Canadiens

Marc Bergevin : Monsieur le Loup

Publié | Mis à jour

Il y a un loup dans la bergerie. Le loup, c’est Marc Bergevin. Il cherchera à manger une bête plus faible, un mouton. Mais le mouton a encore du temps pour se sauver, beaucoup de temps.

Le mouton, c’est Don Waddell. D’ici les sept prochains jours, Waddell cognera à la porte de son propriétaire chez les Hurricanes de la Caroline, Thomas Dundon.

Le directeur général des «Canes» implorera son proprio de lui trouver de l’argent rapidement. Une somme colossale pour lui permettre de ne pas se faire engloutir par une équipe plus riche, les Canadiens de Montréal.

En cette date du 1er juillet, Bergevin a emprunté une stratégie rare en déposant une offre hostile à Sebastian Aho, un joueur autonome avec compensation. Aho, un centre de 21 ans, a dit oui à la proposition du CH: cinq ans et 42,27 millions $, soit une moyenne annuelle de 8,454 millions $ .

Les «Canes» auront maintenant sept jours pour égaler la proposition. S’ils ne le font pas, ils recevront un choix de premier tour, un choix de deuxième tour et un choix de troisième tour en 2020 en guise de compensation. Le prix à payer ne serait pas élevé pour un centre qui a amassé 83 points (30 buts, 53 aides) en 82 matchs l’an dernier.

Plus de 21 millions en 12 mois

La structure du contrat est construite pour faire trembler les Hurricanes, une équipe qui ne nage pas dans les millions. L’estimé collègue Pierre Lebrun, du site The Athletic, a rapporté que le Finlandais gagnera 11,3 millions $ en bonis dès le mois de juillet et 700 000 $ comme salaire de base.

Pour la saison 2020-2021, le Finlandais toucherait 9,87 millions$ en bonis le 1er juillet 2020 et encore 700 000 $ comme salaire de base.

Après un savant calcul mathématique, on arrive à une somme de 21,87 millions dans les 12 prochains mois.

C’est le plan de Bergevin et du CH. Ils désirent étouffer financièrement les Hurricanes et leur propriétaire. Il faut rappeler que Dundon a perdu 70 millions dans l’aventure de l’Alliance of American Football (AAF), un circuit qui est mort en moins d’un an.

«Nous avons regardé plusieurs scénarios, a expliqué le DG du CH. Quand tu fais une offre comme celle-là, tu cherches une position vulnérable. Nous avons identifié cette équipe (Hurricanes) et le joueur. C’est un joueur que nous adorons.»

«Aho a un potentiel pour devenir un centre numéro 1, a-t-il poursuivi. Il a déjà accompli de belles choses en Caroline, et pas juste en saison. Il était bon aussi en séries. Il est vraiment jeune. Il cadrerait bien avec notre groupe de jeunes à Montréal.

Point de presse de Marc Bergevin - TVA Sports

«C’est un joueur qui veut venir jouer à Montréal. Il n’était pas obligé d’accepter cette offre. Il souhaite faire partie de notre organisation, nous avons un bon groupe de jeunes.»

Quand Bergevin dit qu’Aho désire poursuivre sa carrière à Montréal, c’est vrai. Avec le Tricolore, il retrouverait d’autres Finlandais avec Jesperi Kotkaniemi et Joel Armia. Mais il ne contrôle pas son destin. Dundon, qui a acheté les Hurricanes au mois de janvier 2018, est celui qui aura le dernier mot.

Aho ou rien...

Le CH a fait preuve d’audace avec cette proposition hostile à l’un des meilleurs jeunes centres de la Ligue nationale de hockey (LNH). Ça vient toutefois avec un danger. Bergevin a placé plus de huit millions $ sur la glace pour Aho.

En agissant de la sorte, il n’a pas réussi à attirer un joueur autonome sans compensation de renom à Montréal. Oui, il a acquis le gardien Keith Kinkaid, mais il ne changera pas le visage de l’équipe.

En conférence de presse, Bergevin a refusé de parler d’Aho comme un plan B à Matt Duchene qui a finalement accepté de poursuivre sa carrière avec les Predators de Nashville (56 millions $ pour sept ans).

«Ça démontre à nos partisans que nous voulons être une bonne équipe, a affirmé Bergevin. Nous trouvons que Aho est le joueur qui peut aider notre équipe. Il y a des risques quand tu optes pour une telle stratégie. Il y a des joueurs qui signeront des contrats (au cours des prochains jours). Tu ne peux pas juste dépasser et ensuite revenir sous le plafond. Mais même si ça ne marche pas, nous avons le sentiment de miser sur une bonne équipe.»

Aucun DG de la LNH n’avait osé utiliser cette tactique d’une offre hostile depuis Jay Feaster avec les Flames de Calgary en 2013. À cette époque, les Flames avaient tenté sans succès de déraciner Ryan O’Reilly de l’Avalanche du Colorado en lui proposant un contrat de dix millions $ pour deux ans (5 millions $ par année).

Sur Twitter, les Hurricanes ont posé une question à leurs partisans. Allons-nous égaler l’offre pour Sebastian Aho? Les deux choix de réponse étaient YES ou OUI.

Il ne s’agit pas d’une réponse officielle, mais avant d’écrire ce gazouillis, le responsable du compte de l’équipe a probablement demandé la permission à son DG ou à son propriétaire. Du moins, on lui souhaite s’il désire garder son emploi.