Lutte

Jacques Rougeau père, une perte immense

Jacques Rougeau père, une perte immense

Patric Laprade

Publié 05 juillet
Mis à jour 05 juillet

Lorqu’on parle de la famille Rougeau, on mentionne souvent qu’elle est la famille royale de lutte au Québec, on parle de la dynastie de la famille Rougeau. Mais ce qu’on oublie souvent de mentionner c’est que cette dynastie n’aurait pas été possible sans Jacques Rougeau Sr., décédé le 1er juillet dernier à l’âge de 89 ans.

Le tout premier membre de la famille Rougeau à être devenu lutteur n’était en fait pas un Rougeau. Eddy Auger a débuté sa carrière dans les années 40 et sa sœur, Albina, était la mère de Jacques et Jean, qui sera mieux connu plus tard sous le nom de Johnny. C’est Auger qui a pris les deux frères sous son aile et qui les a initiés à la lutte professionnelle. Bien que Johnny Rougeau ait été le plus populaire des deux, ce dernier a eu deux filles qui n’ont jamais été impliquées dans le monde de la lutte professionnelle. De son côté, Jacques a eu cinq enfants et du nombre, quatre ont été impliqués, sans compter les trois garçons de Jacques Jr. qui l’ont été aussi.

Né le 27 mai 1930, Jacques Rougeau n’a jamais fait de lutte amateur comme plusieurs de son époque. Plus jeune, il s’entraînait plutôt à la boxe. Il a d’ailleurs été champion des Gants Dorés. « J’ai eu 36 combats amateurs et j’en ai gagné 35! », se rappelait Jacques Rougeau, lorsqu’il avait été interviewé pour le livre « À la semaine prochaine si Dieu le veut ».

C’est ce qui caractérisait la lutte de l’époque d’ailleurs. Tout était dans la perception. À moins d’avoir un talent exceptionnel, la grandeur, la grosseur et la stature du lutteur jouaient beaucoup dans la perception que les fans allaient avoir. Jacques Rougeau avait justement l’air d’un homme, un vrai. Les gens le regardaient et se disaient qu’il pouvait légitimement faire mal à quelqu’un. « Mon père était crédible, il avait l’air d’un lutteur. J’aurais payé pour voir mon père lutter », raconte son fils Raymond. Cette crédibilité dans un ring de lutte, Rougeau l’avait également parce qu’il savait se battre.

Pas assez payant au début

Ayant un frère et un oncle dans l’industrie, il était plus que probable qu’il entreprenne une carrière de lutteur professionnel. C’est dans le sous-sol du lutteur et photographe Tony Lanza, où se trouvait un ring, que Jacques Sr. a débuté son entraînement sous les directives de son oncle Eddy. Il a eu son tout premier match au Mont St-Louis le 30 novembre 1955, le Forum étant occupé par les Ice Capades ce mercredi-là. Auger et Johnny étaient également sur cette carte du promoteur Eddie Quinn. Il devait lutter contre Al Tucker, mais finalement, c’est contre Tony Angelo qu’il a obtenu cette première chance. À l’époque, la promotion dirigée par Quinn produisait aussi des événements en région, dans des plus petits marchés et c’était le promoteur Lucien Grégoire qui s’occupait de ces villes. « J’étais payé 15 $ pour aller lutter à Rivière-du-Loup, mais ça me coûtait 12 $ de transport », expliquait M. Rougeau. Il était très difficile à l’époque pour un Canadien-Français de percer au Forum. Yvon Robert, le lutteur le plus populaire de l’histoire de la province, était en fin de carrière. Il avait le dernier mot sur le lutteur québécois qui suivrait ses pas et il avait jeté son dévolu sur Johnny. Moins d’un an plus tard, en 1956, voyant que ça ne payait pas assez et doutant pouvoir subvenir aux besoins de sa famille, Rougeau a décidé de se réorienter et de laisser la lutte de côté.

