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Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Baseball - MLB

Felipe Alou: «le visage du baseball en République dominicaine»

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BOCA CHICA – Pas très loin de l’Académie de baseball des Mariners de Seattle, à Boca Chica, se dresse celle des Giants de San Francisco. Elle porte le nom de Felipe Alou.

Cet honneur rendu lors de l’ouverture du complexe, en août 2016, ne représente qu’une parcelle du respect que les Dominicains vouent à l’ancien gérant des Expos de Montréal, qui a d’abord été un excellent joueur dans le baseball majeur.

«Felipe est le visage du baseball en République dominicaine, tranche Eddy Toledo, recruteur professionnel depuis près de 50 ans dans ce pays. Peu importe s’il a été intronisé ou non au Temple de la renommée du baseball, il a l’étoffe de n’importe qui d’autre se retrouvant au Panthéon. C’est l’homme qui a montré la voie, c’est une icône, il est intouchable pour ce qu’il a fait sur le terrain, mais aussi à l’extérieur.»

Débarqué aux États-Unis en 1956 après avoir conclu un contrat avec l’organisation des Giants de Francisco, Alou a dû combattre le racisme envers les joueurs latins en plus de composer, dans son propre pays, avec le régime du dictateur Rafael Trujillo. C’est d’ailleurs à cette même époque que le Québécois Claude Raymond a fait la connaissance de Felipe, qu’il porte en haute estime. L’ancien lanceur évoluait donc dans la Ligue d’hiver de la République dominicaine, en 1957. Il jouait «pour les verts», soit Estrallas Orientales, l’équipe de San Pedro de Macoris, et Alou jouait pour les rouges (Leones del Escogido), un club de Santo Domingo.

«Pour moi, il n’y avait aucun problème, mais le contexte politique était particulier, raconte Raymond, en identifiant Alou comme le Jackie Robinson dominicain. Je demeurais à l’hôtel et de l’autre bord de la rue, c’était le domaine de Trujillo. Tous les matins, il pratiquait l’équitation. Il sautait sur son cheval et faisait le tour de sa piste. Tout le monde se courbait pour saluer Trujillo. C’était l’homme de l’île.»

Un homme respecté

Plus tard, soit de 1967 à 1969, Raymond a aussi joué avec Felipe Alou chez les Braves d’Atlanta.

«Lorsque je jouais avec lui, à Atlanta, il ne parlait pas pour rien, affirme le Québécois. Quand il disait quelque chose, tout le monde écoutait. C’était aussi tout un athlète. Son ventre, c’était comme une planche à laver, c’était dur comme du béton et il était fort comme un boeuf. Au fil des années, nous sommes restés de grands amis.»

Partout où il est passé, Felipe Alou a su se faire respecter. Attribuer son nom à une académie en République dominicaine, c’était la moindre des choses.