Paul Rivard

Pour en finir avec Leylah et Françoise

Pour en finir avec Leylah et Françoise

Paul Rivard

Publié 28 juillet
Mis à jour 28 juillet

Vous êtes nombreux à réagir sur la fin de match entre Leylah-Annie Fernandez et Françoise Abanda. Beaucoup condamnent l’adolescente, d’autres sont durs envers Françoise.

J’étais à quelques mètres de la scène... voici mon (humble) analyse de l’événement. Et un rappel qu’avant ce malheureux événement, il y a eu 2 heures et 52 minutes de tennis magistral.

1. Deux Québécoises... match ÉPIQUE...fin dramatique... super spectacle!

2. Une Fernandez aussi étonnante, efficace, talentueuse et prometteuse qu’on le dit.

3. Une Abanda ayant recouvré ses grandes capacités et livrant un superbe match, mais clairement pas la favorite de la foule aux 4/5 acquise à la cause de la jeune sensation de 16 ans.

4. À 8-6 dans le bris d’égalité du 3e set, toutes deux méritaient AMPLEMENT la victoire. Surtout après les multiples retournements de situation.

5. Peut-être la victoire la plus stressante et dramatique dans la jeune carrière de Fernandez, ce qui explique le «black out» émotionnel qu’elle a dû ressentir et à cause duquel elle s’est précipitée vers son clan en premier au lieu de serrer la main de son adversaire. Du (très) rarement vu, c’est sûr. Un faux pas? Clairement! Mais à 16 ans, peut-on être un peu indulgent, svp?

6. Le dénouement crève-cœur était triste pour Françoise avec la performance qu’elle avait livrée. De voir cette jeune athlète lui voler la vedette, elle qui a longtemps été la favorite à Granby et au Québec, était un autre clou enfoncé dans sa fierté, ce qui est normal. Et de voir la jeune rivale célébrer avec son groupe, au lieu de se diriger au filet pour la poignée de main, était le dernier coup de trop. Sur le plan humain, avait-elle le droit de vouloir ignorer Fernandez et de foutre le camp? Tout à fait! Et là, également, peut-on être un peu indulgent, svp?

7. Une conclusion dramatique à un match de haut niveau, fertile en rebondissements. Véritable pièce de théâtre sportif, en trois actes, avec un dénouement spectaculaire.

8. Rappelons-nous du match... pas de sa fin.

9. J’espère de tout cœur que Françoise Abanda pourra (une autre fois) construire sur cette formidable démonstration et qu’elle pourra éviter les blessures qui ont miné son potentiel au fil des dernières années.

10. Et enfin, ne boudons pas notre plaisir et suivons attentivement Fernandez, cette autre jeune athlète qui prouve que Tennis Canada a fait un boulot exceptionnel dans la dernière décennie, en repérant, entraînant, encadrant et, finalement produisant autant de futures combattantes sur le champ de bataille du tennis professionnel. Féminin et masculin.