Il est devenu maître d’hôtel au Mocambo, un club légendaire de Montréal, propriété de son frère Johnny. Un maître d’hôtel dans les années 50 et 60 était l’équivalent d’un « doorman » aujourd’hui. Son rôle était de s’assurer que tout se déroulait bien dans le club et ceux qui voulaient faire le trouble retrouvaient Jacques Rougeau sur leur chemin. Rougeau avait la réputation dans le « night life » montréalais d’être quelqu’un de « tough », qui avait planté tout le monde ou presque, réputation qui l’a suivie lorsque celui-ci est retourné dans le monde de la lutte une décennie plus tard.

En effet, son frère avait vendu le Mocambo et avait décidé de se réinvestir dans la lutte, en créant les As de la Lutte au milieu des années 60. Et bien entendu, il a demandé à son frère Jacques de donner une deuxième chance à la lutte.

« Un maudit bon russe! »

Il a lutté à plusieurs reprises avec son frère en équipe. Pour la génération de fans des années 80, les frères Rougeau étaient Raymond et Jacques, mais pour ceux qui suivaient la lutte dans les années 60 et 70, les frères Rougeau étaient Johnny et Jacques. Il a donc été appelé à lutter contre des gars comme Maurice Vachon, Hans Schmidt, Baron Von Raschke, Abdullah the Butcher et The Sheik pour ne nommer que ceux-là. Si Johnny était le plus charismatique, spectaculaire et le plus habile au micro des deux, Jacques était l’homme de main, solide comme du roc, celui avec qui tu ne voulais pas te battre. En équipe, ils ont donc rapidement connu du succès. D’ailleurs, la première fois que Jacques a fait les frais d’une finale au Forum, c’était en équipe avec son frère.

Pendant ces premières années, la promotion tournait beaucoup autour de Johnny. Ceci étant, cela ne veut pas dire que Jacques n’a pas contribué à la réussite de la promotion, au contraire. Alors qu’il était au Japon à l’automne 1967, Jacques a rencontré un jeune Canadien-Français d’un petit village près d’Ottawa nommé Oreal Perras. Luttant sous le nom de Red McNulty, il n’avait pas encore trouvé sa voie dans le monde de la lutte.

« Quand j’ai été avec un certain Red McNulty au Japon, je le regardais lutter et je me disais que si on lui rasait la tête, ça nous ferait un maudit bon russe. Je lui ai dit ‘si tu viens à Montréal tu vas devenir un russe on va te donner un push et tu vas faire de l’argent.’ Il a dit oui tout de suite, car il crevait de faim à Vancouver, racontait Rougeau. En revenant à Montréal, j’ai dit à mon frère Jean que s’il voulait faire venir ce gars-là ici, on allait l’appeler Ivan Koloff et qu’il allait pogner au boute. Il a rempli les arénas partout au Québec. J’avais eu une bonne idée! »

«Il a vu que j’avais du potentiel, se souvenait Koloff, en entrevue pour le même livre. Ils ont respecté leur parole et m’ont même donné le nom. Le nom Koloff venait de Dan Koloff qui luttait à Montréal il y a longtemps. Il me voyait comme un sosie de Lénine! »

Le 22 avril 1968, Johnny Rougeau et Koloff attirait 17 348 personnes pour le dernier événement au Forum avant les grosses rénovations ajoutant plusieurs milliers de sièges. C’était la plus grosse assistance de lutte à l’époque. Puis, une fois le Forum rouvert, le 11 novembre, Rougeau et Koloff attirait une autre salle comble, cette fois de 20 890 fans, la plus grosse assistance en 1968 dans le monde de la lutte en Amérique du Nord.

Les débuts de Raymond

C’est aussi cette année-là que Jacques a demandé à son garçon le plus vieux, Raymond, qui était âgé de 13 ans, s’il désirait suivre ses traces. Pour faire plaisir à son père, il a accepté. Raymond a donc commencé à s’entraîner, ne faisant pas les choses à moitié. Sur 365 jours, il s’est entraîné 364 jours, son père le réprimandant le seul soir où il ne s’était pas entraîné! Il faut dire que le paternel lui avait promis que s’il suivait ses directives, il commencerait sa carrière à l’âge de 16 ans.

