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Crédit : PHOTO COURTOISIE / Lucas Kschischang - Alouettes de Montréal

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Mike Sherman ne faisait pas l'unanimité

Publié | Mis à jour

Ce ne sont pas tous les entraîneurs qui réussissent à s’adapter à la Ligue canadienne de football (LCF) et Mike Sherman, qui a quitté les Alouettes de Montréal samedi, n’y est visiblement pas parvenu.

«L’adaptation était un peu inadéquate», a dit le joueur de ligne offensive Luc Brodeur-Jourdain à propos de Sherman, lundi, après l’entraînement de l’équipe près du Stade olympique.

«Quand tu as plus de 30 ans d’expérience dans un style de football, c’est un changement énorme, a ajouté le Québécois. La réglementation, la gestion de match, tout cela devient des premières dans ta carrière.»

Comme tous les membres de l’organisation qui ont répondu aux questions des médias lundi, Brodeur-Jourdain a insisté pour dire qu’il était impossible de se réjouir quand quelqu’un perd son emploi.

Toutefois, il a souligné que la «décision prise était favorable pour l’équipe».

Trop long

Un des irritants chez les joueurs et les collègues de Sherman était la longueur et l’intensité des entraînements.

«Il a imposé ses idées et sa façon de s’entraîner, a lancé André Bolduc, instructeur des demis à l’attaque. Nous avions souvent l’impression que nous jouions plusieurs matchs par semaine. C’est une des choses qui devenait lourde, car c’est une saison de 20 semaines et nous n’avons pas le luxe d’avoir beaucoup de joueurs dans la formation.»

«Cela fait partie de l’adaptation, a-t-il ajouté. Ce n’est pas le premier [entraîneur] qui vient du Sud à qui ça arrive. Et ce ne sera pas le dernier.»

Une analyse que partage Brodeur-Jourdain.

«La vague plus moderne en entraînement accorde plus d’importance au repos, a dit le vétéran. Selon moi, c’est un facteur qui nous a nui au début de la dernière saison.»

Khari Jones, nommé entraîneur-chef par intérim samedi, a d’ailleurs déjà commencé à réduire la charge de travail de ses troupes.

«Je veux permettre aux joueurs de se reposer, a expliqué celui qui est aussi le coordonnateur offensif de l’équipe. Cependant, je veux que les entraînements soient efficaces. Si nous avons moins de répétitions, nous devons être concentrés et prêts à travailler.»

Mal-aimé

Sherman ne faisait pas l’unanimité chez les joueurs.

«La direction a pris une décision qui était assurément nécessaire, a reconnu Bolduc. Quand les joueurs parlent ou réagissent ouvertement comme ils l’ont fait ces derniers jours, c’est certain que c’était une question de temps.»

Cela dit, les joueurs étaient toujours prêts à jouer pour le pilote, selon Antonio Pipkin, nommé quart-arrière partant de l’équipe plus tôt lundi.

«Je n’ai jamais senti que les gars ne voulaient plus jouer pour "coach" Sherman, a-t-il laissé tomber. Nous sommes dans le sport professionnel. Nous devons mériter notre chèque de paye et gagner des matchs, peu importe qui est l’entraîneur.»