Crédit : Troy Wayrynen-USA TODAY Sports

MLS

Portrait des éliminatoires : l’exploit pour Portland, l’échec pour Toronto?

Portrait des éliminatoires : l’exploit pour Portland, l’échec pour Toronto?

Patrice Bernier

Publié 03 juillet
Mis à jour 03 juillet

La deuxième moitié de la saison 2019, en MLS, est maintenant bien en marche.

L'Impact l'a amorcée de belle façon avec deux bonnes performances, même si l'une d'entre elles s'est terminée sur une défaite (à Atlanta). On peut voir qu'il y a un certain regain de vie du côté des hommes de Rémi Garde.

Qu'est-ce qui fait la différence en deuxième moitié de campagne? Ce n'est pas nécessairement les tactiques, parce que toutes les équipes ont joué au moins 17 ou 18 matchs et tout le monde se connaît. Ce qui compte, c'est l'état d'esprit du groupe, la solidarité, sa confiance en ce que les entraîneurs lui demandent de faire sur le terrain au point de vue tactique, et la détermination à conserver sa place pour les éliminatoires, ou trouver une façon d’y accéder.

D’ailleurs, il semble y avoir une équipe, chaque année, qui profite d'une situation favorable pour remonter la pente. Ça peut être une séquence de victoires ou de matchs à domicile, un changement d'entraîneur ou la venue d'un nouveau joueur. Il faut aussi, parfois, profiter de la chute d’une équipe bien classée pour se mettre dans le portrait des éliminatoires.

Verra-t-on de telles situations cette année? Y a-t-il une équipe qui réussira l’exploit des Sounders de 2016-2017-2018, de l’Impact en 2015 ou de D.C. United l’an dernier?

Regardons les possibilités :

DANS L’EST

Parmi les clubs présentement hors des éliminatoires, aucun n’apparaît très clairement en mesure de remonter la pente. Ce qu'on voit, c'est que les six ou sept équipes en voie de faire les séries sont bien parties. Le New York City FC ne semble pas perdre, alors que les Red Bulls et Atlanta United ont pas mal retrouvé leur aplomb et leur place dans le top sept.

Toutefois, ce qu'on remarque, c'est que du côté du Toronto FC, ça ne va pas si bien ces temps-ci. Les «Reds», qui sont actuellement en septième place, pourraient-ils être cette équipe qui va chuter pour permettre à une autre de rentrer en éliminatoires? Si on regarde leur fiche dernièrement, ils n’ont qu’une seule victoire à leurs dix derniers matchs. Ils encaissent beaucoup de buts, c’est d’ailleurs pourquoi ils sont allés chercher le défenseur Omar Gonzalez. En attaque, ils continuent à marquer des buts, c’est derrière qu’ils en arrachent.

Si je devais parier sur l’équipe qui va sortir du portrait des séries dans l’Est, ce serait Toronto.

Mais qui pourrait bien prendre sa place? Comme je l’ai mentionné plus haut, il n’y a pas de candidat très évident. Il vaut cependant la peine de parler d’Orlando City, qui, on s’en doute, aimerait bien accéder aux  éliminatoires pour une première fois depuis son entrée en MLS en 2015.

Ils occupent présentement la huitième place. Dans le passé, ils ont souvent croulé sous la pression. Par contre, si on regarde leur calendrier, on constate qu’ils disputeront 10 de leurs 17 derniers matchs de la campagne à domicile. La MLS est certainement une ligue de «homers», si on peut dire, donc ce facteur-là me permet de croire en leur potentiel d’entrer en séries.

Il faut aussi parler du Revolution de la Nouvelle-Angleterre. L’arrivée du nouvel entraîneur du club, Bruce Arena, a visiblement amené un nouveau souffle. On n’a pas connu la défaite depuis son entrée en fonction, alors que l’équipe a obtenu trois victoires et trois nulles. Cette équipe pourrait peut-être se glisser en séries.

Toutefois, sur 16 matchs restants, ils en joueront neuf à l’extérieur. Et leur fiche de 1-4-3 à l’étranger, cette saison, n’est pas exactement reluisante. Ça reste à voir.

La carte cachée, dans tout ça, c’est le «mercato», qui va s’ouvrir le 9 juillet en MLS. On a vu, dans le passé, des joueurs comme Wayne Rooney, Nicolas Lodeiro ou Didier Drogba, arriver pour débloquer la situation d’un club. Que ce soit par un optimisme nouveau ou un impact remarquable sur le terrain, ils peuvent soit aider un club à finir en force, ou à réaliser la remontée nécessaire pour entrer en séries.

DANS L’OUEST

Le portrait apparaît un peu plus clair : s’il est une équipe qui pourrait tomber, c’est le Dynamo de Houston. Après un très solide début de saison, sans doute lié à une grande quantité de matchs à domicile, ça devient beaucoup plus difficile depuis un mois. Le club se retrouve maintenant en septième place et à ses six derniers matchs, c’est une victoire, un match nul et quatre défaites pour seulement cinq buts marqués et quatre autres encaissés. Oui, l’équipe a vu plusieurs de ses meilleurs éléments partir à la Gold Cup, mais il y a tout de même beaucoup de questions à se poser à Houston.

On parle ici d’un candidat tout désigné pour une chute au classement. Qui plus est l’équipe jouera une majorité de ses matchs restants à l’étranger, et pas contre n’importe qui : le Los Angeles FC, l’Union de Philadelphie, Atlanta United, New York City et le Toronto FC sont notamment au menu.

Et s’il y a un club en mesure de lui chiper sa place en éliminatoires, c’est bien Portland. Les Timbers ont beaucoup d’expérience, ils ont remporté le titre en 2015, atteint la grande finale la saison dernière et si on regarde leur calendrier d’ici la fin de la saison, on constate qu’ils joueront 14 de leurs 18 derniers matchs dans leur Providence Park fraîchement rénové, devant une «Timbers Army» plus remontée que jamais. Ils en auront même dix de suite entre août et septembre.

Il ne faut pas oublier, non plus, l’apport spectaculaire du nouvel attaquant de l’équipe, Brian Fernandez. Le joueur désigné en est à six buts en cinq matchs depuis son arrivée! C’est un record. Il aurait coûté de 10 à 12 millions à l’équipe en frais de transfert. Il a certainement bien répondu à l’appel. Comme on le voit ici, la qualité a un prix.

Mention spéciale aux Earthquakes de San Jose : au début de la saison, peu d’observateurs les voyaient en séries. Il y a trois semaines, ils n’étaient pas encore dans le portrait. Mais il semble bien que le système de jeu de l’entraîneur Matias Almeyda, entré en poste durant la saison morte, commence à porter ses fruits.

Si on regarde les six derniers matchs, San Jose est probablement l’équipe la plus en forme dans l’Ouest. Et elle occupe maintenant le cinquième rang au classement. Il faudra voir s’ils continueront sur cette lancée, mais chapeau à Almeyda, parce que personne ou presque n’avait prédit cette montée en puissance.