2019 NHL Stanley Cup Final - Game Five

Crédit : AFP

Séries LNH 2019

Un oeil au beurre noir pour la LNH

Un oeil au beurre noir pour la LNH

Michel Bergeron

Publié 15 juin
Mis à jour 15 juin

La conquête de la Coupe Stanley par les Blues de St. Louis est digne d’un scénario de Hollywood, rien de moins!

Personne n’aurait pu prévoir que cette formation moribonde, qui croupissait au dernier rang du classement général de la LNH au début du mois de janvier, soulèverait le trophée de Lord Stanley six mois plus tard. Personne.

Mais ce n’est pas que ce fait d’armes, aussi impressionnant soit-il, qui rend la conquête des Blues digne d’un film.

Il y a tout d’abord l’arrivée presque miraculeuse du gardien Jordan Binnington qui, à 25 ans, n’avait qu’un seul match dans la LNH derrière la cravate avant son rappel. Quelle aventure ce fut pour le jeune homme masqué des Blues qui a sans contredit été la raison principale du revirement de situation à 180 degrés de l’équipe en saison régulière.

Encore avant le match no 7, certains se demandaient comment le jeune réagirait face à la pression, et on peut dire sans se tromper que le point d’interrogation est vite devenu un point d’exclamation, dans son cas.

Une acquisition de taille

Puis, il y a aussi eu cette transaction qui a fait passer Ryan O’Reilly de Buffalo à St. Louis. Plusieurs avaient décrié cet échange de Doug Armstrong, prétextant que le prix payé (Tage Thompson, Patrik Berglund, Vladimir Sobotka, un choix de premier et deuxième tour) était trop élevé.

O’Reilly arrivait à St. Louis à 27 ans après être déjà passé par deux équipes (il avait débuté sa carrière avec l’Avalanche du Colorado). Malgré tout, Armstrong n’a pas eu peur de l’insérer à sa formation, et force est d’admettre qu’il a réussi son pari. O’Reilly a terminé au premier rang des pointeurs de l’équipe en saison régulière et en séries, et a reçu le prestigieux trophée Conn-Smythe remis au joueur par excellence des séries éliminatoires.

Pendant ce temps, certains directeurs généraux continuent d’essayer de nous faire croire qu’il est impossible de faire des transactions dans la LNH d’aujourd’hui.

Les Québécois nous ont fait honneur

Et que dire de la prestation des deux Québécois des Blues? David Perron et Samuel Blais nous ont fait honneur tout au long de la danse printanière, et quel plaisir ce fut de les voir soulever le gros trophée mercredi soir.

Dans le cas de Perron, il avait connu la tristesse de s’incliner en finale l’an dernier avec les Golden Knights de Vegas. De retour à St. Louis, il a vraiment prouvé qu’il était à sa place. Le natif de Sherbrooke a joué du hockey inspiré et, en finale, il a même trouvé le moyen de déranger la plupart du temps le défenseur Zdeno Chara des Bruins. Honnêtement, ce mélange de talent et de fougue me fait penser à Brad Marchand. J’adore ce genre de joueur.

Dans le cas de Samuel Blais, il a été fort utile dans son rôle. Et ça peut paraître banal, mais de le voir porter le numéro 9 m’a grandement plu. Non seulement parce que c’est un signe que les Blues le respectent beaucoup, mais, aussi parce que ce numéro représente tellement pour les Québécois.

Il est synonyme de hockey de haut niveau, et c’est ce que Blais a offert en séries.

D’ailleurs, les Blues comptaient sur un nombre impressionnant de joueurs canadiens dans leur formation. Je pense même que c’est l’équipe qui en compte le plus.

J’ai tellement hâte qu’on puisse dire des Canadiens de Montréal qu’elle est l’équipe avec le plus de joueurs québécois dans sa formation.

Mais je rêve peut-être en couleurs... 

Campbell décide de tout 

J’en ai parlé souvent, mais je trouve déplorable que du si bon hockey de séries ait été entaché par des controverses entourant les décisions des officiels. Je sympathise d’ailleurs avec les arbitres de la LNH qu’on a envoyés en agneau sacrifié chez les hautes instances de la LNH, plutôt que de prendre le blâme.

L’arbitre en chef du circuit, Colin Campbell, décide d’à peu près tout dans la Ligue nationale de hockey et je sais que les arbitres ne l’apprécient pas tellement. J’aimerais beaucoup être un petit oiseau pour écouter ce qu’ils se disent entre eux en parlant de leur grand patron.

Tout le monde semble à l’écoute de Campbell dans la LNH et personne ne veut le contredire. C’est la raison pour laquelle les arbitres fautifs ont été sacrifiés en séries même s’ils font partie des meilleurs de leur profession. Ça passe sur leur faute, pendant que la LNH s’en lave les mains.