MATCH-DE-IMPACT-PHILADELPHIA-UNION

Crédit : Dominick Gravel/Agence QMI

Impact

Du sang neuf qui fait du bien à l’Impact

Du sang neuf qui fait du bien à l’Impact

Patrice Bernier

Publié 29 juillet
Mis à jour 29 juillet

Les partisans de l’Impact ont passé une très bonne soirée au Stade Saputo, samedi, alors que le club montréalais l’a emporté 4-0 sur ses visiteurs, l’Union de Philadelphie.

Si on est un puriste, qui espère un certain esthétisme de la part de ses favoris, on veut voir son équipe dominer au chapitre de la possession, mais en fait, ce n’est pas ça l’important. Ce qui compte, c’est la manière dont on se prépare, comment on est efficace lorsqu’on va vers l’avant.

Rémi Garde demande souvent à son équipe de maintenir un bloc défensif bas, ou médian et qui, ensuite, cherche à profiter des erreurs de l’adversaire. C’est ce qui est arrivé, samedi.

Et qui en a profité? Lassi Lappalainen!

À son premier match avec l’Impact, ce jeune ailier de 20 ans a apporté un nouveau souffle, un vent de fraîcheur à l’équipe. Un athlète qui était assez méconnu, parce qu’il évoluait en Finlande avant d’être transféré au FC Bologne, puis prêté à l’Impact. Son arrivée n’a pas créé, disons, le même engouement qu’un joueur qui aurait coûté des millions de dollars au club.

Mais il n’a pas mis de temps à nous en mettre plein la vue. Moins de quatre minutes, en fait. Et on voit que c’est un gars de départ de mi-temps, parce qu’il a marqué son deuxième but du match à la 46e minute.

Au-delà des buts, il est intéressant de regarder l’ensemble du jeu de Lappalainen. On voit beaucoup de vitesse, on voit du sang froid dans sa finition, parce qu’il n’a tenté que deux tirs dans tout le match, et il a marqué chaque fois.

Avec Orji Okwonkwo, un autre jeune joueur vertical et rapide en plus d’être puissant, sur l’aile opposée, il a causé pas mal de problèmes à la défense de Philadelphie.

J’ai beaucoup aimé sa course sur le premier de ses deux buts. Il était intéressant de voir le «timing» de son sprint derrière la défense. Il a senti le coup et il a fait le bon appel pour couper devant son défenseur pour ensuite se retrouver seul devant le but, dribler le gardien et marquer.

C’était beau à voir. Mais le côté qui est passé un peu plus inaperçu, du côté de Lappalainen, c’est son jeu défensif. On sait que Garde aime que son équipe soit solidaire, bien regroupée et organisée et il demande beaucoup à ses ailiers de se replacer défensivement. Lappalainen était souvent bien repositionné pour venir aider son défenseur latéral, Daniel Lovitz, même que parfois, il était trop reculé. On voit son éthique de travail : non seulement il peut mettre le ballon dans le filet, mais en plus, il est très responsable. Il cadre très bien dans le style de jeu que privilégie Rémi Garde depuis son arrivée à la barre du club.

Avec Okwonkwo, qui a aussi marqué deux fois samedi, l’Impact tient deux bons prêts de Bologne et surtout, deux bons jeunes joueurs qui collent à cette nouvelle identité que la MLS tente de se bâtir.

Le détonateur

Oui, Lappalainen et Okwonkwo ont très bien fait, mais l’une des raisons pour lesquelles ils ont pu se démarquer, c’est Ignacio Piatti. Replacé plus au centre alors qu’il évolue normalement sur le flanc gauche, «Nacho», dont c’était la deuxième présence après avoir raté presque deux mois d’activité, a été très influent.

Piatti est le joueur qui a tenté le plus de dribles dans ce match, avec cinq (il en a réussi trois). Premièrement, c’est quelque chose que les amateurs aiment voir. Deuxièmement, il a aussi ouvert plusieurs brèches dans la défense de l’Union. «Nacho» est plus passeur qu’avant, on l’a constaté la saison dernière. Est-ce qu’il peut devenir un meneur de jeu sous forme de «faux attaquant» avec ce repositionnement? À ses côtés, l’attaquant Maxi Urruti peut encore plus se concentrer sur ses appels, son travail défensif et ça libère davantage Piatti.

