Crédit : WADE RACKLEY/AUBURN ATHLETICS

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Édouard Julien ne pouvait dire non aux Twins

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Édouard Julien n’était pas prêt à faire le saut chez les professionnels à n’importe quel prix, et retourner pour une année de plus à l’Université d’Auburn ne le dérangeait pas du tout. Toutefois, quand il a vu l’offre que les Twins du Minnesota lui faisaient, il n’a pas eu le choix d’accepter.

Repêché en 18e ronde par les Twins en juin dernier, Julien avait clairement établi ses exigences financières auprès de l’organisation. Au départ, il semblait évident que la formation du Minnesota n’avait pas l’intention d’accepter les demandes du Québécois, lui souhaitant bonne chance pour la suite avec l’Université d’Auburn.

Toutefois, quelques semaines plus tard, les Twins ont rappelé, mentionnant qu’ils étaient prêts à bonifier leur offre, mais le montant était encore insuffisant aux yeux de Julien et de ses proches.

Contre-offre

À ce moment, le Québécois était persuadé qu’il retournerait pour une troisième année à Auburn. Il avait même fait une publication sur les réseaux sociaux confirmant qu’il allait être de retour à Auburn pour une troisième année.

Toutefois, les choses ont déboulé rapidement.

«Par la suite, plusieurs personnes haut placées dans l’organisation des Twins m’ont contacté pour s’excuser et me dire qu’ils avaient fait une erreur dans leurs calculs, qu’ils étaient prêts à m’offrir ce que je voulais», raconte le puissant cogneur natif de Sainte-Foy.

La prime d’engagement offerte à Julien, d’une valeur de 493 000 $, ne lui a pas laissé le choix d’accepter. Ce genre de montant n’est que très rarement offert à des choix de 18e ronde et est plus souvent réservé aux espoirs des rondes 1 à 4.

«C’est flatteur de savoir que plusieurs membres de l’équipe ont pris la peine de m’appeler. Ils m’ont fait une très bonne offre qui démontre qu’ils veulent vraiment de moi.»

Été chargé

Le plan initial des Twins aurait été d’envoyer Julien à leur filière d’Elizabethton, au niveau A faible.

Toutefois, le Québécois a été sélectionné pour représenter le Canada lors des prochains Jeux panaméricains, du 26 juillet au 11 août. Il demeurera donc en Floride d’ici là, puis rejoindra Elizabethton par la suite.

D’ailleurs, cette expérience aux «Panams» permettra à Julien de côtoyer certains des meilleurs joueurs de baseball canadiens et d’emmagasiner le plus d’expérience possible avant de faire ses débuts chez les professionnels.

«Quand on m’a appelé pour savoir si j’étais intéressé à représenter le Canada, ç’a vraiment été un honneur pour moi. L’expérience aux Jeux panaméricains ne sera pas juste bonne sur le plan baseball, c’est un peu comme des petits Jeux olympiques, et je vais côtoyer plusieurs joueurs plus vieux qui sont passés par où je passe en ce moment. Je vais là l’esprit ouvert, et je compte poser beaucoup de questions. Je veux apprendre d’eux.»

«Les plus belles années de baseball de ma vie»

Malgré l’alléchante offre financière des Twins du Minnesota, la décision de quitter l’Université Auburn n’a pas été facile pour Édouard Julien.

C’est avec un pincement au cœur que l’athlète de 20 ans a annoncé à son entraîneur Butch Thompson qu’il ne serait pas de retour l’an prochain.

«Je peux dire sans hésiter que ce furent les plus belles années de baseball de ma vie, a-t-il mentionné. J’ai eu la chance de jouer avec d’excellents coéquipiers et à un très haut niveau. J’ai joué contre des choix de première ronde et devant des foules de 15, 25 ou 30 000 personnes. Auburn va toujours rester dans mon cœur et ils sont l’une des raisons qui expliquent pourquoi je suis ici. Coach Thompson et tout le personnel d’entraîneurs m’ont beaucoup aidé à m’améliorer sur le plan baseball, mais ils m’ont surtout changé en tant que personne. Je suis vraiment content d’avoir eu la chance d’y jouer. C’est dur de partir.»

Il ne fait aucun doute que le parcours d’Édouard Julien a de quoi inspirer les jeunes joueurs de baseball québécois qui rêvent de faire carrière dans le baseball. Non seulement a-t-il été repêché par une équipe des majeures et a signé un contrat, mais il a surtout eu un impact direct au sein de l’une des meilleures universités de baseball aux États-Unis. Un fait d’armes dont très peu de joueurs du Québec peuvent se vanter.

Conseils aux jeunes

D’ailleurs, si Julien avait un seul conseil à donner à la relève québécoise, ce serait d’être patient avant de signer un contrat professionnel.

«Si j’ai un conseil à donner aux plus jeunes, c’est d’aller à l’université. Tu apprends tellement à tous les niveaux et parfois tu joues du baseball de niveau supérieur à ce que tu vas retrouver dans les rangs mineurs. La compétition à l’interne est intense et tu te crées un important réseau de contacts. Il y a très peu de joueurs québécois qui sont prêts à aller dans les mineurs en sortant directement du secondaire. Pour moi, la meilleure option est d’aller à l’université.»