Séries LNH 2019

Zdeno Chara joue avec la mâchoire fracturée

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BOSTON – En foulant la glace au TD Garden en dépit d’un visage amoché et d’une blessure à la mâchoire, Zdeno Chara a inscrit son nom dans le registre des légendes des séries de la Coupe Stanley.

L’héroïsme de certaines gloires du passé a défié le temps grâce à ce genre d’histoire. On pense à Maurice Richard, auteur du but gagnant du septième match de la demi-finale de 1952, revenu au jeu malgré une commotion cérébrale et contre l’avis du médecin.

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Bob Gainey, le visage tuméfié, porté en triomphe par ses coéquipiers, alors qu’il venait d’être élu le lauréat du trophée Conn-Smythe de 1979, remis au joueur par excellence des éliminatoires, a également marqué l’imaginaire.

Si les Bruins devaient gagner la coupe Stanley, les images du défenseur slovaque traverseront également les époques.

Incapable de parler ni même d’ouvrir la bouche, c’est par écrit que le capitaine des Bruins s’est adressé aux médias affectés à cette finale.

«À ce moment-ci des séries, tout le monde joue avec des blessures. Il y a des défis qu’il faut surmonter pour jouer. Je ne suis pas différent de n’importe quel autre joueur», a-t-il indiqué.

Le respect de ses coéquipiers

Certains diront qu’il y a une différence à jouer avec une main amochée ou une épaule endolorie et une fracture de la mâchoire. Avec raison. Mais Chara a assuré ne pas craindre pour sa santé.

«Tu ne penses pas à ça. Tu penses à jouer. Tu ne te présentes pas à un match en pensant que tu te feras blesser», a-t-il soutenu.

En le voyant sauter sur la patinoire, en matinée jeudi, avec un protecteur facial complet, plusieurs de ses coéquipiers n’ont pas caché leur admiration.

«Il serait prêt à jouer avec un seul bras, sur une seule jambe. Ça lui est égal. Il est prêt à sacrifier son corps parce qu’il sait que, à la fin, la victoire vaut tous les sacrifices», a louangé Brad Marchand.

«J’ai une tonne de respect pour lui. C’était super de le voir sur la glace ce matin [jeudi], a poursuivi l’attaquant des Bruins. C’est un dur. Cela démontre à quel point il a du caractère. Quand tu vois ton capitaine agir de la sorte, c’est incroyable.»

John Moore n’avait également que des éloges à l’endroit du vétéran. Il a rappelé ce dont plusieurs font mention depuis le début des séries : à 42 ans, Chara est encore un véritable passionné.

Un exemple à suivre

«Tant que tu ne l’as pas vu travailler en personne, tu ne peux pas comprendre. Le gars a 42 ans. Lorsque j’aurai cet âge, je ne serai certainement pas le premier dans le gymnase, je ne pèserai pas tous mes repas et je ne serai pas celui qui fera le plus de squats au sein de l’équipe », a mentionné l’athlète de 28 ans.

«C’est une histoire que je vais raconter à mes enfants. C’est une leçon de vie. Ça va au-delà du hockey», a-t-il conclu.

En effet, une leçon de courage et de ténacité.

Chara a reçu une belle ovation en début de match, à voir dans la vidéo ci-dessus.