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CH: Timmins, «le recruteur-chef le plus chanceux»

CH: Timmins, «le recruteur-chef le plus chanceux»

Michel Bergeron

Publié 22 juin
Mis à jour 22 juin

Je pense que Trevor Timmins est le recruteur-chef le plus chanceux de la LNH. Il n’a livré la marchandise qu’à très peu de reprises au cours de son règne, mais il semble tellement proche de Marc Bergevin qu’on lui pardonne tout.

Les choix de Michael McCarron et Jarred Tinordi ont été de véritables catastrophes, tout comme celui de Louis Leblanc. D’ailleurs, pour ce simple choix, je pense que Timmins aurait dû être congédié. Selon ce qu’on me dit, le Québécois n’était pas le meilleur joueur disponible sur la liste de l’équipe au moment de choisir en 2009. Malgré tout, on a décidé de céder à la pression populaire et de prendre le talent local.

Quelle erreur! Je dis souvent qu’il devrait y avoir plus de Québécois avec les Canadiens, mais en première ronde, tu te dois de choisir le meilleur joueur disponible, peu importe d’où il vient.

En espérant maintenant que Cole Caufield faisait partie de la liste de l’équipe et qu’il n’a pas simplement été choisi pour combler un besoin organisationnel.

Ce qui ne me surprendrait pas du tout.

Acheter du temps

Les propos de Marc Bergevin, jeudi en marge du repêchage de la LNH, n’ont rassuré personne quant au projet de l’équipe de gagner dans l’immédiat. Encore uen fois, le directeur général de l’équipe achète du temps.

On verra ce que le grand patron hockey du CH fera dans les prochains jours et à l’ouverture du marché des joueurs autonomes, mais à la lumière de ce qu’il a dit jeudi, les partisans de l’équipe ne doivent pas avoir de trop grandes attentes.

J’ai été renversé d’ailleurs lorsque Marc Bergevin a donné l’exemple des Blues de Saint-Louis, cette équipe qui croupissait dans les bas-fonds du classement en janvier et qui, six mois plus tard, soulevait la Coupe Stanley. Une belle histoire, certes. Mais un exemple à suivre ? Soyons sérieux.

Le coup de circuit

J’ai hâte au jour où Bergevin se présentera devant la presse, le couteau entre les dents, en assurant qu’il fera tout en son possible pour attirer des joueurs de premier plan à Montréal. Qu’il n’achète plus de temps, que la victoire prime dès maintenant.

Pour l’instant, on ne garantit rien. On dit d’être patients, de faire confiance au développement des jeunes joueurs de l’organisation.

Pourtant, plusieurs options s’offrent à Bergevin dans l’immédiat. Une offre hostile à un jeune et talentueux agent libre avec compensation à la Mitch Marner devrait, selon moi, être une priorité.

Par contre, les directeurs généraux ont tellement peur de se faire des ennemis. Ils savent pertinemment que le plus d’amis ils ont à travers le petit monde du hockey, le plus de chance ils auront de se faire embaucher ailleurs s’ils devaient être congédiés.

En d’autres mots, ils sauvent leur peau au détriment du succès à long terme de l’équipe pour laquelle ils œuvrent dans l’immédiat.

Repêchage

À la place, le directeur général continue de marteler que les succès du Canadien passeront par le repêchage, ce qui n’est pas faux en soi.

Par contre, à part peut-être les deux dernières années, le repêchage a été catastrophique chez le CH. Trevor Timmins aussi gagné du temps en surfant sur la vague des Ryan Poehling ou Alexander Romanov, des espoirs qui connaissent du succès au niveau junior, mais dont l’impact dans la LNH est loin d’être garanti.

On fonde beaucoup d’espoir sur Jesperi Kotkaniemi, un joueur qui, à mon avis, n’est pas aussi bon que ce que les décideurs du CH tentent de nous faire croire. Le positif dans tout ça, par contre, c’est que la banque d’espoirs est bien garnie chez le Canadien. L’équipe a des outils pour réaliser une transaction d’importance.

Perry et Alzner

Les Ducks d’Anaheim ont pris une décision extrêmement difficile en rachetant le contrat de Corey Perry. Le directeur général Bob Murray a avoué avoir eu beaucoup de mal à annoncer à l’attaquant la nouvelle, puisque ce dernier a rendu d’excellents services à la concession au fil des ans, les aidant même à remporter le Coupe Stanley en 2007. Ce que je me dis maintenant, c’est que si Anaheim peut le faire avec Perry, il n’y a aucune raison que le Canadien ne le fasse pas avec Karl Alzner. C’était une erreur d’acquérir le défenseur avec un contrat aussi lucratif, ça on le sait. Maintenant, qu’on prenne le taureau par les cornes et qu’on passe à autre chose. J’ai horreur d’entendre qu’il a été un bon coéquipier à Laval et qu’on devrait peut-être le garder dans la Ligue américaine de hockey. Je comprends ! Être payé 5 M$ à jouer sans pression dans les mineurs, la belle vie !

Richard Leduc

J’ai longtemps cru que mon ami Richard Leduc, que j’ai dirigé avec les Draveurs de Trois-Rivières et les Nordiques de Québec par la suite, avait inscrit le premier but de l’histoire de la LHJMQ en 1969. On me dit que Richard a été le deuxième puisque l’honneur revient à Garry Herrington des Royals de Cornwall. Ce dernier avait marqué après 2 min 57 s écoulées en première période le 5 octobre 1969 tandis que Richard, lui, avait marqué à 6 min 44 s du premier tiers face aux Bruins de Shawinigan. Il a ensuite connu toute une carrière dans la LHJMQ. En deux saisons, il a inscrit 283 points !

Bonne chance à tous

La première ronde du repêchage de la LNH a eu lieu hier et se tiendront aujourd’hui les rondes 2 à 7. Je tiens à souhaiter bonne chance à tous les jeunes espoirs admissibles, surtout à ceux du Québec en espérant que plusieurs d’entre eux deviendront la propriété du Canadien de Montréal. D’ailleurs, on le dit souvent, mais le repêchage n’est pas une finalité. Les exemples sont plus que nombreux de joueurs n’ayant pas été repêchés qui ont ensuite connu une brillante carrière dans la Ligue nationale. Que vous soyez repêché ou non aujourd’hui, ne désespérez pas.