C’est dans le sous-sol du gymnase du lutteur Lionel Robert, avec l’aide de deux Mexicains, que Raymond a appris les bases de la lutte, toujours sous la surveillance de son père. Grâce au sérieux que Raymond avait mis dans son entraînement, il a débuté sa carrière le 3 mai 1971 à Joliette, à l’âge de 16 ans comme lui avait promis son père. Dans ce temps-là, l’office de son oncle Johnny roulait deux villes le même soir. De ce fait, Johnny était présent lors des débuts de Raymond, mais pas son père, qui devait lutter le même soir au Centre Paul-Sauvé. Raymond explique pourquoi. « Mon oncle Jean a eu deux filles et il aurait tellement aimé avoir un garçon je pense, en fait j’ai été je pense pour lui le garçon qu’il n’a pas eu et qu’il aurait aimé avoir. »

L’année 1969 fut faste pour Jacques, particulièrement la seconde moitié. Le 11 août, il remportait le titre de la Commission Athlétique de Montréal pour la première fois, défaisant Abdullah the Butcher au Forum de Montréal devant 11 800 personnes. Il a ensuite fait les frais de la finale lors des trois événements suivants au Forum. Le 29 septembre, il défendait avec succès son titre face à Ivan Koloff devant 16 000 partisans. Le 24 novembre, il perdait le titre contre Abdullah devant 15 778 fans et le match revanche entre les deux, le 26 janvier 1970, avait attiré15 274 personnes. À ce moment-là, seul son frère Johnny attirait autant que lui au Québec. Il a par la suite fait équipe avec Gino Brito, remportant les titres par équipe avec ce dernier. C’était le début d’une longue amitié qui a duré jusqu’à son décès. Brito est devenu un ami de la famille et jusqu’à tout récemment, les deux se voyaient ou s’appelaient régulièrement. « Il était un gars franc et direct. C’est ce que j’aimais le plus de Jacques », se souvient Brito.

En 1972, alors que les As de la Lutte étaient en pleine guerre territoriale avec Lutte Grand Prix, Johny a décidé de présenter un événement au Parc Jarry, domicile des Expos de Montréal. Personne n’avait essayé ce coup d’éclat, alors que le stade comptait 8 000 sièges de plus que le stade Delorimier utilisé par Eddie Quinn. Mais Johnny avait la bonne recette : les trois Rougeau dans les trois finales. Le 17 juillet 1972, Raymond a battu Don Serrano, Jacques a vaincu le sanguinaire Sheik pour remporter une fois de plus le titre, tandis que Johnny Rougeau a affronté Abdullah the Butcher. Le gala a attiré 26 237 spectateurs, la plus grande assistance de lutte au Québec et au Canada à l’époque, la deuxième de tous les temps au Québec maintenant. Cet événement cimentera la dynastie des Rougeau dans la mémoire collective des Québécois à tout jamais. On décide d’y retourner le mois suivant, avec Jacques et Johnny contre Abdullah et Michel Dubois (qui remplace le Sheik), mais l’événement n’attire que 11 703 personnes.

Durant ces années glorieuses des As de la lutte, Rougeau a remporté le titre à plusieurs reprises. Pendant l’un de ses règnes, un incident presqu’incroyable est arrivé avec Dick Taylor, un lutteur de Détroit qui luttait à Montréal de temps à autre. Taylor et Rougeau étaient engagés dans une rivalité qui faisait beaucoup parler. Ils devaient s’affronter en finale d’un événement au Forum le 30 juillet 1973, où 20 000 personnes avaient hâte de voir le dénouement du combat. Mais, à la surprise de tous, Taylor ne s’est pas présenté. Quelqu’un a dit à Rougeau que Taylor vendait de la drogue à des jeunes dans un bar sur la rue Ontario Est à Montréal. Rougeau y est descendu avec Jos et Paul Leduc. Puisqu’il connaissait le maître d’hôtel, il s’est arrangé pour attendre Taylor dans l’arrière-boutique, sans que celui-ci ne le sache. «Dick Taylor est arrivé et il a mangé une « christie » de volée. Il a eu 118 points de suture dans le visage!, racontait le patriarche de la famille Rougeau, qui fut accusé au criminel, mais le procès n’aura jamais lieu. On ne l’a plus jamais revu. Il avait fallu que je me batte avec Creatchman ce soir-là pour satisfaire la foule! » Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que Rougeau était aux prises avec la justice, alors qu’en 1966, lors de la campagne électorale de son frère, il s’était battu avec Paul Martin fils, celui-là même qui allait devenir Premier Ministre du Canada en 2003! L’avocat des Rougeau était Fernand Lévesque, frère de René, qui allait devenir Premier Ministre du Québec. Ils étaient bien protégés.

