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Crédit : AFP

F1

Des images inédites motivent la pénalité à Vettel

Publié | Mis à jour

Pour motiver la pénalité de cinq secondes imposée à Sebastian Vettel dimanche, les commissaires de la Formule 1 se sont basés sur les images d’une caméra de surveillance non diffusées pendant la retransmission à la télévision du Grand Prix du Canada.

C’est du moins ce que révèlent nos confrères du site spécialisé Motorsport.com au lendemain d’une décision controversée qui a non seulement privé le pilote Ferrari d’une première victoire en 2019, mais aussi les amateurs d’une fin de course enlevante.

Ces images montreraient que Vettel a tourné la tête et regardé dans ses rétroviseurs pour voir où se situait Lewis Hamilton quand il s’est rabattu sur son rival. Les commissaires, dans leur verdict, ont prétendu dès lors que le fautif savait où se trouvait le Britannique.

Le droit de les visionner

Si Vettel avait continué de tourner vers la gauche après avoir repris le contrôle de son bolide, l’espace aurait été suffisant pour permettre à Hamilton de le doubler par la droite, ont-ils estimé.

Il est d’ailleurs évident que Hamilton a dû lever le pied pour éviter l’accrochage et qu’il a été surpris par le comportement de son grand rival. Sur ce point, tout le monde est d’accord.

Or, si les commissaires se sont basés sur ces images inédites pour porter leur jugement, le public et les divers intervenants de la F1 ont aussi le droit de les voir...

«Une pénalité folle et... ridicule»

Bon nombre d’anciens pilotes sont venus à la défense de Vettel sur les réseaux sociaux après la course à Montréal.

Dans leur témoignage, bien qu’ils reconnaissent que le quadruple champion du monde a gaffé en se retrouvant les quatre roues sur le gazon, ils n’ont pas hésité à qualifier cette décision de «folle et ridicule».

Mark Webber, ancien coéquipier du pilote allemand, a été très dur dans ses propos.

«Est-ce que l’un des commissaires s’est déjà battu pour la tête en F1? s’est-il questionné. C’est clair, ces décideurs montrent une méconnaissance de la F1. J’ai vu l’incident et c’est une pénalité folle.»

Nigel Mansell n’a guère été plus tendre: «Sebastian a été brillant pour ne pas avoir percuté le mur, a souligné le Britannique titré en F1 en 1992. Il n’y a pas d’adhérence sur le gazon et il n’y a pas de place à cet endroit de la piste. Cette décision est ridicule.»

Clin d’œil à Villeneuve et Arnoux

Mario Andretti n’a pas aimé lui non plus.

«Le rôle des commissaires est de pénaliser les manœuvres clairement dangereuses et pas les erreurs de bonne foi, qui sont la conséquence d’un duel intense, a affirmé la légende américaine et champion du monde 1978. Ce qui s’est passé au Grand Prix du Canada n’est pas acceptable.»

Quoique moins virulent, Damon Hill ne croit pas que Vettel méritait une pénalité.

«C’est vrai qu’il aurait pu laisser plus de place, mais cette sanction nous a privés de derniers tours palpitants, estime le champion du monde en 1996. Cela ne fait aucun doute qu’il fallait les laisser se battre.

«Souvenez-vous de la célèbre confrontation entre Gilles Villeneuve et René Arnoux à Dijon en 1979.»