Miami Open 2019 - Day 6

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Tennis

Le tennis féminin canadien est en excellente santé selon Nathalie Tauziat

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Meilleure joueuse française au début des années 2000, Nathalie Tauziat n’a plus besoin de présentation.

Retraitée du circuit de la WTA depuis 2003, Tennis Canada l’a recrutée une dizaine d’années plus tard pour venir appuyer le jeune talent canadien.

Celle qui a fait le déplacement à Granby veille à la progression de Carol Zhao, âgée de 24 ans, tombeuse mardi de l’Américaine Quinn Gleason en trois manches de 0-6, 6-1 et 6-3.

Tauziat souhaitait à l’époque offrir ses services et son expertise à une fédération de tennis et le Canada, par l’entremise de Louis Borfiga, responsable de l’élite et français lui aussi, lui a fait signe.

«J’ai envoyé mon CV et on a accepté ma candidature», a-t-elle raconté en entrevue au Journal de Montréal.

Un an avant Wimbledon

Le CV n’était qu’un document symbolique, on s’imagine. Tauziat a en effet une feuille de route étoffée : elle a occupé le troisième rang au classement de la WTA pendant un an et elle s’est maintenue dans le top 5 trois années consécutives.

«Tout a débuté avec Eugenie Bouchard, a-t-elle expliqué. Notre association s’est amorcée en 2011, et l’année suivante elle remportait le tournoi junior de Wimbledon.»

Par la suite, Tauziat est venue épauler tour à tour Aleksandra Wozniack, Bianca Andreescu, et maintenant Zhao.

«J’ai commencé à entraîner Carol l’an passé, de poursuivre Tauziat, mais elle a été réduite à l’inactivité pendant huit mois en raison d’une blessure à un coude. Là, on reprend le travail ensemble cette semaine à Granby.»

Qualités indéniables

Personne n’est mieux placé qu’elle pour évaluer le talent canadien.

«Ce n’est pas un groupe qui arrive, a-t-elle dit, ce sont des individus. Avec Bianca et Leylah Annie Fernandez, vous êtes bien servis.»

«Je connais bien Bianca. J’ai constaté qu’elle avait beaucoup de potentiel dès ses deux premiers tournois. Elle varie bien son jeu, ce qui n’est pas donné à tout le monde.»

«Aujourd’hui, prétend Tauziat, Bianca doit améliorer son physique et surtout éviter les blessures. Elle est beaucoup sur la prévention. C’est un long processus qui exige beaucoup de patience. Il faut trouver les raisons qui expliquent cette blessure (à l’épaule).»

Davantage de surprises

On lui a demandé pourquoi chez les dames les surprises sont plus nombreuses, même dans les tournois du Grand Chelem.

«Je pense que le niveau de jeu au tennis féminin n’a pas tellement progressé ces dernières années, a-t-elle répondu. À part peut-être Serena Williams, il y a un changement de garde.»

«Et des jeunes sont en train de faire leur place. Bianca a tout pour se hisser parmi les 10 premières, d’autres se manifestent aussi, dont l’Américaine Amanda Anisinova, 23e joueuse mondiale.»

«Simona Halep [titrée récemment à Wimbledon] sera toujours là, a ajouté Tauziat. Elle est très solide, mais elle n’a pas le physique de Serena.»

► Nathalie Tauziat, âgée de 51 ans et mère de trois filles, est un exemple de longévité de haut niveau. Son nom a figuré au tableau des 50 meilleures joueuses de la WTA pendant un peu plus de 14 ans, soit de mars 1987 à décembre 2001.

«Il y a encore de la place pour Eugenie» - Nathalie Tauziat

L’ex-numéro 3 mondiale Nathalie Tauziat connaît bien Eugenie Bouchard, car elle était à ses côtés comme entraîneuse en 2011, au moment où la Québécoise a commencé à gravir les échelons du tennis.

Son ascension vers le sommet a-t-elle été trop accélérée ?

«Ça dépend de chaque individu et de votre entourage, répond la Française. Eugenie a gagné beaucoup d’argent à un très jeune âge. C’est une situation difficile à assumer. Il faut beaucoup de maturité pour gérer ça.»

Mais Tauziat n’a certes pas jeté l’éponge à son endroit.

«J’ai toujours cru en ses moyens, dit-elle. Et mon opinion n’a pas changé. Elle est capable de revenir à un très bon niveau. Au risque de me répéter, le calibre au tennis féminin n’a pas trop progressé. Il y a encore de la place pour Eugenie», conclut-elle.

Fernandez et Abanda pas inquiétées

Deux des principales têtes d’affiche du volet féminin à Granby, les Québécoises Leylah Annie Fernandez et Françoise Abanda ont entamé hier leur tournoi en simple sans trop souffrir.

Fernandez, titrée dimanche à Gatineau, s’est imposée en deux manches de 6-2 et 6-3 contre sa compatriote canadienne Petra Januskova, laquelle est de 12 ans son aînée.

«Ce fut un premier match difficile, a pourtant relaté le jeune espoir de 16 ans. Elle est une bonne joueuse qui se déplace beaucoup. C’est moi qui ai bien joué.»

Devant une foule conquise d’avance, elle s’est sentie inspirée.

«C’est motivant de sentir autant d’ambiance, mais je crois que la foule nous a appuyées toutes les deux.»

Donner un spectacle

Que de chemin parcouru pour Fernandez en un an !

«Mentalement, je suis plus forte et cet aspect est important au tennis, avance-t-elle. Chaque défaite et chaque victoire font partie de mon apprentissage. Je suis contente de jouer au tennis.»

«Mon père [toujours présent dans son entourage] m’a toujours dit de donner un spectacle aux gens qui viennent nous voir. C’est ce que je m’efforce de faire.»

Une grosse commande attend Fernandez ce midi puisqu’elle affrontera la Japonaise Nao Hibino, première tête de série de la compétition.

Sans douleur...

Quant à Abanda, elle s’est bien comportée après avoir été forcée à l’abandon pendant son match de demi-finale à Gatineau la semaine dernière. La Montréalaise s’est imposée en deux sets identiques de 6-2 aux dépens de l’Américaine Ingrid Neel, laquelle n’a pas offert une grande opposition.

Malgré deux frayeurs au début de chaque manche, où elle a laissé sa rivale mener 2-0 chaque fois, Abanda s’est bien ressaisie. Ses blessures, au pied et à l’épaule, qui tardent toujours à guérir, ne l’ont pas dérangée.

« En général, a fait savoir Abanda, c’est une bonne entrée en scène. J’avoue que je ne suis pas à 100 %. Je suis encore en convalescence... »

Elle se mesurera en soirée, aujourd’hui, à l’Américaine Sachia Vickery, quatrième tête de série.

► En déficit 0-2 après avoir perdu la première manche au bris d’égalité, la Canadienne Rebecca Marino a dû abandonner sa rencontre face à sa compatriote Ariana Arsenault en raison d’un malaise à un pied.