Rougeau contre Vachon : un match de rêve

Vers la fin de 1973, les Vachon ont vendu leurs parts de Lutte Grand Prix au promoteur Tony Mulé. Après leur départ, les choses ont commencé à mal aller. Dans l’espoir de rester en vie et de générer un intérêt de la part des fans qui se faisaient de moins en moins nombreux, curieusement autant pour les As que pour Grand Prix, les deux promotions ont présenté des galas communs entre janvier et avril 1974. Le premier gala conjoint au Forum le 12 février a attiré 18 184 personnes alors que Jacques Rougeau et Don Leo Jonathan s’affrontaient en finale. Le match revanche le 11 mars toujours au Forum a pour sa part attiré 12 711 spectateurs. Ce sont vraiment les deux seuls événements conjoints à avoir connu du succès à la billetterie. Cette même année, le 12 août, les As de la Lutte, maintenant propriété de Johnny, Jacques et Raymond, décident de retourner au Parc Jarry, avec en finale Jacques contre Mad Dog Vachon. Il s’agissait d’un match que Lutte Grand Prix et les As n’avaient pas été en mesure de présenter plus tôt dans l’année lors des événements conjoints et c’était un match que les amateurs voulaient voir depuis longtemps.

Question de mettre l’eau à la bouche aux fans, quelques semaines avant l’événement, Jacques avait défait Paul Vachon. Les promoteurs voulaient remplir le Parc Jarry pour cet événement entre deux durs à cuire qui avaient une réputation et un passé similaires. Mais horreur ! Jacques Rougeau se blesse peu de temps avant le gala.

« Dix jours avant le combat contre Maurice au Parc Jarry mon père s’est cassé l’os du péroné, explique Raymond. Nous étions au Cap-de-la-Madeleine et l’autre lutteur est tombé sur lui et nous avions entendu le son de l’os qui se brise dans sa jambe. Ils lui ont mis un plâtre le soir-même. Le matin du show on a scié le plâtre et on lui a mis une jambière de hockey coupé qu’on lui a « strappé » sur la jambe pour la journée. Après le show nous sommes allés à l’hôpital et ils lui ont refait un plâtre, les médecins étaient en maudit qu’il ait pris un risque pareil. Maurice et mon père ne s’étaient pas ménagés pour compenser et ils avaient tous les deux le visage tuméfié. Mais Maurice a respecté sa jambe tout le combat en prenant soins de ne pas la travailler. »

Les deux hommes sont sortis du combat tout en sang ayant repoussé leurs limites afin d’offrir un spectacle ou plutôt une « vraie » bataille entre deux bagarreurs dont la réputation n’était plus à faire à Montréal. Malgré la blessure que cachait Rougeau, ce dernier a remporté la chute décisive par arrêt de l’arbitre à cause du sang que perdait Mad Dog. Le match n’a attiré que 10 000 personnes, bien en deçà des projections. Un match revanche à Québec n’a pas fait mieux. Même si certains ont blâmé la grève des employés du métro pour la faible assistance à Montréal, la réalité est que ces deux matchs étaient arrivés un an trop tard. La rivalité entre les As et Grand Prix n’existait plus. Les As avaient remporté la bataille.

