspirant numéro 1 au titre des États-Unis
  • Luke Gallows et Karl Anderson ont vaincu Le Revival et les champions par équipe Raw Les Usos pour remporter les titres
  • Les Viking Raiders ont battu Cole Carter et Johnny James
  • Becky Lynch a défait Alexa Bliss, acc. par Nikki Cross par arrêt de l’arbitre
  • Becky Lynch a vaincu Nikki Cross, acc. par Alexa Bliss
  • Seth Rollins a battu Dolph Ziggler par disqualification

Vidéo de la semaine

KO en mode préparation pour SummerSlam

Résultats rapides

Memphis, Tennessee

  • Kevin Owens a battu Drew McIntyre
  • Alexa Bliss et Nikki Cross ont défait Bayley et Ember Moon
  • Dolph Ziggler a vaincu Finn Balor
  • Ali a battu Shinsuke Nakamura
  • Kofi Kingston, acc. par le New Day a défait AJ Styles, acc. par OC

Vidéo de la semaine

J’aime bien cette rivalité

Résultats rapides

Memphis, Tennessee

  • Akira Tozawa et Brian Kendrick ont battu les frères Singh
  • Lince Dorado a défait Ariya Daivari
  • Drake Maverick a vaincu Mike Kanellis

Vidéo de la semaine

Tout un match entre Dunne et Strong!

Résultats rapides

Winter Park, Floride

  • Tyler Breeze a battu Jaxson Ryker, acc. par les Forgotten Sons
  • Cameron Grimes a défait Bronson Reed pour avancer dans la finale du tournoir Breakout
  • Pete Dunne a vaincu Roderick Strong

Vidéo de la semaine

Voici le résumé de la semaine :

Résultats rapides

Leicestershire, Angleterre

  • Mark Coffey et Wolfgang ont battu Sam Stoker et Lewis Howley
  • Rhea Ripley a défait Dani Luna
  • Alexander Wolfe a vaincu Jordan Devlin

Ceci complète le tour d’horizon à la WWE pour cette semaine.

Ne manquez pas la lutte WWE Raw, à l’antenne de TVA Sports, tous les mercredis en fin de soirée avec Kevin Raphaël et moi-même, Patric Laprade. Pour plus de détails sur l’heure de diffusion et sur les rediffusions, consultez la grille horaire (https://www.tvasports.ca/television/grille-horaire) de TVA Sports. De plus, ne manquez pas notre baladodiffusion sur QUB Radio à toutes les deux semaines, disponible sur iTunes, Google Play, Spotify et Stitcher.

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Sur ce, je vous dis à la semaine prochaine, c’est un rendez-vous!