En tout cas, «Nacho» en est déjà à un but et une passe décisive depuis son retour. C’est bien de revoir cette justesse technique, cette faculté d’illuminer un match, d’ouvrir les défenses pour créer des espaces pour ses coéquipiers. L’Impact, dans ces conditions, est une équipe dérangeante, dangereuse pour les défenses adverses.

Un défi technique

La MLS tiendra son Match des étoiles, ce mercredi, alors que les vedettes de la ligue se mesureront à l’Atletico Madrid à Orlando. Ce sera d’ailleurs présenté à TVA Sports.

Nous diffuserons également le concours d’habiletés, le soir d’avant, alors que trois équipes de trois joueurs représentant la MLS, l’Atletico et Orlando City rivaliseront d’habileté technique pour le plaisir des spectateurs.

Normalement, je ne suis pas un grand amateur des concours d’habiletés. Mais, en tant qu’ancien joueur, je dois dire que les athlètes aiment bien relever le genre de défi que leur proposera l’événement de mardi.

Souvent, les joueurs vont se livrer, avant les entraînements ou à la fin de ceux-ci, à des défis techniques. Ils vont travailler leur finition pour se mettre en confiance devant le but. Ils vont raffiner leur technique, pour être un peu plus justes dans leurs gestes. Et on a toujours un peu cette fierté, cet esprit compétitif, qui nous amène à vouloir nous positionner par rapport à nos coéquipiers. Et parfois, ce sont ces gestes qui finissent par faire la différence dans un match.

Donc, à ce concours, on verra les joueurs tester la précision de leurs tirs, tenter des volées acrobatiques et démontrer leur capacité à distribuer des «caviars» (de belles passes). Les partisans auront l’occasion d’admirer de grandes stars en train d’étaler leurs talents et ils vont sans doute s’en régaler. Les joueurs vont beaucoup s’amuser aussi... mais soyez certains qu’ils ne voudront pas perdre. Carlos Vela voudra montrer pourquoi il est le meilleur joueur de la MLS cette année et Wayne Rooney voudra étaler son expertise acquise en Angleterre et montrer qu’il en a encore beaucoup dans le ventre. Les joueurs de l’Atletico, eux montreront qu’ils ont ce qu’il faut pour de battre pour la Ligue des champions en Europe et les joueurs d’Orlando, avec Nani en tête, seront là pour insuffler un peu de fierté locale à l’événement.

Miami annonce ses couleurs

Pour certains clubs, on est déjà en 2020. Enfin, surtout ceux qui amorceront leurs activités en MLS la saison prochaine. L’Inter Miami, le fameux club de David Beckham, a commencé à assembler son effectif en vue de sa saison inaugurale en embauchant les jeunes Argentins Matias Pellegrini et Julian Carranza.

Il s’agit deux joueurs offensifs de 19 ans qui ont coûté cher au club. On voit qu’à Miami, on tente en quelque sorte de répliquer ce qu’Atlanta United et le Los Angeles FC ont fait en 2017 et 2018, c’est-à-dire investir sur de jeunes et prometteurs talents d’Amérique du Sud pour établir les bases de l’effectif.

Comme je l’ai écrit plus tôt cette année, la MLS est enfin entrée dans le marché mondial du soccer et désormais, il y a de jeunes joueurs qui la voient comme un tremplin vers de plus grandes choses et ils n’hésitent plus à venir y passer quelques années.

Au passage, ils permettent souvent à leurs équipes de se mettre de l’argent dans les poches, surtout lorsqu’ils sont revendus plus tard.

On a les dents longues à Austin

Enfin, Austin FC, qui entrera en MLS en 2021, a trouvé son entraîneur en la personne de Josh Wolff, qui est le bras droit que Gregg Berhalter depuis quelques années, que ce soit avec le Crew de Columbus ou maintenant, avec l’équipe nationale des États-Unis.

Une chose est sûre, Wolff connaît très bien la ligue. Je le connais un peu pour avoir joué contre lui, notamment en Allemagne, mais aussi, évidemment, pour avoir affronté le Crew souvent.

Son ADN ne sera sans doute pas très loin de celui de Berhalter : un style offensif, basé sur la possession. Les propriétaires d’Austin sont les mêmes qui possédaient autrefois le Crew et on souhaitait sans doute trouver un entraîneur dans le moule de Berhalter. Avec Wolff, on ne s’en va vraiment pas dans l’inconnu du côté d’Austin.