Crédit : JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

LHJMQ

Joshua Roy veut suivre les traces de Lafrenière

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Tout au long de la saison, Joshua Roy a répété à maintes reprises qu’il ne songeait pas à la date du 8 juin et à la journée du repêchage de la LHJMQ. À l’approche du grand jour, le meilleur espoir de cette cuvée 2019 commence à peine à réaliser le portrait qui se dessine devant lui.

Le talentueux attaquant des Chevaliers de Lévis l’admet : il risque de se pointer samedi matin au Centre Vidéotron où se tiendra la séance de sélection annuelle avec un grave manque de sommeil. Qu’à cela ne tienne, le Beauceron entend vivre pleinement ce moment entouré de ses proches et de ses amis.

«Ça va être un peu plus dur de dormir!» a lancé en riant le meilleur pointeur de la dernière saison du hockey midget AAA, avec ses 38 buts et 88 points en 42 rencontres, en entrevue avec "Le Journal de Québec", mardi.

«Je pense que je vais prendre quelques pilules de mélatonine, sinon, je ne vais que penser à ça durant la nuit! Je veux avoir du fun. C’est la journée que j’attends depuis longtemps. Je veux en profiter et ne pas me mettre trop de pression par rapport à où je vais sortir et à quel rang.»

L’ampleur de l’événement en surprend toujours plusieurs. C’est encore plus vrai quand le tout se déroule dans la cour arrière du futur élu, à l’endroit même où il s’est souvent projeté sur la glace depuis les gradins.

«C’est vraiment gros et je ne m’en rends peut-être pas compte au maximum. Mes amis me le disent que c’est gros ce que je vis et qu’il faut que j’en sois fier. C’est le Québec au complet. C’est gros en maudit!»

Lafrenière, une inspiration

En récoltant plus de points au même âge qu’Alexis Lafrenière, le jeu des comparaisons avec le prodige de l’Océanic de Rimouski, tout premier choix en 2017, était inévitable pour Roy. Il a servi une franche réponse à ce sujet.

«Alexis Lafrenière est un gros nom. J’essaie de suivre ses traces. Je ne me fie pas aux points que Lafrenière fait ou que j’ai faits, j’essaie juste de performer comme lui sur la glace. Oui, tu peux faire des points, mais tu peux jouer de mauvais matchs et récolter deux ou trois points. Ce n’est pas tout le temps représentatif. De voir Lafrenière jouer, j’essaie de m’en inspirer dans mon jeu.»

Humble et mature

Même si le Centre de soutien au recrutement (CSR) l’a classé au sommet de sa liste, devant Justin Robidas (Magog) et Peter Reynolds (Shattuck St. Mary), Roy garde les deux pieds bien ancrés sur terre.

Les Sea Dogs de Saint John détiennent le tout premier choix. Comme le veut la coutume, la formation du Nouveau-Brunswick a rencontré le jeune homme au cours des dernières semaines.

«Dans un repêchage, tout peut arriver et il ne faut pas que je me mette dans la tête que je vais sortir premier parce que le CSR me voit là, note-t-il. Pour moi, l’important est d’être repêché dans une belle organisation et de jouer directement l’année prochaine dans cette équipe. Je veux connaître une belle saison dès l’année prochaine.»

À 15 ans (il célébrera son 16e anniversaire le 6 août), Roy dégage une maturité déconcertante pour son âge.

Il ne cache pas que son rendement exceptionnel, combiné à la saison extraordinaire des Chevaliers, qui ont fracassé une tonne de records du circuit midget AAA avant d’être éliminés en demi-finale, lui a offert une dose d’expérience inimaginable en vue de faire le saut dans les rangs juniors.

«Gérer la pression avec les médias m’a vraiment aidé à rester calme et à me concentrer sur mon jeu, plutôt que sur ce qui se disait à l’extérieur, a reconnu le natif de Saint-Georges. Dans le junior, ce sera la même chose alors que les médias sont souvent là, mais il faut rester concentré sur notre jeu.»

Des coéquipiers importants

L’adolescent, qui a aidé le Québec à ravir l’or aux Jeux du Canada en février dernier, n’hésite pas à inclure ses coéquipiers dans la conversation pour expliquer ses succès phénoménaux.

«Chaque année que j’avais eue auparavant avait été de bonnes saisons, mais au point d’avoir plus de 80 points, jamais j’aurais pensé ça, a répondu celui qui compare son style à celui de John Tavares. Le fait d’avoir une bonne équipe ne m’a pas nui. J’ai joué avec Olivier Nadeau, Nicolas Daigle, Sammy Paré, en début d’année, ils étaient là pour m’alimenter et j’étais là pour les alimenter. Ça m’a vraiment aidé aussi.»

Le surdoué sur lames de la famille

Petit dernier d’une famille de quatre enfants, Joshua Roy fait figure d’exception à la maison.

Si ses frères plus âgés ont évolué à de bons niveaux sans toutefois être projetés à l’avant-scène au moyen du repêchage de la LHJMQ, le benjamin changera la donne. Et c’est à ses frérots qu’il doit son amour pour le hockey.

«Quand j’étais jeune, avec mes frères, on allait à la patinoire au parc avec les amis et on jouait, raconte le patineur de 5 pi 11 po et 180 lb, qui a aussi une sœur plus vieille. C’est là que j’ai développé ma passion pour le hockey, après quoi je me suis inscrit dans une ligue.»

Autre domaine

Contrairement à la situation d’autres hockeyeurs, ses parents ne sont pas issus du milieu sportif.

Son père, Paulin, travaille chez Desjardins alors que sa mère, Sandra, est employée dans une clinique en pharmacie.

Roy apprécie cet aspect alors qu’ils n’ont jamais précipité les choses.

Il a quitté sa Beauce natale tout juste avant d’effectuer ses débuts avec les Chevaliers. Sa mère a déménagé avec lui dans un appartement de Lévis pour faciliter la transition.

«Ils me laissent faire, et avec Olivier [Fortier, son agent], ils lui font confiance. Et Olivier prend bien soin de moi. Leur présence est vraiment importante. Ils m’ont toujours soutenu, surtout plus jeune. Ils ont toujours été là pour moi quand ça allait moins bien.»