Crédit : Joe Maiorana-USA TODAY Sports

Impact

Le problème principal de l'Impact

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Le beau début de saison de l’Impact n’était donc qu’une illusion. La séquence de quatre revers consécutifs que traverse l’équipe vient mettre en lumière des problèmes structuraux majeurs.

Hormis le fait que Nacho Piatti soit blessé et que ça nuise grandement à la production offensive, le malaise est beaucoup plus profond que ça, et comme le président, Kevin Gilmore, a assisté au revers de 2 à 1 samedi soir, on espère qu’il a fait un ou deux constats.

Depuis trop longtemps, cette équipe recrute mal et insuffisamment. Et qu’on ne vienne pas dire que les déboires sont causés par la pingrerie du propriétaire Joey Saputo, l’Impact possède la huitième masse salariale la plus élevée de la MLS.

Le problème n’est donc pas l’investissement, mais comment il est réparti, et depuis plusieurs années, l’argent de Saputo est tout simplement mal dépensé.

Peu d’espoir

On est en pleine fenêtre de transfert estivale et pourtant, il y a peu d’espoir de voir l’Impact embaucher des renforts dignes de ce nom. Non, il n’y aura pas de Didier Drogba cette année.

Pourquoi? Tout simplement parce qu’il n’y a pas assez d’espace sous le plafond salarial pour procéder à une embauche majeure.

Comme on le disait, l’argent est mal dépensé. Il y a ces 550 000$ qui reviennent à Harry Novillo jusqu’à la fin de la saison même si on vient de le foutre à la porte. Il y a ces 700 000$ pour Rudy Camacho, un travailleur honnête qui a décroché un contrat bien trop lucratif dans un contexte de panique l’an passé.

Il y a aussi ce million de dollars consentis à Maxi Urruti, un autre travailleur honnête qui n’offre pas un rendement offensif à la hauteur de son chèque de paie beaucoup trop généreux.

On fait quoi?

Maintenant qu’on a identifié le principal problème, on fait quoi pour le régler?

On attend. Hé oui. Pourquoi? Parce qu’il n’y a toujours pas de directeur sportif dans cette équipe.

Joey Saputo a bien embauché Walter Sabatini pour devenir le coordonnateur sportif de l’Impact et du FC Bologne, mais rien n’a bougé dans le dossier d’un directeur sportif pour le petit frère montréalais.

Et on est pourtant dans une portion cruciale de la saison où la présence d’un tel homme de foot serait essentielle.

Mais on attend.

Et au rythme où vont les choses, ce n’est pas le retour de Piatti qui va changer grand-chose à la trajectoire de la saison parce que les signes ne sont pas encourageants depuis un mois.

Petit frère

Pour le moment, le seul renfort que l’Impact peut espérer, c’est le jeune Finlandais Lassi Lappalainen qui va signer avec Bologne pour ensuite être prêté à l’Impact.

Et le hic, c’est qu’on a l’impression que l’Impact est en train de devenir une succursale de Bologne plutôt qu’un club à part entière.

Le problème quand on est le petit frère, c’est qu’on doit souvent porter les vêtements de l’aîné, qu’ils nous plaisent ou non.

On n’a qu’à regarder Orji Okwonkwo. Il a un profil intéressant, mais il est beaucoup trop inconstant pour être un titulaire incontestable.

Erreur réparée

Au moins, une erreur a été réparée avec la résiliation du contrat de Harry Novillo qui était devenu une influence négative dans le vestiaire.

Celui-ci n’a rien fait qui vaille avec un but et deux passes en onze rencontres, dont seulement cinq comme titulaire et avec la réputation qu’il traînait il ne fallait pas s’attendre à des miracles.

Il ne s’est pas comporté en professionnel, notamment en perdant son passeport juste avant un déplacement à Kansas City et il a été blessé à maintes reprises.

Son départ libère une place de joueur étranger, mais on se demande ce que l’équipe fera avec cette ouverture puisque la masse salariale flirte avec le plafond imposé par la ligue, d’autant que son salaire y figurera cette année. Au moins, ce sont 550 000$ qui seront libérés pour faire des acquisitions l’hiver prochain.

Est-ce que le message passe encore?

Il y a eu des signaux inquiétants provenant de Rémi Garde après le revers, samedi soir.

L’entraîneur était à la fois rageur et résigné dans un point de presse qui n’aura pas duré une minute et demie et qui a pris fin abruptement au bout de trois questions. Il n’a même pas été possible de lui demander son avis sur le départ de Harry Novillo.

L’homme, qui a toujours défendu ses joueurs depuis qu’il est arrivé, a essentiellement mis le blâme sur ceux-ci pour la défaite en concédant du même souffle qu’il avait aussi sa large part de torts.

Message

Garde a indiqué qu’il expliquait «peut-être mal les choses», ce qui laisse supposer que le message ne passe plus bien.

Et en effet, si l’Impact présentait une belle discipline défensive en début de saison, celle-ci a pris le bord depuis plusieurs matchs. La cohésion n’est plus là.

Garde a également soulevé un certain mystère quand il a déclaré qu’il était agacé par «des attitudes, des comportements, des consignes qui ne sont pas respectées».

Voilà un autre indice qui pointe vers une forme de dissension dans le vestiaire de cette équipe.

Vestiaire perdu ?

On en est à se demander si Garde n’est pas en train de perdre son vestiaire.

Et quiconque a vu les images où Garde engueule Omar Browne en lui criant «pour qui te prends-tu ?» en fin de match samedi comprend qu’il y a un malaise.

Si Browne a montré des beaux flashes, on comprend aussi qu’il n’adhère pas au système, ce qui explique pourquoi il n’est pas titulaire et doit se contenter d’un poste de substitut.

Mais Browne n’est pas le seul à afficher sa frustration. On se rappellera Zakaria Diallo qui a quitté le terrain pour s’en aller directement au vestiaire après avoir été retiré du match contre le Minnesota.

Envie

Garde n’est certainement pas au-dessus de tout soupçon. Après tout, l’embauche de Harry Novillo, c’est lui.

Cependant, Garde a su tirer le maximum d’un effectif qui a joué au-delà de ses capacités pendant la première moitié de la saison. Sans l’entraîneur français, il est loin d’être sûr que cette équipe se serait maintenue à flot.

Et maintenant, avec sa réaction d’après-match samedi soir, on commence à se demander si Garde a envie de continuer à travailler dans ces conditions.

Rappelons qu’il en est à la dernière année de son contrat et que rien n’a été annoncé pour la saison prochaine.

Le Lyonnais n’est peut-être pas parfait, mais à vue de nez, il semble être la meilleure chance de l’Impact d’aspirer à des jours meilleurs.

Mais a-t-il envie de continuer à diriger une équipe qui lui laissera encore moins de pouvoir quand un nouveau directeur sportif aura été embauché ? Là est toute la question.