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Félix-Auger Aliassime: un joyau à protéger

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Eugène Lapierre a beau être le directeur du tournoi de la Coupe Rogers depuis près de deux décennies, rarement l’a-t-on senti autant excité à l’approche de la compétition avec la présence des Canadiens Milos Raonic, Félix Auger-Aliassime et Denis Shapovalov dans le top 30 mondial.

«Avant, on espérait que nos joueurs gagnent un match. Maintenant, on espère qu’ils vont aller jusqu’au bout», a-t-il indiqué, jeudi, lors de la conférence de presse visant à dévoiler la liste des participants au tournoi montréalais, du 2 au 11 août, au Stade IGA.

Voyez le reportage de Paul Rivard dans la vidéo ci-dessus.

À lui seul, le jeune Auger-Aliassime, 18 ans, vient faire rêver Lapierre.

«Le milieu du tennis le connaît bien ici, tout le monde en entend parler, mais ce n’est pas comme ailleurs dans le monde, a noté le directeur du tournoi, à propos du 21e joueur mondial. C’est beaucoup plus grand ailleurs. En Europe, il est déjà une supervedette. Je pense que les Montréalais, les Québécois et les Canadiens vont encore mieux le découvrir ici à la Coupe Rogers, cette année.»

«On va essayer de le protéger un peu, a repris Lapierre. Il va être en demande partout, continuellement. Si on répondait à toutes les demandes, il n’aurait pas le temps de jouer un match ni d’aller s’entraîner. On va l’entourer, on va le protéger, on va tout mettre en œuvre pour qu’il puisse performer le mieux possible sur le terrain.»

Sur le court pour sa fête?

Auger-Aliassime aura fort à faire pour célébrer son 19e anniversaire de naissance devant ses partisans, soit le jeudi 8 août. Le tournoi devrait en être au troisième tour.

«Il va avoir énormément de pression, a admis Lapierre, rappelant que l’Américain John McEnroe avait prédit plus tôt cette semaine que le Québécois allait devenir éventuellement numéro 1 au monde. En venant à Montréal, je ne sais pas si ce sera la même chose pour lui de jouer devant les siens, devant sa famille, devant tout le monde. À date, il s’est assez bien débrouillé sous pression.»

Puisque les huit meilleurs joueurs obtiennent un laissez-passer au premier tour à Montréal, Auger-Aliassime évitera minimalement une grosse pointure comme Novak Djokovic, Rafael Nadal, Dominic Thiem ou Alexander Zverev au premier tour.

Roger Federer incertain

Si Djokovic et Nadal ont déjà effectué leur réservation à l’hôtel, la présence de Roger Federer à Montréal semble toujours incertaine.

«Ce qu’il nous dit, c’est qu’il va attendre après Wimbledon pour rendre sa décision, comme il y a deux ans finalement, a précisé Lapierre, rappelant que le Suisse s’était rendu jusqu’en finale contre Zverev en 2017. Federer est peut-être dans une classe à part. Il peut se permettre, avec la carrière qu’il a eue, d’attendre un peu avant de faire ses choix de compétitions.»

L’Argentin Juan Martin del Potro, récemment victime d’une fracture de la rotule du genou droit, risque pour sa part de rater le rendez-vous montréalais. L’Australien Nick Kyrgios, lui, devrait y être malgré son 43e rang mondial.

«Il a réussi à rentrer par la porte d’en arrière», a souligné Lapierre, en parlant de Kyrgios.

Une année record?

Que Federer y soit ou pas, la vente des billets va bon train. Environ 20 000 billets supplémentaires avaient été vendus, jeudi, comparativement à l’année record du tournoi (2017).

«Le travail de promotion, dans n’importe quel domaine, est toujours plus difficile quand ça va mal, mais là, on n’a plus beaucoup à faire, a dit Lapierre, en donnant le crédit aux Raonic, Auger-Aliassime et Shapovalov, entre autres. Ce sont nos athlètes qui font la "job" pour nous. Les gens veulent les voir.»

«J’ai dit à mon équipe du côté du marketing de couper dans les budgets, a repris Lapierre, mi-sérieux, mi-blagueur. On n’a pas besoin de faire autant de pub.»

L’heure de la récolte

Tennis Canada récolte ce que l’organisme a semé, au cours des dernières années, en travaillant fort afin de développer des athlètes de pointe.

«Maintenant, c’est le rêve, ce sont les joueurs que nous avons réussi à mettre sur le circuit qui vont nous aider dans le succès du tournoi et pour continuer de développer le sport, a estimé Lapierre. Il y a aussi l’idée que ce sont nos joueurs qui feront non seulement l’histoire du tournoi, mais aussi l’histoire du tennis mondial. C’est très enivrant comme situation.»