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La LNH «très possible» pour Teasdale

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Au premier jour du camp de développement des espoirs du Canadien, les caméras se braquaient sur Cole Caufield, Ryan Poehling et Nick Suzuki, trois choix de premier tour, mais aussi trois espoirs de premier plan.

Il y avait un joueur plus en retrait dans l’un des gymnases du Complexe sportif à Brossard. Joël Teasdale se retrouvait seul devant l’auteur de ces lignes, il n’était pas encerclé par une poignée de journalistes comme les trois autres attaquants.

Cette image représente assez bien l’histoire de Teasdale. Il a souvent eu à se battre pour sortir de l’ombre. À pareille date l’an dernier, l’ailier gauche s’était présenté à ce même camp avec un simple carton d’invitation.

Il a suffisamment attiré l’attention de Marc Bergevin pour recevoir une invitation au camp des recrues quelques semaines plus tard et ensuite au camp d’entraînement de l’équipe, en septembre. Il en est ressorti avec un contrat en poche.

«Je suis heureux de mon chemin, a raconté Teasdale. Il y a eu des déceptions quand je n’ai pas été repêché à ma première et à ma deuxième année. Même si je n’avais pas d’attentes, je sortais de là déçu.

«Mais j’ai toujours cru en moi. J’ai fait ma place en empruntant une route différente. J’avais juste besoin de recevoir une chance et le Canadien m’a donné cette chance en me faisant signer un contrat lors du camp l’an dernier.»

Fin parfaite

Le CH a réalisé un très bon coup en lui offrant un contrat à l’automne dernier. Près d’un an plus tard, il fait partie des beaux espoirs de l’organisation.

À sa dernière année dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, l’ailier originaire de Repentigny a amassé 80 points (43 buts, 37 passes) en 66 rencontres. Échangé aux Huskies de Rouyn-Noranda par l’Armada de Blainville-Boisbriand en fin de saison, il a été l’un des acteurs clés de la conquête de la coupe du Président et de la coupe Memorial.

En séries, il a trôné au sommet des marqueurs de la LHJMQ avec 34 points (14 buts, 20 passes) en 20 matchs. Il a poursuivi sur sa lancée à Halifax à la Coupe Memorial avec cinq points (4 buts, 1 passe) en cinq matchs.

«C’était un scénario de rêve pour terminer mon séjour dans le junior, a-t-il répliqué. J’ai gagné la coupe du Président et la coupe Memorial, je ne pouvais demander mieux. J’ai aussi reçu un honneur incroyable avec le titre du joueur le plus utile (trophée Stafford-Smythe) à la Coupe Memorial.»

«C’était bien de terminer d’une aussi belle façon, a-t-il continué. Mais c’était un travail d’équipe, il y avait une ambiance incroyable dans le vestiaire à Rouyn-Noranda. Nous avions une belle chimie.»

Jouer malgré la douleur

Mario Pouliot, l’entraîneur en chef des Huskies, a décrit l’espoir du CH comme un jeune homme courageux et déterminé.

«J’étais vraiment content qu’on gagne, c’était un très beau cadeau pour un gars comme Joël, a souligné Pouliot. Il avait perdu deux fois en finale avec l’Armada. C’est un gars des grandes occasions. Quand tu as besoin d’un gros jeu ou d’un gros but, il le réussit. Il les marquait à la Joël Teasdale, soit en fonçant au filet et en débordant un défenseur.»

«Les gens ne peuvent même pas s’imaginer comment il était blessé en séries, a-t-il enchaîné. Il s’était blessé dès le premier tour contre Shawinigan. Il a aussi subi un autre malaise au bas du corps. Il avait de la difficulté à marcher, mais il n’a jamais ralenti. À Halifax pour la Coupe Memorial, il a aussi lourdement chuté contre la bande et il s’est encore fait mal. J’ai un grand respect pour l’individu et le joueur, c’était un plaisir incroyable de le coacher.»

«Il fait un peu partie de l’ancienne génération, pas de la nouvelle, a conclu Pouliot. Il est toujours souriant, il veut se faire coacher. Tu peux lui dire les vraies choses et il l’accepte. J’aime sa maturité, il est responsable. C’est un individu de première classe.»

Retrouvailles à Laval

À 20 ans, Joël Teasdale fera ses premiers pas chez les professionnels avec le Rocket de Laval la saison prochaine. C’est le plan le plus logique pour lui. Il renouera avec Joël Bouchard et Daniel Jacob, deux anciens entraîneurs avec l’Armada.

«Je sais que la marche est haute entre le junior et la Ligue américaine, a reconnu Teasdale. Je ne serai probablement pas aussi offensif qu’à mes dernières années dans la LHJMQ. Je me concentrerai aussi sur mon jeu défensif, je voudrai donner de l’énergie à l’équipe. J’aurai probablement un rôle plus précis. Si je peux générer de l’attaque, je n’hésiterai pas à le faire, mais je suis un bon joueur sur 200 pieds.»

«Je l’imagine comme un attaquant en puissance, a affirmé Pouliot. Dans le junior, il pouvait amasser des points avec ses habiletés. Il ne fera pas la même chose dans la Ligue américaine. C’est difficile pour les jeunes joueurs. Il s’agira d’une grosse marche. Mais Joël Bouchard est en amour avec lui, ça l’aidera. Je ne suis pas inquiet pour Teasdale. Il fera son chemin. La LNH est un rêve très possible. Il a le talent, l’intelligence et la détermination pour y arriver.»

Lien de confiance

Teasdale grandira dans un contexte favorable avec le Rocket.

«Ça m’aidera de me retrouver dans un environnement connu, a-t-il répliqué. Joël m’a vu grandir chez les juniors. Je suis devenu un bon joueur beaucoup grâce à lui. Il m’a inculqué de bonnes valeurs. Je sais qu’il aura confiance en moi. Il pourra m’aider quand je trouverai ça plus difficile et il me donnera la bonne tape dans le dos quand je jouerai bien.»

Pouliot a dirigé Teasdale pendant seulement quelques mois à Rouyn-Noranda. Mais c’était assez pour construire une belle relation. On pouvait ressentir facilement dans la voix de l’entraîneur des Huskies qu’il avait un immense respect pour son ancien joueur.

«Je l’aime énormément. Tu peux le pousser quand tu veux. Tu peux lui dire quand il joue un mauvais match, il sait s’évaluer pour apporter des corrections. Quand il jouait dans le midget AAA, on lui reprochait d’être parfois paresseux et de ne pas avoir une grande condition physique. Il peut prendre du poids facilement. Mais il travaille tellement fort depuis quelques années, il a une attitude irréprochable. Il se pousse tout le temps. Il a bien appris avec Joël Bouchard. Il fera son chemin.»