Crédit : Noah K. Murray-USA TODAY Sports

MLS

Un enlevant derby entaché par une bourde arbitrale

Un enlevant derby entaché par une bourde arbitrale

Patrice Bernier

Publié 15 juillet
Mis à jour 15 juillet

Les Red Bulls de New York et le New York City FC se disputaient un autre derby très relevé, dimanche soir à TVA Sports, lorsqu’une décision arbitrale douteuse est venue perturber la rencontre et éventuellement, son résultat final.

Le score était égal, 1-1, lorsque les Red Bulls ont obtenu ce qui semblait être, au départ, un coup de pied de coin vers l’heure de jeu. C’est du moins ce qu’un arbitre assistant avait indiqué. Cependant, l’arbitre en chef a décidé que les Red Bulls allaient plutôt devoir effectuer une remise en touche. Dans la confusion, New York City a un peu figé alors que les Red Bulls ont agi rapidement.

Quelques secondes plus tard, c’était 2-1 pour les Red Bulls et le gardien de leurs rivaux, Sean Johnson, gesticulait agressivement.

Voyez par vous-même :

Ce but a finalement été celui de la victoire.

Sans pour autant exonérer ses joueurs, l’entraîneur du NYC FC, Dome Torrent, a blâmé l’arbitre en affirmant qu’il avait eu une influence sur l’issue du match.

Ce que mon expérience de joueur me dit, c’est que quelque part, les joueurs de New York City sont dans le tort parce qu’ils sont distraits et ils auraient pu quand même agir sur l’action de leurs adversaires.

Mais il faut comprendre qu’on ne se positionne pas pour un coup de pied de coin de la même façon qu’on le fait pour une remise en touche. Le comportement est différent. Dans le cas d’un coup de pied de coin, le ballon est immobilisé, chaque équipe se place selon une certaine stratégie, on positionne les grands joueurs de façon à gagner les duels aériens. Dans le cas d’une touche, on est beaucoup plus avertis et alertes, on sait qu’on a une opportunité de gagner le ballon rapidement.

Ce qui me dérange, c’est que les joueurs du NYC FC ont été induits en erreur et placés dans une situation de confusion. Ils regardent un officiel qui pointe le coin, alors qu’un autre positionné beaucoup plus loin fait un correctif verbal (selon ses dires). Les Red Bulls ont sans doute bien compris, eux, que le ballon était sorti en touche et ils ont tiré avantage de la situation.

Est-ce que l’arbitre avait tort? Est-ce que le juge de ligne avait initialement donné la mauvaise indication? Les joueurs ont certainement leur tort aussi.

Mais selon moi, quand il y a disparité entre les décisions de deux arbitres, il faut avertir clairement les joueurs. On peut même siffler et prendre le temps de bien s’exprimer pour que tout le monde se comprenne. Malheureusement, les décisions de ce type ne peuvent pas être revues par la VAR (révision vidéo).

Un invité-surprise dans l’Est

La meilleure équipe à l’heure actuelle, dans l’Est, est actuellement classée sous la fameuse «ligne rouge» des séries. Positionné au neuvième rang, le Revolution de la Nouvelle-Angleterre est probablement l’équipe la plus en forme de ce côté du continent depuis la reprise du 22 juin.

L’équipe a pris huit points en quatre matchs avec deux victoires et deux matchs nuls. Ils n’ont pas perdu depuis le 1er mai. Ça démontre que plusieurs clubs de bas de classement sont à prendre au sérieux. Ils sont prêts à bousculer la hiérarchie actuelle du classement qui est en place depuis plusieurs semaines, maintenant. Les équipes du top sept feraient mieux d’être prudentes.

On pensait que le Revolution avait peut-être déjà jeté la serviette au sujet de cette saison, mais finalement, c’est loin d’être le cas. Comme je l’ai mentionné dans un autre texte, l’arrivée du chevronné entraîneur Bruce Arena a apporté un vent de fraîcheur nécessaire et revitalisé certains joueurs comme l’attaquant Teal Bunbury (quatre buts en cinq matchs), qui ne faisait absolument rien en début de campagne sous les ordres du «coach» précédent, Brad Friedel.

J’aime bien les entraîneurs qui arrivent et qui sont des «gestionnaires d’hommes». On peut parfois critiquer la stratégie, ou le talent sur le terrain, mais souvent, le bon discours peut remobiliser les joueurs.

Bruce Arena a sans doute les coudées franches en matière de transferts et il a déjà commencé à bouger, mais il a néanmoins souligné, récemment, que «certains joueurs sont peut-être meilleurs qu’anticipé». C’est là qu’on voit l’étendue de son impact. Le remue-ménage anticipé n’aura peut-être pas tout à fait lieu.

Il faut néanmoins souligner l’embauche d’un deuxième joueur désigné en Gustavo Bou, un attaquant argentin qui évoluait précédemment au Mexique. On aurait mis autour d’une dizaine de millions de dollars sur lui, ce qui n’a pas toujours été dans les habitudes de la maison dans le passé.

Ça fait partie de l’effet Bruce Arena. Il peut convaincre les joueurs de venir, et l’organisation d’en défrayer le coût.

Une résurrection en Californie

Je l’avoue sans gêne : je n’avais pas vu venir la résurgence actuelle des Earthquakes de San Jose. Cette équipe, on la croyait morte et son départ catastrophique (quatre défaites en cinq matchs) a initialement confirmé notre sentiment.

Mais les Earthquakes sont maintenant cinquièmes dans l’Ouest. Depuis le 1er avril, ils ont pris 31 points. On parle de neuf victoires, quatre matchs nuls, 31 buts marqués contre 17 accordés. La seule équipe qui a fait mieux, c’est le Los Angeles FC, avec 33 points.

San Jose se trouve actuellement parmi les meilleures équipes de l’Ouest. Ils sont à prendre au sérieux, eux aussi.

Ils n’ont pas énormément de gros profils outre l’attaquant Chris Wondolowski, une légende de la MLS. Mais comme le Revolution, ils comptent sur des joueurs dont on découvre qu’ils sont meilleurs que ce qu’on pensait. Le meilleur exemple, c’est Valeri «Vako» Qazaishvili. On dirait qu’il est dans tous les bons coups de son équipe au plan offensif.

On savait l’ailier bon, mais en fait, il est très, très bon. Il connaît toute une campagne 2019 et certains commencent même à murmurer son nom dans la course au joueur le plus utile de la saison.  

Tout de même, le collectif prime et les résultats sont là après un départ très laborieux. L’effectif a été très peu remanié depuis leur catastrophique dernière saison, mais ils ont cru au processus amené par le nouvel entraîneur du club, Matias Almeyda, mais tranquillement, le travail a payé et la confiance est là. Ils viennent de battre le Galaxy de Los Angeles 3-1 après avoir tiré de l’arrière 1-0. C’est une équipe qui a le vent dans les voiles!

Enfin, n’oublions pas Minnesota United. On n’en parle pas beaucoup, mais ils sont une force tranquille cette année. Ils viennent d’obtenir une quatrième victoire de suite. Eux non plus ne comptent pas sur de très gros noms en attaque. Ils ont commencé la saison avec plusieurs matchs à l’étranger et ils disputeront désormais une majorité de matchs dans leur Allianz Field tout neuf, où ils prennent beaucoup de plaisir auprès de leurs partisans très animés.

Depuis le 21 juin, c’est la meilleure équipe dans l’Ouest avec quatre victoires, 14 buts pour et quatre buts contre.