Félix Auger-Aliassime

Photo : Félix Auger-Aliassime Crédit : AFP

Tennis

Auger-Aliassime: une première depuis 1991

Publié | Mis à jour

Même s’il n’est âgé que de 18 ans, Félix Auger-Aliassime continue d’accumuler les plateaux intéressants dans l’histoire du tennis québécois. Ce fut encore le cas, mercredi, grâce à sa victoire de 6-3, 4-6, 6-4 et 6-2 contre le Français Corentin Moutet.

Il est devenu le premier Québécois à atteindre le troisième tour du tournoi masculin de Wimbledon depuis Martin Laurendeau en 1991. À l’époque, celui qui est maintenant entraîneur s’était incliné contre le Russe Alexander Volkov.

Une disette plus longue que la dernière conquête de la Coupe Stanley de 1993 par le Canadien. C’est un autre exploit intéressant qui s’ajoute à la feuille de route d’Auger-Aliassime.

«C’est spécial pour moi, a-t-il indiqué lorsqu’interrogé à ce sujet par le représentant du Journal de Montréal. C’est un honneur pour moi de bien représenter ma province et mon pays.

J’espère que je vais pouvoir pousser ce plateau à un autre niveau. C’est positif, mais ça ne peut être que le début aussi.»

Moutet le coriace

Auger-Aliassime a eu droit un bon défi contre Moutet qui a démontré de belles choses pendant les trois heures du duel. Le Français a notamment été en mesure d’arracher une manche à la 21e raquette mondiale. Ce n’est pas rien.

«Moutet avait inscrit une belle victoire au premier tour et il avait fait de bonnes choses, a souligné Auger-Aliassime. Il m’a surpris un peu par rapport à la dernière fois que je l’avais joué dans un tournoi de type Challenger à Lyon. Il y a eu une amélioration évidente dans son jeu.»

«Je me laisse rarement surprendre par mes adversaires parce qu’ils méritent tous d’être ici et qu’ils sont tous difficiles à battre. Je suis toujours très humble par rapport à ceux que j’affronte.»

Il a reconnu qu’il n’était pas dans sa zone au début du match.

«Je crois que les circonstances d’être le favori m’a rendu nerveux, a-t-il précisé. Je l’avais déjà affronté auparavant, mais aujourd’hui, c’était sur une grande scène. Donc, la nervosité peut entrer en ligne de compte et tu ne peux pas empêcher cela.»

«J’ai tenté de gérer cela du mieux que je pouvais. J’ai été en mesure de bien jouer chaque fois où je devais sauver une balle de bris (il l’a réussi 12 fois sur une possibilité de 14). Je crois que ce fut une clé importante de ma victoire.»

Un avertissement

L’athlète de 18 ans s’est aussi fâché parce que les choses ne se déroulaient pas comme il le souhaitait sur le terrain. Il est arrivé vers sa chaise et il a lancé sa raquette contre son sac.

Ça lui a valu un avertissement verbal de l’arbitre Marija Cica. Auger-Aliassime s’est tout de suite ressaisi en prenant une bonne inspiration.

«Ce sont des choses qui arrivent, a souligné Auger-Aliassime. Il y a eu un peu de frustration. J’avais l’avance pendant la deuxième manche.

J’ai perdu un jeu de la mauvaise façon. Oui, j’ai montré un peu ma frustration. Ce n’est pas idéal, mais je suis revenu de belle façon.»

Un concerto avec ça?

Vendredi, Auger-Aliassime affrontera un autre Français, Ugo Humbert, au troisième tour. C’est un duel qui aurait aussi pu se dérouler derrière un piano. Pourquoi ?

Les deux joueurs sont capables de bien se débrouiller avec cet instrument. Cependant, le Québécois concède un avantage à son opposant français sur cette scène.

«Humbert est le meilleur de nous trois, a confirmé Auger-Aliassime en ajoutant que Moutet était également un bon joueur de piano. Les deux, je les ai vus jouer. Il est capable de jouer du classique et du populaire.»

«Je ne crois pas cependant qu’il va pouvoir m’intimider avec ça vendredi.»