Crédit : Kelvin Kuo-USA TODAY Sports

MLS

Avantage Vela

Avantage Vela

Patrice Bernier

Publié 22 juillet
Mis à jour 22 juillet

C’est sans doute le sujet qui a le plus fait jaser sur la planète MLS au cours des derniers jours.

Qui est le meilleur joueur de la ligue à l’heure actuelle? Le milieu offensif Carlos Vela, du Los Angeles FC, ou l’incontournable attaquant Zlatan Ibrahimovic, du Galaxy?

Les deux hommes se sont prononcés à ce sujet avant leur duel de vendredi dernier.

Zlatan a essentiellement dit que bien qu’il tienne Vela en haute estime, c’est une «grosse erreur» de le comparer à lui. Il a aussi souligné que Vela excelle en MLS à 29 ans, alors que lui jouait à un bien plus niveau à cet âge-là («Ibra» a maintenant 37 ans).

Vela a pour sa part indiqué qu’en tout respect pour son rival, peu importe l’âge, il suffit de regarder les statistiques pour voir qu’il est, à l’heure actuelle, le meilleur joueur de la ligue.

Cela mettait la table pour un épique «El Trafico» qu’Ibrahimovic a remporté, vendredi soir, en marquant trois fois. Notons tout de même au passage que Vela a marqué les deux buts des siens aussi.

Est-ce que cela règle la question pour autant? Pas tout à fait.

Faisons le comparatif des chiffres de la présente saison : pour Vela, c’est 21 buts (dont trois gagnants) et 12 passes décisives en 20 parties. Pour Ibrahimovic, c’est 16 filets (six gagnants) et 3 aides en 17 rencontres.

Notons également que le joueur du Galaxy a marqué 13 de ses 16 buts à domicile, tandis que son rival du LAFC a marqué 13 de ses 21 buts à l’étranger.

Les deux joueurs sont arrivés en MLS en 2018. Le total des comptes est donc de 35 buts et 25 passes pour Vela en 48 apparitions, alors que le «Lion» Zlatan a inscrit 38 buts et 13 passes décisives en 44 présences.

Et comment ça se passe lorsqu’ils s’affrontent? Dans les derbys, «Ibra» a six buts en trois matchs, alors que son rival mexicain en a autant, mais en quatre présences.

Enfin, Vela a cinq matchs de plus d’un but au compteur en 2019, contre quatre pour le grand Suédois.

Ibrahimovic a la qualité d’être un attaquant extrêmement décisif. Vela n’est pas exactement un «numéro neuf», mais il est certainement un joueur offensif capable de créer autant qu’il marque. Il est présentement le choix numéro un pour le titre de joueur de l’année 2019 en MLS.

Les statistiques sont excellentes des deux côtés. Les deux ont aussi leurs qualités remarquables.

Comment on les départage? 

Certains préfèrent Zlatan parce qu’il est un joueur dominant physiquement, brillant dans la surface de réparation, capable à lui seul de changer la donne dans un match. Un peu comme mon ancien coéquipier Didier Drogba, c’est un gars qui a un tel flair pour le but qu’il va continuer à marquer même s’il avance en âge. Comme on l’a vu, c’est un gars qui parle fort et qui, ensuite, répond de ses actes.

Plus discret dans ses propos, Vela, est de son côté un joueur plus élégant, plus fabricant, avec ses qualités techniques et ses courses diagonales. Il n’a pas les aptitudes athlétiques d’un Ibrahimovic, mais il possède un sens du dernier geste, une facilité déconcertante balle au pied qui lui permettent de faire des dommages d’une variété de façons en attaque. Il est aussi excellent pour se démarquer.

C’est à prendre avec un grain de sel, mais on peut comparer leur rivalité, en termes de style, à l’éternel duel entre les très grands Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Vela, comme Messi, est plus petit et agile alors que Zlatan, comme Ronaldo, possède des qualités athlétiques qui lui permettent de faire la différence.

Mon verdict

Personnellement, j’aime les joueurs qui brillent dans le collectif. Ceux qui sont autant capables de marquer que de faire marquer. J’ai donc un penchant pour Carlos Vela. Cette saison, il virevolte d’une manière extraordinaire. Zlatan est un grand joueur, mais il faut que l’équipe joue pour lui. Dans le cas de Vela, s’il tire largement profit du collectif, il y participe aussi en rendant les autres meilleurs.

Tout de même, il faut souligner que lorsque Zlatan n’est pas là, le Galaxy a beaucoup de mal. Quand Vela doit s’absenter, le LAFC s’en sort un peu mieux même s’il manque la touche particulière du Mexicain dans le dernier tiers.

Bref, même si Zlatan se décrit comme une «Ferrari parmi les Fiats» en MLS, Carlos Vela reste, à mon humble avis, le meilleur joueur actuellement. L’ancien d’Arsenal et de la Real Sociedad est capable de gestes extraordinaires.

Cela dit, c’est chacun ses goûts! Je vous invite à vous prononcer ici :

Ce qui est bien dans tout ça, c'est qu'avant, à Los Angeles, il n'y avait que le Galaxy pour attirer des grandes stars, comme David Beckham, Landon Donovan, Robbie Keane ou Steven Gerrard. Avec l'arrivée du LAFC, on a une belle rivalité qui naît dans l'«El Trafico». Jusqu'ici, ça donne des matchs enlevants avec une qualité technique très intéressante, surtout avec la façon dont le LAFC joue.

D’autres attaquants en feu

Mais il n’y a pas que Vela et «Ibra». D’autres attaquants sont en train de faire des ravages ailleurs dans la ligue.

Parlons d’abord de Brian Fernandez, arrivé en mai avec les Timbers de Portland, qui en est à huit buts en sept départs. Il a été acheté à coups de millions et il répond présent jusqu’ici. L’Argentin vient tout juste de planter deux buts dans le «derby de la Coupe Cascadia» contre Seattle. Il est de tous les coups au point de vue de la finition chez les Timbers.

D’ailleurs, Seattle compte aussi sur un attaquant redoutable en Raul Ruidiaz. Auteur de l’un des plus beaux buts de la saison il y a quelques jours contre Atlanta, le Péruvien reste sur huit buts en dix départs. Arrivé en fin de saison l’an dernier, l’attaquant contribue largement à faire des Sounders une équipe de premier plan dans l’Ouest.

Et que dire du Brésilien Héber, du côté de New York City? Depuis qu’il est arrivé en avril, le NYC FC est devenu une équipe beaucoup plus offensive, et lui compte huit buts en 12 présences.

Ce sont tous des «neufs» qui ont coûté cher, mais ils livrent la marchandise.

Enfin, n’oublions pas Josef Martinez, d’Atlanta United, qui est maintenant rendu à 16 buts en 2019, ce qui le place au troisième rang à ce chapitre dans la ligue, ou encore Mauro Manotas, du Dynamo de Houston, qui a mis le feu au Toronto FC le weekend dernier.

La MLS est une ligue offensive, qui joue vers l’avant, et les attaquants sont les joueurs sur lesquels les clubs dépensent de l’argent. Ils sont le plus souvent les joueurs désignés, ou les «joueurs TAM». Par les temps qui courent, ce sont eux plus que jamais qui animent le spectacle.