Mis à part le territoire de Montréal, Rougeau a aussi lutté pour la NWF dans la région de Buffalo et Cleveland, du promoteur Pedro Martinez. Il a été champion de cette promotion en plus de détenir les titres par équipe avec Johnny Powers. Rougeau y a travaillé, entre autres, avec The Sheik, The Love Brothers, Waldo Von Erich et Sweet Daddy Siki. Rougeau a aussi voyagé au Japon à trois reprises, soit deux fois entre 1967 et 1969 et une dernière fois en 1975, cette fois-ci avec Raymond, pour la New Japan d’Antonio Inoki, un lutteur légendaire au Japon.

Les débuts de Jacques fils

Toute bonne chose a une fin. La lutte n’était plus ce qu’elle était et lorsque les Rougeau ont vendu l’office de lutte à Montréal en 1976, ce fut la fin de la carrière active et régulière de Jacques Rougeau. Cependant, c’est à ce moment que la carrière d’un autre des fils à Jacques, Jacques Jr. a débuté. Mais contrairement à Raymond, le paternel ne voyait pas d’un bon œil l’arrivée de Jacques dans le milieu. « Mon père ne voulait pas que je devienne lutteur, car il soutenait que j’avais plutôt un physique de ballerine. Il disait que je n’étais pas prêt et il ne voulait pas que je lutte à Montréal », explique Jacques, alors âgé de 17 ans. Néanmoins, il a obtenu son premier combat à l’Auditorium de Verdun en 1977 contre Michel Gagnon et a ensuite pris les moyens nécessaires. « J’ai alors emprunté 350 $ en cachette à ma mère et j’ai téléphoné au promoteur Stu Hart de Calgary pour lui offrir mes services. Ce fut ensuite la tournée des États-Unis et du Mexique jusqu’à mon retour définitif au Québec en 1981 », explique Jacques Jr.

Une année après le retour de Jacques Jr., le troisième fils de Jacques, Armand, a fait à son tour ses débuts comme lutteur, après avoir été entraîné par Raymond. De 1982 à 1985, il y avait donc trois Rougeau qui travaillaient pour Lutte Internationale, propriété de Gino Brito et Dino Bravo.

C’est alors que Jacques père est sorti quelque peu de sa retraite. Il l’a fait pour avoir la chance de faire équipe avec ses fils à quelques reprises, comme le 23 juillet 1984 au Forum, alors que les quatre Rougeau, Jacques Sr., Jacques Jr., Raymond et Armand, ont affronté et battu Tarzan Tyler, Masked Superstar, Mad Dog Lefebvre et Richard Charland devant 15 562 spectateurs. En décembre 1984, Jacques a lutté une dernière fois, en compagnie de Jacques et Raymond, avant de se retirer.

Mais ce n’était pas encore la fin pour lui.

L’un des derniers programmes dans lequel Rougeau a participé est le fameux « Massacre de la Saint-Jean-Baptiste » le 24 juin 1985, alors que les Rougeau étaient censés affronter les Garvin, Jimmy et Ronnie, accompagnés de leur valet Precious. Aussitôt que les Rougeau sont entrés dans l’arène, Jacques Jr. s’est fait aveugler par la bobonne de laque pour les cheveux de Precious. Ensuite, les deux Garvin se sont attaqués à Raymond, qui était en désavantage numérique. C’est alors que Jacques père est intervenu, mais les Garvin étaient prêts et ont rué le paternel de coups de pieds jusqu’à ce qu’il quitte sur une civière. La foule présente lors de ce gala était hystérique face à l’attaque que les Garvin avaient fait subir à Rougeau père. C’était un affront à la nation. Les deux matchs revanches au Forum ont attiré respectivement 17 502 et 21 500 fans, faisant de cette rivalité l’une des plus importantes de l’histoire du Québec. Comme le « Massacre du Vendredi Saint », le fameux match entre les Canadiens et les Nordiques en avril 1984, le « Massacre de la Saint-Jean-Baptiste » restera à jamais dans les annales sportives du Québec.

Par la suite, Rougeau a toujours continué d’être présent pour ses fils. Dans une des bagarres d’arrière-scène les plus connues de l’histoire de la WWF, Jacques Rougeau Jr a frappé Dynamite Kid avec un rouleau de trente sous dans son poing. Devinez qui avait eu cette idée ? Vous l’avez dans le mille, Jacques père! Il en riait encore lorsqu’il en parlait!

