Crédit : MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Athletisme

Athlétisme: Aaron Brown devance Andre De Grasse de justesse

Publié | Mis à jour

La victoire d’Aaron Brown aux dépens d’Andre De Grasse en finale du 100 m, vendredi soir, a transmis à Montréal la même fébrilité contagieuse qu’on vit dans les grands stades de la planète où se produisent les Formules 1 humaines. Ici aussi, on a succombé.

Brown a conservé sa couronne canadienne de cette distance avec un chrono de 10,021 s, trois millièmes de poussières devant De Grasse, deuxième en 10,024 s. Les deux Ontariens, complices dans la médaille de bronze du relais 4 X 100 m aux Jeux olympiques de Rio, ont révélé leur appartenance à l’élite internationale du sprint avec une course dont l’issue n’a été connue qu’après cinq minutes d’analyse du «photo-finish».

«Je savais depuis l’an dernier, lorsque j’ai gagné, que lorsqu’il allait revenir au sommet de sa forme, si je ne gagnais pas cette année, ça m’aurait été rappelé. Je savais que je devais dominer encore cette année. Ça veut dire beaucoup pour moi parce que j’ai fait exactement ce que je devais faire», a commenté Brown, qui a hurlé sa joie en voyant apparaître son chrono victorieux au tableau.

Une épreuve mythique

Les championnats canadiens ne sont pas les Jeux olympiques, mais quand deux des meilleurs sprinteurs au monde se tiennent dans des couloirs voisins pour définir lequel est le plus rapide dans son propre pays, ça donne une ambiance électrique comparable.

La chaleur de la soirée ne se mesurait pas qu’au thermomètre. Les gradins bondés du complexe Claude-Robillard ont alimenté un feu qui couvait depuis les demi-finales, dans lesquelles Brown (9,96 s) et De Grasse (9,98 s) avaient chacun signé leur meilleur chrono de l’année. Le spectacle ultime n’allait durer que 10 secondes, mais les quelque 3000 spectateurs tenaient à assister à l’explosion finale.

«Ça a toujours été comme ça. La même question revient : c’est qui l’homme le plus rapide au monde ? Même les gens qui ne font pas d’athlétisme veulent savoir. Le 100 m, ça pique la curiosité. Ça dure 9 secondes et quelque chose, mais tu ne veux pas le manquer. Tu veux le voir en direct. C’est une épreuve mythique. Il y a quelque chose autour de cette épreuve que je ressens encore», a partagé le médaillé d’or en relais aux Jeux olympiques d’Atlanta, Bruny Surin, qui a assisté durant la journée à la qualification de sa fille Katherine pour la finale du 400 m de samedi soir.

Fébrilité assurée

Vice-champion mondial en 1995, il suffit de cogner à la porte de Surin pour comprendre le crépitement indissociable de cette folle épreuve du 100 mètres. Ce que Brown et De Grasse ont dû ressentir durant le programme de vendredi n’est pas différent que ce qui est ressenti aux sommets olympiques, selon le Québécois. La même espèce de papillons occupe le ventre.

À cette tension s’ajoute le match psychologique de celui qui saura le mieux entrer dans la tête de l’autre. Les deux principaux acteurs du court métrage de vendredi n’ont pas versé dans la provocation, sinon en gesticulant après avoir chacun emballé le chrono en demi-finale. Le débat s’est ensuite réglé sur la piste.

«Andre De Grasse et Aaron Brown sont comme des amis, si on peut dire, mais qu’on le veuille ou non, Brown veut être le “big guy” dans les championnats. Alors “ton ami”, ça ne tient pas toujours...», disait Surin.

L’un règne sur le pays aujourd’hui, l’autre non.