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Canadiens de Montréal

«C’est flatteur à entendre, mais...» - Cayden Primeau

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On ignore si Marc Bergevin fera un coup d’éclat, lundi, lors de l’ouverture du marché des joueurs autonomes. Toutefois, une chose est certaine : il tentera de mettre la main sur un auxiliaire pour épauler Carey Price. S’il devait échouer, Charlie Lindgren obtiendrait ce poste. Mais peut-être pas pour longtemps.

La semaine dernière, en marge du repêchage, une réponse du directeur général du Canadien en a dit long sur la vision qu’il a des jeunes gardiens se trouvant déjà au sein de l’organisation.

«J’aimerais donner du temps à Cayden (Primeau) à Laval. Charlie (Lindgren) a parfois montré qu’il peut être un bon auxiliaire. Mais je vais aussi regarder ce qu’il y a sur le marché, à quel prix», avait-il déclaré, sans même mentionner le nom de Michael McNiven.

Bref, le plan est clairement d’amener Primeau à Montréal, après lui avoir permis de se faire les dents avec le Rocket. On peut comprendre Bergevin. Lindgren aura 26 ans en décembre, alors que Primeau soufflera 20 chandelles vers la mi-août.

«C’est flatteur à entendre, mais je ne veux pas trop y penser, a réagi Primeau, rencontré au camp de développement du Canadien qui se termine vendredi. Je préfère me concentrer sur ce que j’ai à faire et sur l’effort que j’ai à déployer.»

«Dans la vie, je suis un ardent croyant que tout arrive pour une raison. Fais ton travail et les pièces vont tomber au bon endroit», a poursuivi l’athlète de 19 ans, en entrevue avec l’auteur de ces lignes.

L’Américain a appliqué sa philosophie à la lettre au cours de la dernière saison. Sous les couleurs des Huskies de Northeastern, Primeau a trouvé une niche sur l’équipe d’étoiles de la NCAA et remporté le trophée Mike Richter, remis au meilleur gardien du circuit universitaire américain.

Des expériences enrichissantes

Des prestances qui lui ont permis de représenter son pays non seulement au Championnat mondial de hockey junior, mais également à celui du niveau senior auquel participent plusieurs joueurs de la LNH.

Dans cette dernière compétition, Primeau a dû se contenter d’un rôle de spectateur derrière Cory Schneider et Thather Demko, mais le simple fait d’avoir été invité à cette compétition à un si jeune âge démontre tout son potentiel.

«J’aurais préféré de meilleurs résultats (médaille d’argent avec les juniors et revers en ◊ de finale avec les seniors), mais sur le plan personnel, ce fut des expériences uniques. Des expériences desquelles j’ai appris beaucoup, qui m’ont permis de m’améliorer et qui m’aideront à atteindre les objectifs que je me suis fixés», a soutenu le fils de Keith Primeau.

L’un de ces objectifs est définitivement de gravir les échelons vers la LNH le plus tôt possible. D’ailleurs, au terme de sa saison universitaire, Primeau s’est entendu sur les modalités d’un contrat de trois saisons avec le Tricolore.

Or, il est plutôt rare qu’un joueur de la NCAA signe un premier contrat professionnel après seulement deux saisons dans ce circuit.

Il faut dire que sa progression est fulgurante. Il y a deux ans, le Canadien l’avait repêché au septième tour. Cent quatre-vingt-dix-huit joueurs, dont 20 gardiens, avaient été réclamés avant lui.

Pas de rancœur

Il faut cependant rappeler que Clay Adams, l’entraîneur des gardiens avec les Stars de Lincoln dans la USHL, lui avait fait mauvaise presse.

«Parfois, il est émotivement distant» et «il n’est pas toujours complètement réceptif aux entraîneurs», avait-il entre autres déclaré.

Y a-t-il là autre chose à mettre dans le bagage d’expérience ? Un mauvais moment l’ayant rendu plus fort?

«J’en ai déjà parlé. Mon but n’est pas de démontrer que certaines personnes avaient tort. Mon objectif est de confirmer aux dirigeants du Canadien qu’ils ont eu raison de me repêcher. Ultimement, c’est l’équipe avec laquelle je veux jouer un jour.»

Et de la manière dont vont les choses, ce sera plus tôt que tard.