Lors de la première retraite de Jacques Jr. en 1994, dans un combat mémorable contre son ancien partenaire Pierre-Carl Ouellet et réunissant toute la famille Rougeau au Forum, la véritable histoire était entre un père et son fils. Après la victoire de Jacques, son père lui a murmuré dans l’oreille : « Je suis fier de toi mon gars ». Pour Jacques Rougeau Jr. ce fut un moment fort émouvant qui le fit pleurer. «C’est ce que mon cœur désirait entendre depuis longtemps. Ce furent les 30 secondes les plus belles de ma vie », se souvient Jacques Jr.

Jacques Sr. faisait également partie de l’entourage de Raymond lorsque celui-ci avait affronté Owen Hart à Montréal dans un combat de boxe. Il a aussi fait les commentaires aux côtés de Raymond, alors que celui-ci était le commentateur francophone attitré pour la WWF. M. Rougeau était aussi présent au Forum en 1996 lors de la dernière carte de lutte dans ce temple qu’il avait si bien connu. Quelques mois auparavant, l’une de ses filles, Joanne, avait fait ses débuts comme promotrice locale pour la WWF, principalement au Québec. Finalement, trois ans plus tard, en août 1999, à l’âge de 69 ans, M. Rougeau faisait un retour dans l’arène pour la promotion de Jacques Jr. Pour une dernière fois, en équipe avec Jacques et Raymond, ils ont affronté les Garvin et Michel Dubois, faisant ainsi un clin d’œil au passé.

En 2004, après une carrière hors du commun, il fut intronisé au Temple de la Renommée de la Lutte au Québec.

L’héritage de Jacques Rougeau

Jacques Rougeau ne donnait plus d’entrevues et ne faisait plus d’apparitions publiques depuis plusieurs années. Il s’était retiré dans sa maison de Rawdon avec sa deuxième épouse et conjointe des 23 dernières années, Louise Parizeau. Sa première femme et mère de ses enfants, Virginia Mitchell (décédée en 2008), et lui s’étaient divorcés il y a plus d’une trentaine d’années. Il passait ses hivers en Floride jusqu’à ce que sa santé ne lui permette plus. Il avait été diagnostiqué avec une fibrose pulmonaire, une maladie dégénérative et il est décédé dans l’après-midi du 1er juillet, en toute sérénité, entouré de ses proches. M. Rougeau laisse dans le deuil sa femme Louise, ses cinq enfants – Raymond, Jacques Armand, Joanne et Diane – cette dernière étant la seule à n’avoir jamais été impliquée dans le monde de la lutte professionnelle – plusieurs petits-enfants et arrière-petits-enfants. Du nombre, notons l’ancien joueur de hockey de la LNH, maintenant panéliste, Denis Gauthier Jr. ainsi que le fils de ce dernier, Kaylen, qui frappe aux portes de la LHJMQ.

Malgré ses succès, Jacques Rougeau Sr. restera dans le souvenir de certains comme étant le père de Jacques Jr. et de Raymond ou bien le frère de Jean. Comme dit Gino Brito, il a toujours lutté dans l’ombre de son frère Johnny. Mais la réalité est que Jacques Rougeau est celui qui aura été le lien entre toutes les générations de la famille Rougeau. Il a fait équipe avec son oncle, avec son frère et avec ses trois fils. La dynastie des Rougeau n’en serait pas une sans lui. Jacques père a ajouté six membres à cette dynastie, alors que les trois fils de Jacques fils, Jean-Jacques, Cédric et Émile, ont tous lutté pendant quelques années, Cédric obtenant même un essai avec la WWE en 2016. Jacques Jr. et ses trois fils se sont cependant retirés du monde de la lutte en août dernier, après avoir fait équipe les quatre ensembles pour la première fois, à l’image de ce que Jacques Sr. avait fait en 1984.

Si ça n’a pas fonctionné pour Cédric, l’un des élèves de l’école de lutte de Jacques Jr., Kevin Steen (Kevin Owens), qui s’y est entraîné jusqu’en 2003, est maintenant une vedette avec la WWE. À travers la carrière d’Owens et celle de Raymond, qui travaille toujours pour la WWE comme commentateur francophone pour la chaîne de la WWE, l’héritage de Jacques père continue d’exister aujourd’hui.

Il était un homme qui savait se battre, doublé d’une grande force et d’un bon physique, mais aussi d’une noblesse et d’une humilité comme on n’en voit plus aujourd’hui. Il détient une place vitale dans l’histoire de sa famille, mais aussi dans celle de l’histoire de la lutte québécoise.

**avec la collaboration de Bertrand Hébert

Matchs de la semaine

  1. Ricochet c. AJ Styles
  2. Roderick Strong c. Tyler Breeze
  3. Moustache Mountain c. Zack Gibson et James Drake

Vidéo de la semaine

Drake Maverick redevient champion 24/7

 

Résultats rapides

Dallas, Texas

  • Le combat entre Braun Strowman et Bobby Lashley n’a pas fait de gagnants
  • Big E et Xavier Woods ont battu les Viking Raiders par disqualification
  • Samoa Joe et les Viking Raiders ont défait Big E, Xavier Woods et Kofi Kingston
  • Lacey Evans, acc. par Baron Corbin a vaincu Natalya
  • Le Miz a battu Elias dans un match 2 de 3
  • Becky Lynch et Seth Rollins ont défait Maria et Mike Kanellis
  • Carmella a vaincu Alexa Bliss, acc. par Nikki Cross
  • Nikki Cross, acc. par Alexa Bliss a battu Carmella
  • Le champion des États-Unis Ricochet a défait AJ Styles

Vidéo de la semaine

Ça brasse au Kevin Owens Show cette semaine!

 

Résultats rapides

San Antonio, Texas

  • Daniel Bryan, acc. par Rowan a battu Big E, acc. par Xavier Woods
  • Bayley a défait Nikki Cross
  • Andrade, acc. par Zelina Vega a vaincu Apollo Crews
  • Ember Moon a battu Mandy Rose, acc. par Sonya Deville
  • Heavy Machinery ont défait Kevin Owens et Dolph Ziggler pour obtenir une place dans le match de championnat par équipe à Extreme Rules

Vidéo de la semaine

Gros 3 contre 3

 

Résultats rapides

San Antonio, Texas

  • Le Lucha House Party a battu les frères Singh
  • Tony Nese, Oney Lorcan et Jack Gallagher ont défait Drew Gulak, Ariya Daivari et Mike Kanellis

Vidéo de la semaine

Très bon match entre Strong et Breeze

 

Résultats rapides

Winter Park, Floride

  • Mia Yim a battu Aliyah, acc. par Vanessa Borne
  • Kushida a défait Jeff Parker
  • Cameron Grimes a vaincu Isaiah Scott pour avancer dans le tournoi Breakout
  • Bianca Belair a battu Priscilla Zuniga
  • Roderick Strong a défait Tyler Breeze

Vidéo de la semaine

Voici le résumé de la semaine :

Résultats rapides

Leicestershire, Angleterre

  • Piper Niven a battu Rhea Ripley
  • Alexander Wolfe a défait Jack Starz
  • Jazzy Gilbert, acc. par Jinny a vaincu Dani Luna et Mercedes Blaze dans un match handicap
  • Les Moustache Mountain ont battu Zack Gibson et James Drake par disqualification

Ceci complète le tour d’horizon à la WWE pour cette semaine.

Ne manquez pas la lutte WWE Raw, à l’antenne de TVA Sports, tous les mercredis en fin de soirée avec Kevin Raphaël et moi-même, Patric Laprade. Pour plus de détails sur l’heure de diffusion et sur les rediffusions, consultez la grille horaire de TVA Sports. De plus, ne manquez pas notre baladodiffusion sur QUB Radio à toutes les deux semaines, disponible sur iTunes, Google Play, Spotify et Stitcher.

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Sur ce, je vous dis à la semaine prochaine, c’est un rendez-vous!